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Hideaways - la critique

Agnès Merlet à l’Etrange Festival

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Romantique à souhait, ce joli conte séduit par son originalité avant de s’abîmer dans un symbolisme trop démonstratif et convenu. Le film contient toutefois de nombreux moments de grâce.

L’argument : Dans la famille Furlong, l’aîné de chaque génération est doté d’un pouvoir extraordinaire, pour le meilleur ou pour le pire. James, le dernier de cette lignée, orphelin de mère, découvre la nature du sien lors d’un accident qui cause la mort de son père et de sa grand-mère. Hanté par ce mal mystérieux, il se retire au plus profond de la forêt pour ne plus nuire à ses proches. Quelques années plus tard, Mae, une adolescente en révolte et atteinte d’un mal soit disant incurable, se réfugie elle aussi dans la forêt, et rencontre James. Ils tombent amoureux. Leur amour va révéler une force inattendue de la “malédiction” de James...

Notre avis : Séduite par le script original de Nick Murphy, un jeune auteur d’origine irlandaise, la réalisatrice française Agnès Merlet est donc retournée pour la deuxième fois après Dorothy en Irlande. Avec un casting entièrement anglophone, la cinéaste arpente également pour la seconde fois les terres du fantastique, même si les deux longs-métrages s’avèrent différents sur bien des points. Alors que Dorothy démarrait comme une version gaélique de L’exorciste avant de choisir la voie plus cartésienne (et donc plus décevante) du thriller avec rebondissements et explications rationnelles, Hideaways choisit plutôt le chemin ardu du conte. Plongeant cette fois-ci de plain-pied dans un fantastique que l’on pourrait qualifier de merveilleux, la réalisatrice suit le parcours atypique d’un jeune homme ayant hérité de sa famille d’étranges pouvoirs. Capable de faire mourir tout ce qui se trouve à sa portée lorsqu’il éprouve une grande douleur, le personnage incarne la tragique figure de celui qui porte en lui une terrible malédiction : celle de faire mourir tous ceux qu’il aime. Evidemment, une fois arrivé à la puberté, le proscrit tombe amoureux d’une jeune fille. Pourront-ils s’aimer en paix ?
Sur ce très beau sujet porteur de romanesque, Agnès Merlet débute son film par l’enfance tragique du héros. Aidée par des technologies numériques utilisées avec bonheur et parcimonie, la réalisatrice nous emporte dans son histoire avec une formidable aisance. L’empathie envers ce petit garçon qui devient un paria fonctionne à plein régime. Sa rencontre dans la forêt avec la jeune fille condamnée à mort par un cancer convoque tout un imaginaire romantique du plus bel effet, même si une certaine naïveté s’insinue dans les séquences plus oniriques. La dernière demi-heure, sans doute trop prévisible, tente alors de nous arracher des larmes par un symbolisme poétique un peu trop convenu. A force de systématiquement opposer les éléments (le bourgeonnement et l’amour sont des forces de vie, tandis que la violence et les nuages noirs symbolisent la mort), Agnès Merlet tend le bâton pour se faire battre et risque fort de s’attirer les foudres des cyniques. Alors qu’elle tenait là une merveilleuse histoire, elle se laisse aller à une poésie qui accumule les clichés. Au lieu de transcender le conte (genre assumé et conforté par la dernière scène du film), elle en livre une version édulcorée et foncièrement naïve. Hideaways n’en demeure pas moins une œuvre ambitieuse qui propose un certain nombre d’images marquantes. A découvrir.

Virgile Dumez


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