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Double détente - la critique

Schwarzenegger voit rouge

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- Durée : 1h46mn
- Titre original : Red heat

Un Buddy movie classique mais efficace, dynamisé par une réalisation carrée et un duo d’acteurs à l’alchimie parfaite. Divertissant.

L’argument : Ivan Danko, un policier russe, est envoyé à Chicago pour ramener Rostavili, le trafiquant de drogue responsable de la mort de son coéquipier. Le criminel, tombé aux mains de la police américaine dès son arrivée, attend d’être extradé. Mais, durant le transfert, il s’échappe et Danko doit, par la force des choses, s’associer à la police locale pour retrouver le fugitif. Il fait équipe avec Art Ridzik, un policier bougon qui connaît Chicago sur le bout des doigts. Malgré toutes leurs différences, les deux hommes vont devoir se serrer les coudes pour récupérer le criminel et empêcher une transaction de drogue faramineuse.

Notre avis : Spécialiste des films violents et sans concession, le réalisateur Walter Hill peut également être considéré comme un des inventeurs du buddy movie (tandem de flics mal assortis) avec son très drôle 48 heures (1982). Depuis ce triomphe au box-office, le cinéaste a toutefois eu bien du mal à retrouver les faveurs du grand public comme en témoigne l’échec impitoyable de son Extrême préjudice (1987). Voilà sans doute pourquoi il revient en 1988 au genre qui a fait sa renommée en créant un nouveau duo de flics totalement disparate. Pour incarner un policier soviétique intègre et monolithique obligé de collaborer avec un flic américain, Hill choisit avec justesse d’utiliser le charisme physique d’Arnold Schwarzenegger qu’il oppose à la gouaille de James Belushi, comique américain alors très populaire. Leur duo fonctionne à merveille, d’autant que le scénario de Walter Hill réserve son lot de scènes d’action musclées entrecoupées de moments plus décontractés qui permettent au spectateur de souffler.
Basé sur l’opposition entre les modèles américain et soviétique, le scénario de Double détente n’allait pas tarder à être relégué au rang de vestige historique puisque le système communiste s’est effondré à peine un an plus tard. Toutefois, la volonté des scénaristes de proposer une entente entre les deux nations (toute relative quand même) permet au film de ne pas tomber dans la surenchère anti-communiste pourtant très en vogue durant la période reaganienne. Mélange plutôt harmonieux entre franche déconnade et polar rugueux, Double détente est donc un divertissement qui n’a pas pris trop de rides et qui fait passer un agréable moment. Plus commercial que les autres réalisations de Walter Hill, le film a obtenu un joli succès d’estime en glanant quasiment 1,3 millions de spectateurs français durant tout l’été 1988. Cela n’en fait pas un triomphe pour une oeuvre mettant en scène Schwarzenegger, mais le résultat s’avère honorable. Aujourd’hui, Double détente fait clairement partie des bons films du géant autrichien, ainsi que du cinéaste californien.

Virgile Dumez


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