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Hostel, chapitre 2 - La critique

L’auberge rouge

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Un paroxysme dans l’ignominie horrifique plutôt réussi dans son genre mais dérangeant dans les voies malsaines qu’il emprunte.

L’argument : Trois jeunes filles étudiant à l’étranger pendant l’été découvrent la sinistre réalité qui se cache derrière les murs d’un hôtel slovaque et ses occupants d’origines internationales.

Notre avis : Après quelques années d’euphories marquées par des recettes mirobolantes et des critiques plutôt bienveillantes, le cinéma horrifique est au bout de l’impasse. Jamais il n’est allé aussi loin dans la peinture de tortures et d’actes de sadisme en tout genre. Ce qui au début participait à un élan d’audace sans précédent depuis les années 70 et à une réaction louable contre le conservatisme ambiant est devenu depuis un gimmick assez dérangeant quand il s’agit, pour des raisons purement mercantiles, d’aller le plus loin possible dans les excès dégénérés et de les servir à des adolescents qui n’auront aucun mal à y accéder en DVD ou à les visionner sur internet. L’abjection est donc devenue une formule comme une autre où plus aucune réflexion sur la violence n’est émise. La preuve en images avec Hostel, chapitre 2.
Après Saw 3 (frappé par une interdiction aux moins de 18 ans en France) et A l’intérieur, cette suite à la fameuse bouffonnerie teenager gore qui avait rapporté 50 millions de dollars aux USA ose le tout pour le tout et se permet de multiplier les horreurs à la pelle dans une ambiance malsaine où l’humour est nettement revu à la baisse. Efficace dans sa trame qui est rarement ennuyeuse et fort de ses obscénités qui provoquent régulièrement le dégoût, ce deuxième volet dérange et crée le malaise sur le thème mythique du snuff. Un sujet inquiétant et répugnant mais toujours ridiculisé par le cinéaste qui pourtant va très loin quand il s’agit d’exécuter les tortures les plus abjectes. En créant une mini-société du crime entièrement construite autour du trafic de touristes, le poulain de Quentin Tarantino met à mal toute volonté de vraisemblance et de réalisme. Hostel 2 n’est pas un documentaire sur le snuff mais bel et bien un survival qui répond aux règles du genre : un territoire hostile (ici la Slovaquie) et un casting postpubère superficiel qui est là pour s’amuser. Les scénaristes ont troqué les figures masculines du premier numéro contre des touristes américaines sexy. Une vraie parité qui conduit à une fin surprenante. Les voir déambuler dans une Europe de l’Est où sévissent le crime, l’insécurité et tous les autres fantasmes du spectateur américain, qui en aura pour son argent au niveau des stéréotypes, est tout aussi drôle qu’agaçant. La peinture d’Eli Roth de notre vieux continent relève de la terre décadente, véritable Sodome et Gomorrhe où la loi n’est plus. On s’en amusera un instant mais la complaisance du cinéaste dans l’ethnocentrisme devient souvent inacceptable quand les clichés baignent dans les tripes et le sang.
Film d’horreur réussi, Hostel 2 se perd dans ses contradictions de divertissement. Sa méchanceté est réjouissante, mais son aisance à divertir par la répugnance est perturbante. Et les ficelles de son scénario, aussi habiles soient-elles, deviennent trop faciles quand il s’agit de s’adonner à la couleur locale. Rien que l’on puisse haïr si l’on aime ce type de productions, mais cette approche jusqu’au-boutiste nécessite une bonne réflexion, surtout au vu des chiffres en demi-teintes de tous les films d’horreur sortis ces derniers mois aux USA, pour ne pas risquer de voir le genre à nouveau stigmatisé et marginalisé comme dans les années 90.

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Frédéric Mignard


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