Moins un film politique sur le Thatcherisme qu’une belle évocation sur la vieillesse et la perte du contrôle de soi, La Dame de fer ouvre beaucoup de portes, parfois frustre un peu, mais réjouit totalement par l’interprétation magistrale de Meryl Streep.
L’argument : La Dame de fer est le portrait surprenant et intimiste d’une femme hors du commun. A la fois aimée et rejetée, Margaret Thatcher est une figure emblématique de la scène politique internationale - la première et l’unique femme Premier Ministre du Royaume Uni, et l’une des femmes les plus célèbres et les plus influentes du XXème siècle.
Enfermée dans l’inactivité enrageante de la retraite et luttant contre sa mauvaise santé, Margaret est prise d’assaut par ses souvenirs. Des fragments de sa vie privée et du temps où elle était Premier Ministre envahissent son esprit et elle les revit dans les moindres détails.
La Dame de fer est l’histoire d’une femme venue de nulle part pour démanteler les barrières liées au sexe et aux classes que l’on rencontrait dans un monde dominé par les hommes. C’est un film qui parle du pouvoir et du prix à payer pour l’obtenir, une histoire à la fois unique et universelle.
Notre avis : A l’heure où tout le monde en France se demande si Thatcher est encore vivante et où les Britanniques, en temps de crise, s’interrogent sur la prise en charge par des fonds publics des funérailles de la personnalité politique anglaise la plus influente mais aussi la plus controversée de la deuxième moitié du siècle dernier, Hollywood livre un biopic surprenant par son point de vue qui ne va sûrement pas là où on l’attendait.
Réalisée par une femme, Phyllida Lloyd (Mamma Mia), et portée par le charisme de la comédienne Meryl Streep qui trouve un challenge à la hauteur de son génie dramatique, la biographie filmée La Dame de fer offre un point de vue original, celui de la scénariste Abi Morgan qui imagine le présent de solitude d’une vieille dame digne qui non seulement a perdu le pouvoir, mais aussi l’autonomie... une mère attaquée par une maladie dégénérative qui la plonge dans ses souvenirs et la conduit à converser avec le fantôme de son défunt mari, qui hante son quotidien aux portes de la folie.
Le portrait imaginé, est beau, troublant, tant il confère au monstre de froideur qu’est l’ancien premier ministre britannique une humanité qu’on ne lui connaissait pas à travers ses accointances politiques douteuses, ses bras de fer intransigeants avec les syndicats et les classes populaires qui ont été durant son "règne" d’un peu plus de dix ans, saignés par ses décisions radicales ultra libérales.
Film à la sensibilité féminine où l’on sent poindre une admiration certaine pour le combat exaltant d’une intruse dans un microcosme politique machiste, La Dame de fer n’est pas pour autant une oeuvre de pardon à l’égard de l’ancienne matrone du 10 Downing Street. Certes, la politique est secondaire dans cette oeuvre psychologique sensible. Elle est décrite essentiellement comme une passion dévorante, une conviction névrotique qui obnubile cette humble fille d’épicier depuis sa toute jeune enfance. Toutefois, la dureté de son exécutif est expliquée en sous-texte par les névroses profondes qui ont déséquilibré cette gamine. La politicienne en quête de reconnaissance, celle qui a toujours dû prouver son autorité et s’affirmer plus qu’un homme pour se faire une place dans son monde puis dans le monde tout court durant ses deux mandats, est clairement décrite comme hallucinée, à la limite de la démence, paradoxalement au fait de la réalité de misère de ses compatriotes mais pourtant engluée et aveuglée par ses préceptes austères de réussite, Celle-ci, selon elle, ne pouvait s’obtenir qu’au fruit de son labeur et non des aides sociales versées par l’état. Ce qui a marché pour l’extirper de sa condition de servante domestique devait servir de leçon à une nation paupérisée, au bord de l’implosion. Le premier ministre de légende ne lâchera jamais ses idées, jusqu’au terme du mandat le plus long pour un dirigeant britannique élu au XXe siècle.
Formidable portrait de femme, magistralement joué par une Meryl Streep vocalement au point, maquillée avec un réalisme saisissant, le film frustre toutefois par toutes les évocations laconiques sur toutes les grandes pages de sa politique structurelle qui ont forgé une certaine image de l’Angleterre et donner l’aval à une économie de marché cannibale, où l’homme n’est plus qu’un boulon dont on dispose à volonté dans un engrenage incontrôlable.
On ne saura reprocher à Phyllida Lloyd et Abi Morgan leur approche personnelle, tout à fait louable, mais on est désormais en droit d’attendre des compléments, peut-être plus légitimes sur un plan historique, surtout en nos temps de crise économique, de risques de perte du triple A, car dans La Dame de Fer, il n’y est finalement question que de ça... Et oui, déjà, mais en toile de fond. Cependant, nous ce fond, il nous importe bien plus que Margaret et c’est ce qu’on voulait découvrir au premier plan... Un nouveau film s’impose. La Dame de Fer 2, le retour de la matrone. Hollywood, tu en serais tellement capable...

Biopic très grossier de la Dame Thatcher, mis en scène comme un gros cake propagandiste et sans (grandes) nuances, "The Iron Lady" a une portée politique nulle (ouh les raccourcis !) et une qualité cinématographique assez faible. Reste son versant "Liliane Bettencourt" (Thatcher a 80 ans et un Alzheimer, elle voit son mari mort partout), très bizarre et pas très fin non plus, mais qui a le mérite de proposer un regard un tant soit peu intéressant et singulier sur ce personnage historique. Meryl Streep, impressionnante, sauve les meubles et n’a pas volé son énième (...)
Par roger w
Biopic pas totalement abouti, La dame de fer propose surtout la vision d’une femme âgée et frappée de la maladie d’Alzheimer. Ce n’est pas forcément ce que l’on attendait d’un tel film. En tout cas, son point de vue est intéressant et respectable. Un film reste à faire sur la politique déplorable menée par ce fléau du 20ème siècle.