Durée : 2h19mn
Interdit aux moins de 16 ans
Format 2.40
Blu-ray double couche, encodage MPEG 4
Sorti en France le 10 novembre 1999, Fight Club, qui marquait la deuxième collaboration de Brad Pitt avec David Fincher, est enfin distribué en haute-définition. Un anniversaire événement pour une œuvre sans concession, unique dans les annales d’Hollywood qui marquait la fin d’une décennie en levant un doigt irrévérencieux à l’égard de la société de consommation. Bref une claque quasi nihiliste, en tout cas subversive, forcément en avance sur son temps (et même le 11/09), qui pourrait être refaite à l’identique aujourd’hui, y compris dans sa réalisation, tout simplement génialissime et gonflée aux idées audacieuses de son génie de cinéaste. Du grand art
La critique
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Pour mémoire, Fight Club, c’est aussi l’une des toutes premières critiques d’aVoir-aLire. Coup d’œil sur la critique d’hier, avec sa présentation préhistorique...

Les suppléments
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Tester le blu-ray de Fight-club relève d’un défi pour tous ceux qui souhaitent pousser l’exercice jusqu’au bout. Pas moins de dix heures de suppléments nous sont proposés par la Fox. L’enthousiasme doit toutefois être tempéré par la réintégration quasi intégrale des bonus initiaux du DVD originel (2000). La sortie de Fight Club sur ce support reste encore aujourd’hui l’une des plus grandes dates de l’histoire du support DVD : deux disques, un digipack splendide, un menu peaufiné à la perfection et une arborescence de bonus révolutionnaires. A l’époque, c’était rare, voire même du jamais vu.
On est évidemment ravis de retrouver tous ces éléments réintégrés sur un support plus fluide, mais l’on est déçu par le manque de nouveautés. Les Français salueront toutefois la présence des 4 commentaires audio figurant sur le DVD zone 1. L’édition française ne comprenait que celui de Fincher. Ici, l’on pourra ainsi suivre Edward Norton, Brad Pitt et Helena Bonham Carter se livrer à l’exercice d’anecdotes et aux commentaires loquaces.
Les deux vraies nouveautés de cette édition commémorative est tout d’abord un module sur la conception sonore du film. L’ingénieur du son, Ren Klyce, se livre à une introduction passionnante, en HD s’il vous plaît, et nous permet de mixer quatre séquences clés du métrage après une présentation de son travail de titan (en particulier sur l’une des scènes au sein du Fight Club). Pointu, le blu-ray se transforme, le temps d’un bonus, en platine de mixage, tirant ainsi magistralement parti du support numérique et du système 5.1.
Autre nouveau complément, Fight Club analysé (HD), n’a rien d’une analyse explicative. Il s’agit d’un module de 10mn tourné à Hollywood à l’occasion de la remise d’un prix par Mel Gibson pour les 10 ans du métrage. L’occasion pour Norton, Brad Pitt et Fincher de monter sur scène triomphant et de régler leur compte avec la critique américaine de l’époque (citation de critiques assassines de l’époque, avec nom du journaliste à l’appui). Un grand moment et surtout une belle revanche pour un trio qui avait connu l’échec en salles aux USA (37M$).
Le bonus suivant, totalement inédit, est un Index de recherche. Comme son nom l’indique, il permet de parcourir le métrage et les commentaires en fonction d’un index très précis. Encore une fois, un exercice ludique pour celui qui veut s’amuser avec sa télécommande et se rendre directement aux commentaires du cinéaste sur certains thèmes forts (« Image de bite », « Urine »...). Tout de même bien illustratif.
Tout le reste des suppléments est bien connu, mais jouit d’une présentation plus contemporaine. On retrouve Les coulisses du tournage, toujours en 3 parties : Production, Effets spéciaux, Sur le tournage. Un casse-tête d’arborescence. Production se décline sur 6 modules, avec angles différents et thèmes audio alternatifs sur de nombreuses séquences du métrage. Les effets spéciaux sont traités identiquement, disséquant le générique, catalogue fürni, la collision en voiture ou en plein ciel (au total, on y recense 9 sous-parties). Plus accessible, Sur le tournage ne propose qu’un bref making-of de 5mn24.
Suivent les Séquences inédites ou alternatives. Pas de lecture continue de ces sept scènes. A ce niveau, le DVD était plus lisible. A chaque fois, une note écrite explique la non-insertion des scènes coupées.
On finira avec le Matériel publicitaire (teaser, bande-annonce, et les 8 règles de Fight Club) et la Galerie d’art (photos des effets spéciaux, maison de Paper Street, costume & maquillage, peintures de pré-production, carte du cerveau, storyboards).
Tous ceux qui découvriront ce blu-ray jubileront face à une telle brochette de suppléments, qui demeurent, neuf ans après la sortie initiale du DVD, d’une belle audace.
Image
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Petite déception à ce niveau. Evidemment on ne peut nullement comparer le rendu haute-définition à la copie SD initiale. Cette dernière a pris un sacré coup de vieux et n’est guère fréquentable de nos jours. Toutefois, malgré sa remasterisation, le blu-ray, bien que très agréable à l’œil avec un joli étalonnage des couleurs et une définition pointue, n’est pas à la hauteur de la réputation unique du film et du pointillisme de son auteur. Principal défaut, une légère granulosité atténue notre plaisir visuel.
Rien de rédhibitoire, certains plans sont sublimes ; la photographie ocre ou bleutée, et l’éclairage sombre et crasseux ressortent grandie de cette édition très proche de nos attentes contemporaines.

Son
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Le film est proposé en DTS HD dans sa version originale. Une illustration brillante du travail de l’ingénieur du son célébré plus haut dans les bonus. La piste est une véritable tuerie sonore, jouissant d’une liberté absolue. S’invitant anarchiquement sur chaque enceinte comme pour cerner le spectateur/auditeur au cœur d’une machine à broyer du consommateur, elle multiplie les surprises sonores et les moments forts, forçant notre admiration. Elle confirme la grande intemporalité du film, alors que peu de productions contemporaines bénéficient de pareille exigence.
A côté, la piste DTS 5.1 française est moins fulgurante et bien moins spacieuse.


L’électron libre de la production hollywoodienne actuelle.