Durée : 1h37mn
Un jeune homme vient bouleverser une famille de femmes. Un récit un peu appuyé, qui doit beaucoup à ses interprètes.
L’argument : Presqu’île du Cotentin dans les années 50. Monique dirige seule l’exploitation familiale, entourée de sa belle-mère et de sa fille. Elle embauche Joseph, qui va bouleverser leurs vies.
Notre avis : Pour son premier long métrage, Florence Moncorgé-Gabin, qui a une longue expérience des plateaux, ne traite pas un sujet très original. En effet, le thème de l’inconnu qui débarque et sème la zizanie est des plus classiques. Ce choix fait, la lourde charge qui lui incombe alors est de renouveler le genre, tâche qu’elle entreprend avec beaucoup d’énergie, mais qu’elle ne réussit qu’à demi.
Le propos est situé dans le monde paysan des années 1950 et la peinture de ce monde s’attache à ne pas faire trop carte postale ou franchouillard. Ainsi, les travaux des champs et les gestes quotidiens sont-ils abondamment montrés, de même que l’évolution économique (modernisation) et des mentalités (émancipations des femmes notamment) qui touche les campagnes. Pourtant, malgré ce souci, on ne parvient jamais à totalement se défaire de l’impression de reconstitution, et les efforts pour en sortir restent largement visibles.
Le scénario est soigné, mais on en sent là aussi les coutures. Le récit est par trop conventionnel. Certains caractères sont stéréotypés (notamment ceux de Laura Smet, de Mathilde Seigner, de Samuel Le Bihan). Plus intéressants sont ceux incarnés par Grégori Derangère et Catherine Frot. Le premier apporte une certaine ambiguïté à Joseph, par ailleurs un personnage assez (trop ?) proche de celui qu’il campait dans L’équipier. La douceur de son visage contraste avec son corps noueux, tout comme sa gentillesse côtoie une certaine rudesse. La seconde se révèle une nouvelle fois exceptionnelle, dans un rôle difficile et qui ne ressemble à aucun de ceux qu’elle a incarnés. Chef de famille et d’une exploitation difficile à mener, claquemurée dans ses frustrations, frappée de plein fouet par le désir et la passion et prête à tout leur sacrifier, elle donne beaucoup de force à un personnage par ailleurs bien écrit. Enfin François Berléand rend crédible et presque touchant un maire assez chargé.
La mise en scène est appliquée, sans doute un peu trop, et à mi-parcours, le film s’essouffle à force de sous-entendus signifiants, de démonstration. L’émotion s’en trouve affectée. Pourtant, le film touche dans ses efforts pour sortir des sentiers battus, ce qu’il parvient à faire plus d’une fois grâce aux qualités précédemment énoncées.

Par alinea
Une fresque paysane crédible bien que manquant de finesse. Les dialogues sont justes mais trop apuyés par des desmonstrations lourdes. Laura Smet est touchante et Berléand admirable en vieux bougon. Le scénario manque d’originalité.