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L’assassin - la critique

Crime et châtiment

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Note moyenne des internautes :

- Année de production : 1961
- Date de reprise : 20 juin 2012

Elio Petri plonge dans la culpabilité d’un homme et livre un film à mi-chemin entre le genre policier et le drame social

L’argument : Alfredo Martelli est un être infâme, antiquaire de métier, qui ne rate aucune occasion pour asseoir sa situation économique. Un beau matin, celui-ci voit débarquer dans son appartement la police, le convoquant au commissariat où on l’accuse du meurtre d’Adalgisa de Matteis, une ancienne maîtresse, associée dans ses affaires. Durant le long et pénible interrogatoire, Alfredo se remémore certains passages de sa vie où il eut un comportement peu reluisant...

Notre avis : A priori, aucun doute sur la culpabilité d’Alfredo, cet "assassin" conjointement accusé par le titre et l’enquêteur. Tombée comme un couperet sur la gueule d’ange du héros, la sentence lui dénie toute présomption d’innocence et le plonge dans un flot de remords où s’enchevêtrent les souvenirs crapuleux (car Alfredo fut un amant peu intègre). Discours, plaidoyers, tentative de reconstitution d’un meurtre imaginaire, tout est bon pour faire valoir son innocence, et Alfredo/Marcello déploie(nt) un éventail remarquable de postures interrogeant au plus près la nécessité du "jeu" en période d’oppression existentielle. Car à la manière des Jours comptés, qui suivra la trajectoire d’un individu aux prises avec l’angoisse de la mort et mu par une soif soudaine de liberté, L’assassin constitue une vibrante interrogation de la "condition humaine", ici perçue à travers le prisme d’un itinéraire singulier, et qui n’est pas sans rappeler, par sa construction épique et ses allures de tragédie moderne, le travail romanesque d’un Dostoïevsky.

Servi par une impeccable copie, ce film d’Elio Petri, qui donnera au spectateur la belle occasion de (re)découvrir le tandem Presle - Mastroianni, n’a donc rien perdu de sa force corrosive, alors même que les crimes, arnaques et autres affaires judiciaires ne cessent de captiver les médias, parfois au risque de fâcheuses mésententes. L’occasion de prendre un peu de distance face aux évidences trompeuses, à travers une oeuvre qui emprunte les codes du polar pour y glisser de subtils instants où l’individu, inclus de force dans un dispositif judiciaire trop calibré, se retranche dans sa mémoire, à la recherche d’une justification qui peut-être, lui permettra d’échapper au drame assassin dont il est l’acteur.

Jean-Patrick Géraud


Les avis des internautes

 

L’assassin - la critique

Par Frédéric de Vençay

Variation italienne du "Procès" de Kafka, qu’on sent hantée par les fantômes du fascisme, "L’Assassin" est une oeuvre étonnante qui pourra aussi évoquer, quoiqu’à une échelle plus réduite, des fictions paranoïaques comme "1984" et "Monsieur Klein". Marcello Mastroinanni y compose un double charmeur et hâbleur de Joseph K. A son exemple, le film adopte un ton subtil entre comédie de l’Absurde et drame policier, révélant une gravité de plus en plus profonde au fur et à mesure que son personnage plonge en lui-même et s’y découvre des failles. La mise en scène et (...)

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