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Durée : 1h36mn
Titre original : The mysterious lady
Malgré une fin ratée, ce joli film d’amour sur fond d’espionnage porte le glamour à son point d’incandescence. A elle seule, Greta Garbo transcende chaque plan.
L’argument : Une espionne séduit l’officier von Raden pour lui dérober des documents. Celui-ci succombe à ses avances avant de la repousser quand il apprend son double jeu. Elle n’abandonne toutefois pas l’idée de parvenir à ses fins...
Notre avis : Véritable génie du cinéma muet, le réalisateur Fred Niblo (1874-1948) a déjà la quasi-totalité de sa carrière derrière lui lorsqu’il entreprend la réalisation de cette Belle ténébreuse (1928). On lui doit des œuvres aussi importantes que Le signe de Zorro (1920), Les trois mousquetaires (1921), Arènes sanglantes (1922), la meilleure version de Ben-Hur (1925) et La tentatrice (1926) déjà avec Greta Garbo. Adapté d’un roman de Ludwig Wolff (auteur austro-hongrois dont l’œuvre a été maintes fois transposée au cinéma), The mysterious lady séduit immédiatement par la capacité de Fred Niblo à créer une empathie envers des personnages qui semblent sortis tout droit d’un roman de gare. Grâce à la finesse de son écriture cinématographique, Niblo nous emporte dans une spirale infernale de sentiments extrêmes. Glamour jusqu’au bout des ongles, le couple d’amant que forme la sublime Greta Garbo et le convaincant Conrad Nagel ne cesse de s’envoyer des œillades ravageuses qui traduisent toute la profondeur de leur attirance, aussi bien sentimentale que sexuelle. Toutefois, derrière cette histoire d’amour se profile une affaire d’espionnage international qui redéfinit les rapports entre les protagonistes.
Habituée aux rôles de femme fatale qui trahit les hommes tout en les aimant profondément, Greta Garbo incarne une fois de plus l’éternel féminin et irradie la caméra qui la filme amoureusement. Face à elle, Conrad Nagel (futur co-fondateur des Oscar) s’en sort avec les honneurs dans un rôle qui tenait pourtant davantage de l’emploi subalterne.
Avec une science du cadrage diabolique, une évidente aisance dans l’utilisation des travellings et un sens du tempo inimitable, Fred Niblo nous emporte dans son histoire d’espionnage en ménageant de beaux et intenses moments de suspense, sans jamais sacrifier ses personnages sur l’autel de l’efficacité. On peut toutefois regretter que ce bel édifice formel soit gâché par les cinq dernières minutes d’un métrage qui a sans doute fait l’objet d’une modification opérée par les producteurs. Effectivement, la résolution de l’intrigue ne prend guère plus de deux minutes et se termine par un happy end aussi peu crédible que possible. Cette fin totalement expédiée ne parvient pas à nous faire oublier le plaisir ressenti durant toute la projection, mais elle nous laisse tout de même sur une impression d’inachèvement qui frustre.
Un extrait : ICI