La proie - la critique

Albert Dupontel joue au lièvre et à la torture

Le 8 janvier 2015

Thriller français haletant qui peine toutefois à trouver le rythme des grandes séries américaines dont il s’inspire.

Thriller français haletant qui peine toutefois à trouver le rythme des grandes séries américaines dont il s’inspire.

L’argument : Un braqueur s’évade de prison pour traquer son ancien codétenu, un tueur en série qui a entrepris de lui coller ses crimes sur le dos. Une policière de la Brigade des Fugitifs se lance à la poursuite du braqueur, devenu bien malgré lui l’ennemi public numéro 1. Quand chacun des protagonistes aura été au bout de lui-même, qui sera le chasseur, et qui sera la proie ?

Notre avis : De nouveau, Albert Dupontel se retrouve « enfermé dehors ». Mais cette fois, il est en fuite, objet d’une traque et meneur d’une autre. On court donc beaucoup dans le nouveau d’Eric Vallette, qui se frotte à un scénario millimétré et froid, pointant très nettement vers les thrillers américains et, nouveauté 2011 oblige, vers leurs versions télévisuelles de ces dix dernières années, plus crûment réalistes. Ici, la violence sent l’hémoglobine et la sueur, et les coups de poing distribués à tout-va font très distinctement craquer les os, pour le plus grand frisson de nos oreilles. C’est plein de ces bonnes intentions que le film démarre à toute vitesse, pour tenir le pari de la longue distance. Cependant, malgré des séquences d’introduction plutôt prenantes (et surprenantes !), qui nous permettent de découvrir un Dupontel sauvage et tout en muscles, La proie se retrouve vite handicapée par des points de côté récurrents et malheureux qui viennent l’arrêter dans sa course. A trop vouloir s’inspirer de la maîtrise hollywoodienne en matière d’action, la réalisation s’enlise dans un entre-deux un peu bancal, modérément haletant, et qui se réfugie derrière la violence et des effets sonores démesurés.

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© StudioCanal

Surtout, la crédibilité de l’ensemble demeure fragile, tant au niveau de l’intrigue que des personnages. La proie se voulait à la hauteur des séries américaines ; on lorgne davantage du côté des honnêtes productions télévisuelles françaises du vendredi soir, soirée de polars. Le « grand méchant » de l’histoire, un tueur pédophile menant en province une bonne vie de famille, présenté par le scénario comme un pervers terrifiant, prête en réalité plutôt à sourire... Et si quelques idées scénaristiques heureuses émergent ça et là (notamment le personnage incarné par Natacha Rénier), le casting prestigieux rassemblé pour l’occasion peut difficilement rattraper des personnages « utilitaires » ou tout bonnement plats. Moralité ? Rien de sert de courir trop vite... il faudra la prochaine fois partir à point.

La bande-annonce :

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© StudioCanal

Galerie photos

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