L’homme sans âge

Au nom de la rose

Note moyenne des internautes :

- Durée : 2h05mn
- Titre original : Youth without youth

Après dix ans d’absence, Francis Ford Coppola revient avec une expérimentation torturée à la première personne. Du singulier, bien entendu.

L’argument : 1938, en Roumanie. Dominic Matei, un vieux professeur de linguistique, est frappé par la foudre et rajeunit miraculeusement. Ses facultés mentales décuplées, il s’attelle enfin à l’oeuvre de sa vie : une recherche sur les origines du langage. Mais son cas attire les espions de tout bord : nazis en quête d’expériences scientifiques, agents américains qui cherchent à recruter de nouveaux cerveaux. Dominic Matei n’a d’autre choix que de fuir, de pays en pays, d’identité en identité. Au cours de son périple, il va retrouver son amour de toujours, ou peut-être une femme qui lui ressemble étrangement... Elle pourrait être la clé même de ses recherches. A moins qu’il soit obligé de la perdre une seconde fois.

Notre avis : Vus les espoirs générés, le nouveau Francis Ford Coppola, dont le retour au cinéma est attendu depuis dix ans, est une petite déception. Petite car ce kaléidoscope d’images, d’intuitions et de sensations n’a rien de honteux. Le cinéphile qui par le passé a voué une admiration aux fresques ambitieuses et puissantes de tonton Francis (Le parrain, Apocalypse now) risque d’être désarçonné par cet objet métaphorique et symboliste, sinueux et empirique, qui prend des détours alambiqués pour raconter une histoire d’amour intemporelle, peu avare en tentations surréalistes, qui souffle le chaud comme le froid. Programme bizarrement lourd sur le papier ! A l’écran, une expérimentation légère comme une plume, fondée sur les paradoxes temporels et la tension paranoïaque dans un contexte délétère, qui donne à penser que Coppola est sur ce coup plus proche des volutes temporelles et du désespoir nu d’un Raoul Ruiz que des couleurs clinquantes d’un produit ricain faste et tape-à-l’œil.
Ecrasé par la solennité, le fil narratif qui évoque étrangement Abattoir 5, de George Roy Hill, répond aux caprices du roman très ambitieux de l’écrivain Mircea Eliade et adopte la forme d’un roman-photo à la fois sirupeux et amer, nostalgique et obsolète, statique et lénifiant, qui semble compilé par un Magritte phtisique. Cependant, passées les intrigantes premières minutes et la rigueur du dispositif, il finit par sourdre de cet étrange bric-à-brac de symboles ostentatoires, de fantastique sourd et d’érotisme vieillot, une poésie accidentelle, une prise de risque hallucinante, une remise en question des vestiges d’antan. Non pas que le cinéaste n’ait plus rien à dire ; il nous fait juste son quart d’heure d’auteur fâché avec les nouvelles règles d’un cinéma consumable sur le mode du "Ah qu’il est loin mon âge d’or Hollywoodien". Ce nouveau Coppola a un goût différent des films actuellement à l’affiche, en même temps qu’il se révèle très proche de l’approche formelle de certaines curiosités des années 70. Aujourd’hui, il ressemble finalement à une sorte de The Fountain en mode très mineur, très malade, très plombant. Une chose bizarre qui à travers son itinéraire chaotique sonde l’identité et la mémoire d’un personnage principal (Tim Roth, courageux), double de Dorian Gray frappé par la foudre avec lequel Coppola noue des liens intimes. Un drôle d’objet qui semble appartenir à un autre temps et annonce un jeune vieux réalisateur avide de sources neuves ou anciennes. En quête d’une nouvelle identité cinématographique. Là où on ne l’attend pas. A défaut d’être convaincant, ça a le mérite d’être intéressant.


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© MMVII by SRG ATELIER, PRICEL, BIM DISTRIBUZIONE. © 2008 Pathé Distribution. Tous Droits Réservés.

Le DVD
Une édition parfaite sur le plan technique, mais décevante au niveau des bonus.

Les suppléments

Au lieu de nous proposer le brillant commentaire audio de Francis Coppola présent sur le zone 1, l’éditeur a préféré nous donner un module d’une trentaine de minutes sur une conférence de presse. Malheureusement, celle-ci est rendue fastidieuse par l’absence de sous-titres et la traduction simultanée d’un interprête. Autres choix étranges : l’accent mis sur la musique (plus de vingt-cinq minutes) et sur les maquillages (un quart d’heure), alors que l’on ne nous parle pas du tout de Mircea Eliade, de l’adaptation forcément difficile d’un tel livre et encore moins du tournage. Reste à consulter la bande-annonce et une galerie photo toujours aussi accessoire.

Image & son

On atteint ici la perfection su support avec une image somptueuse mettant particulièrement en valeur la magnifique photographie du film. Même qualité en ce qui concerne les deux pistes sonores en 5.1 (VF et VO) parfaitement équilibrées et qui convoquent sans cesse toutes les enceintes pour un rendu optimum.

Romain Le Vern, Virgile Dumez

Biographie

Francis Ford Coppola

Quelques informations sur Francis Ford Coppola.

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Les avis des internautes

 

> L’homme sans âge - La critique

Par Norman06

Le grand retour de Coppola. Le scénario (adaptation) peut effrayer mais le cinéaste offre un récit à la narration captivante et visuellement très travaillé. Les thèmes du mysticisme (Apocalypse Now) et de l’introspection, chers au réalisateur, confirment sa "patte" d’auteur tout en proposant un spectacle accessible par sa féérie. Une merveille, au carrefour de plusieurs genres.

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