Accueil > Les réalisateurs > R > Ray, Nicholas > La fureur de vivre - la critique

La fureur de vivre - la critique

La légende de Jimmy

Reprise en salle le 22 février 2012.

Un chef-d’œuvre intemporel et universel qui parle d’amour, d’amitié, de rébellion face à l’ordre établi, et d’idéalisme.

L’argument : Dans les années 50 aux Etats-Unis. Arrivé depuis peu dans une petite ville universitaire, Jim, adolescent trop gâté, rêve de devenir un homme. Au poste de police où il a été conduit après une nuit de beuverie, il rencontre Judy, une jeune fille privée d’affection parentale. Pour la conquérir, il affronte jusqu’à un risque mortel la bande de désaxés dont elle est l’égérie. Dans le même temps, il prend sous sa protection Plato, orphelin richissime et angoissé, qui possède un révolver et joue avec l’idée de s’en servir...

Notre avis : C’est sur la route de Salinas que James Dean s’est tué au volant de sa voiture à l’âge de vingt-quatre ans. En 1976, on retrouva Sal Mineo assassiné dans les rues de Los Angeles alors qu’il n’avait que trente-sept ans. Enfin, que dire de la mort mystérieuse de Natalie Wood en pleine mer en 1981 alors qu’elle n’avait que quarante-trois ans ? Curieuse malédiction qui a frappé tous les acteurs de La fureur de vivre, destins tragiques qui donnent une résonance particulière à ce chef-d’œuvre . Comme si la fiction avait finit par croiser la réalité. Car le film parle bien d’une génération perdue, anticipant de plus de dix ans les révoltes estudiantines de la Californie.
Nicholas Ray a réalisé une œuvre générationnelle qui a bouleversé les adolescents du monde entier, faisant de sa jeune star une étoile filante brillant à jamais au firmament du cinématographe. Le métrage s’est fait l’écho d’un malaise grandissant au sein de la jeunesse mondiale et a stigmatisé le fossé qui séparait de plus en plus les générations. Car, ici, le problème vient d’une impossible communication entre les parents et leurs enfants. On sent à chaque plan le décalage entre les aspirations simples et idéalistes des jeunes et la froide indifférence d’adultes blasés. Tout un pan de la jeunesse de l’époque s’est reconnu dans le personnage de Jim Stark, magnifiquement incarné par James Dean.
Pourtant, et c’est ce qui fait toute sa force, cette histoire est universelle et ne se limite pas à l’illustration d’un problème ponctuel. C’est tout le talent de Nicholas Ray d’avoir su faire un film généreux et qui porte un regard sur la société de son temps, sans oublier de rendre intemporel son récit. Tant qu’il existera des adolescents et des adultes, son œuvre sera comprise et admirée. Le cinéaste prend parti pour ses jeunes personnages et montre que c’est par le dialogue que tous les problèmes peuvent être résolus. Il rejoint en cela la thèse défendue la même année par Richard Brooks dans son Graine de violence tout aussi généreux, mais plus daté et maladroit dans sa démonstration.
La fureur de vivre est une œuvre universelle d’une beauté flamboyante, magnifiée par l’utilisation d’un scope aux cadrages irréprochables, par une photographie à dominante pourpre (couleur de la passion) et par quelques scènes d’anthologie. De nombreux cinéastes ont rendu hommage à la magnifique scène de duel au couteau, ainsi qu’à celle de la poursuite en voiture au bord d’un gouffre (citation évidente dans American graffiti (1973) de George Lucas).
En ces temps de politique répressive, il serait bon que de nombreux spectateurs retournent voir cette œuvre majeure, militant pour le dialogue sans pour autant être un pamphlet indigeste. Simplement un film essentiel sur une période de la vie où idéalisme rime encore avec possible.

Virgile Dumez

Biographie

Nicholas Ray : un auteur à Hollywood

Quelques informations sur Nicholas Ray.

Lire la suite

Découvrez toute la BD avec

Bedeo.fr : bande dessinée

avoir-alire est édité par Bedeo.fr

Les avis des internautes

 

> La fureur de vivre - la critique

Par Norman06

Le chef-d’œuvre de Nicholas Ray, avec Johnny Guitare. Si le contexte sociologique de la rébellion adolescente est un brin daté (bien des choses ont changé depuis Van Sant et Larry Clarke...), le souffle de la tragédie parcourt ce récit sombre et flamboyant, magnifié par un scope et de somptueux mouvements de caméras. Et l’on réalise que le jeu de James Dean est d’une éclatante modernité. Les amateurs de gay studies trouveront en outre de troublants sous-entendus par le biais du personnage de Sal (...)

>> Lire la suite

 

> La fureur de vivre

Par toni17

J’ai été bouleversée par ce film qui a cinquante ans et malgré cela vous montre des situations qui correspondent à notre actualité. Ce film finit sur une note optimiste. Au début nous entrons dans la vie d’adolescents et parents qui n’arrivent pas à communiquer. James Dean incarne L’Adolescent avec un grand A, c’est-à-dire tous les ados qui sont incompris par leurs parents. Les parents ne font pas assez d’efforts pour se rapprocher de leurs enfants, car ils sont trop préoccupés avec leurs propres problèmes. Les jeunes sont à la dérive,se sentent (...)

>> Lire la suite

Votre avis