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Durée : 1h40mn
Titre original : ghosts of girlfriends past
Les photos
Mark Waters aborde de nouveau la comédie romantique fantastique, mais cette fois-ci sur fond de mariage. Tout un programme, pas forcément mauvais d’ailleurs, mais terriblement creux et galvaudé.
L’argument : Photographe spécialiste des célébrités, Connor Mead est un célibataire fêtard. Cynique absolu, il parvient même à saper la répétition du mariage de son frère Paul. Etrangement seule Jenny, une de ses amies d’enfance, semble résister à son talent dévastateur.
Jusqu’au moment où Connor semble avoir définitivement réussi à gâcher le grand jour familial, il reçoit la visite du fantôme de son oncle Wayne, un débauché notoire. Grâce aux fantômes des ex-petites amies de Connor - passées, présentes et futures - l’oncle Wayne est venu faire passer un message essentiel à son protégé.
Notre avis : Mark Waters est officiellement devenu un réalisateur tâcheron. Il est loin le temps où sa comédie indépendante The house of yes (1997) nous faisait espérer la naissance d’un auteur. Etait-ce dû à l’insolence et la fraicheur de Parker Posey, son héroïne ? En tout cas, tous les espoirs se sont depuis dissipés. Par la suite le cinéaste s’est lancé dans le mainstream hollywoodien, de la comédie pouf à succès (Lolita malgré moi), au fantastique enchanteur pour mômes Les chroniques de Spiderwick, même si au final, c’est surtout dans la comédie romantique fantastique qu’il aime se fourvoyer. On lui en doit déjà deux, une bonne avec Lindsay Lohan, Freaky Friday, dans la peau de ma mère, et une très mauvaise avec Reese Witherspoon, Et si c’était vrai d’après Marc Lévy.

En 2009, l’artisan clé en main revient de nouveau au conte fantastique à l’eau de rose. Avec un vrai talent visuel, des mouvements de caméra plutôt élégants dans des décors aisés et gracieux, Waters fait montre d’une certaine classe pour habiller un récit hanté - avant de faire mention des fantômes du titre - par les clichés incarnés de Matthew McConaughey (le comédien revêt encore une fois la peau d’un coq doublé d’un salaud) et de Jennifer Garner (désespérément belle, froide et sainte nitouche). Ainsi, l’éternel bogosse célibataire, photographe riche et célèbre, tombe deux filles par nuit, tandis que la vieille fille, coincée, attend désespérément l’amour que ce goujat lui a interdit quelques années auparavant.

Toute l’intrigue se bâtit donc sur un pseudo suspense de romance autour de leur union finale. Est-ce que le queutard endurci acceptera de se ranger aux côtés de l’ancienne vierge toujours immaculée ? Vous avez déjà la réponse, mais peu importe, quatre fantômes vont tout de même se présenter, le soir du mariage de son frère, pour hanter ce bellâtre de McConaughey et le faire revenir sur le droit chemin, celui de la famille et de la monogamie. Parmi ces apparitions surnaturelles, l’on remarquera surtout le vieil oncle débauché, mort forcément célibataire et dans la solitude. Le choix de Michael Douglas pour prêter ses traits au vieillard roublard fera sourire un moment ceux qui se souviendront des déboires passés du comédien avec l’addiction sexuelle. Cependant sa prestation cabotine n’apportera rien d’autre au film. Après lui, trois autres fantômes se succèdent, des femmes plutôt insipides par ailleurs en qui on ne croit pas. Comme dans le conte de Dickens A Christmas Carol, elles présentent au playboy récalcitrant des instants clés de sa vie passée et à venir. Des visions forcément convenues pour une conclusion évidente...
Pourtant ne soyons pas trop dur avec cette romcom affectée. Malgré tous les personnages stéréotypés et la perspective d’un final téléphoné, l’élégance du spectacle et quelques jolis moments de mise en scène parviennent à donner un vrai charme à cette production certes passable, mais loin d’être irregardable.
