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Hors la loi - La critique

Jamel Debbouze en guerre

- Durée : 2h18min

L’absence de rigueur historique amoindrit la démarche entreprenante de présenter la guerre d’Algérie d’après le point de vue d’activistes du FLN.

L’argument : Chassés de leur terre algérienne, trois frères et leur mère sont séparés. Messaoud s’engage en Indochine. A Paris, Abdelkader prend la tête du mouvement pour l’Indépendance de l’Algérie et Saïd fait fortune dans les bouges et les clubs de boxe de Pigalle. Leur destin, scellé autour de l’amour d’une mère, se mêlera inexorablement à celui d’une nation en lutte pour sa liberté...

Notre avis : « Hors la loi » est la traduction française de « fellaghas », un combattant en lutte pour l’indépendance de l’Algérie, colonisée par la France. Messaoud, Abdelkhader et Saïd, chacun à leur manière, défendent les couleurs de leur terre d’origine qu’ils ont quittée pour investir, faute de mieux et faute d’accueil, les bidonvilles de Nanterre. Ce départ, ils ne l’ont pas voulu mais ils s’y sont soumis afin que leur famille soit réunie (l’un des trois hommes était en prison à La Santé, à Paris). Pour ces frères, si se battre pour l’indépendance de l’Algérie fait partie intégrante de leur code d’honneur, le lien du sang a toujours la primauté sur l’attache patriotique. La haine de l’ennemi n’est jamais aussi forte que lorsqu’un parent est menacé. En cela, Hors la loi n’est pas un long-métrage historique mais une histoire de clan et de famille.

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© StudioCanal

Le dernier film de Rachid Bouchareb s’ouvre sur le massacre de Sétif, le 8 Mai 1945. Sans aucun préambule, nous voyons l’armée française tirer sur une foule de manifestants non armés. Tout au long des 2h18mn du film, la colonisation et la guerre d’Algérie ne sont jamais contextualisées. Quelques dates ponctuent les différents éléments relatés, des images d’archives de la Libération de la France à la fin de la Seconde Guerre Mondiale et de l’Indépendance de l’Algérie le 19 mars 1962 ouvrent et clôturent le film mais aucun carton ou dialogue ne développe les raisons et les enjeux de la lutte du Front de Libération Nationale de l’Algérie. Exposant les faits à travers la lutte d’activistes du FLN, Rachid Bouchareb dessert son sujet en occultant complètement de présenter la partie française. Non pour amoindrir la portée néfaste de la colonisation mais au contraire expliciter le combat des Algériens, par ailleurs victimes d’une guerre civile, suggérée mais peu développée dans le film. Les principaux personnages multiplient les exactions violentes à l’encontre des responsables partisans de l’Algérie Française. Par leur détermination inébranlable et la fréquence de leurs actions, nous comprenons à quel point leur désir d’indépendance est fort. Une contrepartie aurait cependant nuancé et rendu plus pertinent le témoignage de Rachid Bouchareb qui réalise ici le premier long-métrage français traitant de la Guerre d’Algérie du point de vue du FLN.

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© StudioCanal

En réalité, Hors la loi, plus que la lutte du FLN (dont un des combattants du film revendique l’existence en 1945 alors qu’il n’a été créé qu’en 1954...), relate l’engagement progressif d’Algériens au sein de ce mouvement ; où comment la lutte armée peut pousser à des actes aussi répréhensibles que ceux qui sont reprochés. En effet, Rachid Bouchareb ne cache rien de l’engrenage offensif dans lequel s’enferment les personnages. En cela, le cinéaste se montre plus rigoureux dans son approche du combat du FLN. En se plaçant du point de vue des individus engagés, avec leurs motivations et leurs contradictions, il relie l’Histoire avec un grand H au parcours d’une famille au cœur de ces combats dramatiques - offrant à Hors la loi un point de vue entier et humain, à défaut d’une approche historique minutieuse.

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© StudioCanal
Marine Bénézech

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Les avis des internautes

 

> Hors la loi - La critique

Par Frédéric de Vençay

Moins convaincant qu’"Indigènes", le nouveau Bouchareb vaut surtout comme grand spectacle romanesque. Son approche de son sujet épineux et inédit se perd en raccourcis, en approximations (la reconstitution des massacres de Sétif, amenée sans préambule ni semblant d’explications, est tout de même bien problématique) et fait de "Hors la loi" une oeuvre à la valeur historique quasiment nulle. Côté fiction, la fresque est ambitieuse et suit les traces explicites des "parrains" Coppola, Scorsese, Melville, Michael Mann. Malgré sa propension à charcuter son récit d’ellipses (...)

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> Hors la loi - La critique

Par Norman06

Bouchareb est cinéaste avant d’être historien ; pourtant son récit est basé sur des faits indéniables occultés des manuels scolaires et il présente un point de vue respectable dans sa démarche narrative. Si le film est parfois maladroit dans ses dialogues et rebondissements, il n’en dégage pas moins un souffle épique. Honte aux politiciens et associations qui se sont opposés à sa présentation au Festival de Cannes.

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