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Glenn 3948, le robot volant - la critique + le test Blu-ray

Partition pour piano mécanique

- Durée : 1h22mn
- Titre original : Glenn, the Flying Robot
- Sortie du blu-ray : 24 novembre 2011

A vouloir suivre trop de pistes narratives, le cinéaste Marc Goldstein perd de vue son sujet et signe un premier film raté.

L’argument : Jack et Henry, amis de longue date, sont deux célèbres et talentueux pianistes qui s’affrontent régulièrement lors de concours. Mais leur amitié se brise lorsqu’Henry lui casse la main. Ce nouveau handicap plonge Jack dans une profonde dépression, jusqu’au jour où il découvre que son robot domestique, 3948, développe des capacités insoupçonnées pour la musique. Jack se dit qu’il tient là sa revanche !

Notre avis : Après l’ambitieux Mr Nobody (2009), la Belgique semble prendre goût à la science-fiction puisque Glenn 3948, malgré un casting international et un tournage dans la langue de Shakespeare, a été entièrement financé au plat pays. Autant le dire tout de suite, le manque criant de moyens se fera ainsi ressentir durant l’intégralité de la projection. Le cinéaste tente d’ailleurs tant bien que mal de masquer son misérable budget en abusant d’effets spéciaux donnant l’impression de regarder des images issues de Photoshop. On était toutefois disposé à passer outre ces circonstances pour peu que l’histoire nous touche au cœur. Marc Goldstein part d’une excellente idée qui voit un robot domestique devenir un pianiste virtuose afin de remplacer son maître, musicien handicapé par une main brisée. Le pitch de départ avait de quoi séduire et pouvait donner lieu à une petite œuvre indépendante touchante, renforcée par une réflexion sur ce qui distingue l’homme de la machine, comme dans le très beau AI de Steven Spielberg.
Malheureusement, Marc Goldstein échoue quasiment sur tous les tableaux en explorant un nombre impressionnant de pistes narratives qui ne mènent nulle part. Il nous invite tout d’abord à fouiller le passé du personnage principal à travers la présence énigmatique de son père (Patrick Bauchau, visiblement absent) que l’on ne reverra plus par la suite, avant de s’arrêter sur la rivalité sentimentale entre deux amis amoureux de la même femme. Cette partie du film devient à son tour secondaire lorsque le robot se détraque et emprisonne les protagonistes dans un appartement qui peut exploser à chaque seconde. Dès lors, le thriller l’emporte, avant de s’estomper à son tour pour une fin mélodramatique du plus mauvais effet. Massacré par un montage inepte, Glenn 3948 n’est guère relevé par une interprétation médiocre (la palme revenant à notre Gérard Depardieu national, tout bonnement ridicule en présentateur télé) qui le fait crasher en plein vol. D’une durée excessivement courte (même pas une heure et dix minutes si l’on retire l’interminable générique final), cet essai de SF belge est donc une cruelle déception.


Le Blu-ray
Un blu-ray d’excellente tenue qui rehausse le spectacle proposé.

Les suppléments

On débute cette section par un making of d’une durée de 46 mn qui revient sur plusieurs étapes fondamentales du tournage. On peut toutefois regretter l’absence du moindre commentaire, ce qui rend particulièrement aride le visionnage du documentaire. On aurait aimé en savoir plus sur la conception d’un film de SF au pays de Jacques Brel et sur les embûches rencontrées lors du montage financier d’une œuvre aussi ambitieuse. La fin alternative proposée introduit à nouveau le personnage du père interprété par Patrick Bauchau dans une scène médiocre qui laisse apparaître les hésitations narratives de l’auteur. Visiblement, le cinéaste n’a pas su quel fil rouge utiliser pour raconter son histoire.

Image

Un blu-ray absolument superbe sur le plan esthétique, avec une précision chirurgicale assez impressionnante. Même si l’excellence de la définition révèle les incrustations des robots numériques dans le plan, on ne peut qu’être satisfait devant le résultat global.

Son

Les deux pistes (française et anglaise) sont en DTS HD Master Audio et proposent un rendu équivalent, à la fois dynamique et profond, utilisant à de nombreuses reprises les enceintes arrière pour répartir les bruits d’ambiance et la musique. Du très bon travail, même si l’ensemble manque parfois de nuances.

Virgile Dumez

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