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L’ours - la critique + test blu-ray

Qui veut la peau de Bart the bear ?

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Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h40mn

Un splendide hymne à la nature sauvage, tourné avec majesté (et académisme) par un Jean-Jacques Annaud maître-ours.

L’argument : Racontée du point de vue des animaux, L’ours confronte un ourson orphelin, Youk, un gros ours solitaire, Kaar, à deux chasseurs, Tom et Bill.

Notre avis : La genèse de L’ours, c’est six ans de préparation, huit mois de tournage dans les Dolomites en Italie à 2500 mètres d’altitude, 200 techniciens et surtout trois hommes un peu fous : Jean-Jacques Annaud, cinéaste français alors au sommet de la gloire qui sort triomphal à l’international de La guerre du feu (1981) et du Nom de la rose 1986 ( son « film bavard », entre deux œuvres quasiment sans dialogues), Gérard Brach, son ami scénariste, célèbre également pour ses collaborations avec Roman Polanski, et le producteur Claude Berri, déjà dans la démesure pour donner chair aux projets événementiels dans lesquels il croit dur comme fer. Le producteur signe alors un chèque de 14 milliards de centimes. Le tournage tient du cirque avec 14 oursons dressés, un grand ours solitaire, Bart, trouvé dans l’Utah aux USA, 10 dresseurs, 900 000 abeilles... Mais les ambitions de chacun sont vite récompensées. Le film sort le 19 octobre 1988 deux semaines après L’étudiante (sorte de Boum 3 avec Sophie Marceau), face à Roger Rabbit et Rambo 3 et une semaine avant Crocodile Dundee 2. Pourtant, c’est le raz-de-marée avec plus de 9 millions d’amis de la bête dans les salles françaises et 31M$ de recettes aux USA. Un score faramineux, seulement battu cette année par le dauphin du Le grand bleu.
Que reste-t-il vingt ans après de cet enthousiasme ? Un film mythique, parfaitement maîtrisé, tout simplement somptueux. Même si, à l’instar d’une bonne partie de la filmographie du cinéaste, l’académisme y est de rigueur, le charme l’emporte immédiatement sur le cynisme adulte dont on pourrait faire preuve face à cette histoire enfantine. Dans L’ours, Jean-Jacques Annaud filme avec majesté une nature minérale, végétale et animale qui fait corps avec l’intrigue, minimaliste, mais belle comme un conte pour enfants. La difficulté du tournage se ressent à chaque plan, dans la relation aux animaux et l’envergure d’un décor indomptable. Cette expérience peu loquace, parfaitement universelle (les quelques dialogues ont été écrits en anglais, et doublés en français pour notre marché) repose dans ses volontés contemplatives, et, via la largeur de ses plans, étire nos rêves de mômes, plein de nounours affectueux, malgré les années passées. Un cinéma magique, qu’Annaud ne parvint pas à recréer seize ans plus tard, avec le décevant Deux frères et ses petits tigres trognons.


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Le Blu-ray

Pour fêter les vingt ans de L’ours, le blu-ray redonne de l’éclat à ce film intemporel de toute beauté.

Les suppléments

Le blu-ray (aux menus soignés) a convié tous les bonus de l’édition prestige DVD. A savoir le making-of d’une cinquantaine de minutes tourné pour la télévision de l’époque. Il s’agit d’un document précis qui revient sur les difficultés liées aux acteurs fauves. Ceux qui veulent tout savoir sur le dressage des ours, stars et doublures, ne seront pas lésés. Annaud s’adresse à la caméra de manière posée, en toute humilité, pour expliquer clairement, tous les compromis de ce tournage unique.
Omniprésent dans les bonus, le cinéaste commente intégralement son œuvre à l’occasion de commentaires audio volontaires et prolixes, puis lors d’un module de 18 minutes, il revient sur la scène clé de confrontation entre l’ours et Tchéky Karyo. Très technique, cet exercice décortique en profondeur ce moment d’intensité dramatique, d’une grande dangerosité pour le comédien, qui démontre une fois de plus, que le cinéma est l’art de toutes les illusions. Passionnant !
Un ourson à la montagne est constitué de 15 mn de rushes non retenus dans le métrage final, suivant les pérégrinations du petit ours gambadeur dans la nature. Dispensable, quoique mignon.
Enfin quatre galeries de photos sont à consulter. Elles défilent gracieusement en musique, revenant sur les différents visuels de l’affiche dans le monde (sur ce coup, la française est définitivement la plus convaincante) et autres produits de marketing (livre, CD...). Le supplément propose également une série de clichés de tournage, une autre série sur J.J. Annaud, et enfin des photographies de repérage en Autriche et au Canada d’une grande beauté.

Image & son

L’image HD offre une troisième jeunesse à cet émouvant récit d’initiation animalier, après une édition DVD déjà très satisfaisante. Si les couleurs exagèrent parfois un peu le vert de l’herbage et insistent un tantinet trop sur les teintes marron du bois, l’étalonnage et le contraste sont souvent savoureux. La nature se déploie avec une belle étendue de détails et de nombreux plans s’avèrent profonds, malgré quelques ratés et des flous, qui trahissent l’âge du film.
La piste DTS-HD Master Audio de la version originale (anglaise) l’emporte aisément sur la piste DTS-HD High Resolution française. La VO est d’une puissance imparable et distille les sons d’une nature omnisciente. La piste française, moins rentre-dedans, est cependant dans une retenue agréable qui permet d’appréhender la nature du film avec plus de sérénité.

Frédéric Mignard


Les avis des internautes

 

> L’ours (critique blu-ray)

Par roger w

Un bel hommage à la nature signé par un Jean-Jacques Annaud toujours à l’aise dans les défis les plus insensés. L’ourson est trognon, le gros ours est majestueux et la réalisation brillante. Un succès mérité.

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