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Le scaphandre et le papillon

Les mots au bout des cils

- Durée : 1h52mn

Les vagabondages d’un esprit emmuré dans un corps mort. Une œuvre inspirée, entre désespoir sourd et désir de résistance.

L’argument : Patatra. Tout s’écroule pour Jean-Dominique Baudy (Mathieu Amalric) lorsqu’il se réveille sur son lit d’hôpital après un accident vasculaire. Au sortir du coma, il n’est plus qu’un corps inerte, soumis au locked-in syndrome : il ne peut plus parler, bouger ou même respirer sans assistance. Commence alors un combat de tous les instants pour la vie. Son seul œil mobile va être la clé de sa libération...

Notre avis : Il s’agit là, comme tout le monde le sait de l’adaptation du roman éponyme de Jean-Dominique Baudry, rédacteur en chef du magazine Elle. Celui-ci, victime d’un accident cérébral, s’est retrouvé cloué au lit, souffrant d’une paralysie complète de tous ses membres. Une tragédie du corps doublée d’une torture psychologique de chaque instant pour cet homme jadis indépendant dont désormais le seul moyen de communiquer avec l’extérieur est un battement d’œil miraculeux. Miraculeux comme le livre qu’il a pu écrire. De manière quasi posthume peut-on dire, si l’on considère que l’accident a tué l’homme libre qu’il était et que ce dernier ne croit donc plus aux miracles.
Pourtant emmuré dans son corps de plomb, captif d’une carapace qu’il compare à un scaphandre, Jean-Dominique jouit encore d’une limpidité d’esprit vivace. Elle lui permet d’échapper aux murs de sa chambre et au poids de son syndrome en rédigeant l’œuvre de sa vie, avant de s’éteindre dix jours après la publication de son ouvrage.
Il fallait du courage pour oser adapter pareil sujet. L’américain Julian Schnabel, peintre de renommée, passé à la réalisation avec Basquiat et Avant la nuit, y a puisé une inspiration sans limite. La lourde fatalité du malade l’a conduit à déployer une imagination de mise en scène d’une grande richesse pour retranscrire l’étonnante vivacité mentale du bonhomme. La caméra subjective des premières scènes, la voix-off pleine de vie et d’étonnement de Jean-Do, les séquences oniriques ou encore les nombreux flash-back sont autant de moyens de restituer une magnifique humanité à l’homme légume déchu de son rôle social (de père, d’amant...).
Schnabel choisit la multiplication de plans et de saynètes pour nourrir l’abominable réalité d’un imaginaire salvateur. Les idées visuelles sont nombreuses et ont permis à l’artiste d’accumuler les récompenses et les nominations prestigieuses (Cannes, les Golden Globes, les Césars, et les Oscars...). Cependant son admirable travail d’adaptation ne serait rien sans l’impressionnant casting porté par un Mathieu Amalric magistral dans le désespoir sourd et l’irrésistible envie de vivre qu’il véhicule. Avec son humour et sa gravité, l’acteur évite les écueils du personnage dépressif à tendance mélodramatique comme celui de Mar adentro. Il devient pur esprit malgré l’omniprésence de son corps et mérite à lui tout seul plus qu’un coup d’œil.


Le DVD

Une édition de convenance.

Les suppléments

Un entretien avec Laurent Weil de 23 minutes (où l’on voit un peu trop le journaliste vedette, il faut le souligner), une bande annonce, le promo réel diffusé à Berlin et une galerie de photos. Ce sont là tous les suppléments de cette œuvre dont on aurait bien aimé découvrir les commentaires audio (absents). De même, très curieusement, il n’y a rien sur le passage remarqué du film à Cannes (à part une mention en fin d’entretien). Bref, l’échec du film en salle a visiblement refroidi l’éditeur qui a préféré fournir le minimum sans pour autant condamner cette œuvre aux compléments zéro.

Image & son

L’image, contrastée comme il faut, rend hommage à la somptueuse photographie. Au niveau des pistes audio, l’on préfèrera comme d’hab la 5.1 à la mono. Cette première est parfaitement équilibrée et ne présente aucun défaut majeur.


Coup d’œil d’avant Cannes : Malgré une réputation internationale et une œuvre plastique sur laquelle tous les spécialistes s’accordent pour dire qu’elle a renouvelé l’expressionnisme, Julian Schnabel est un débutant au Festival de Cannes. Le peintre et cinéaste américain essuie les plâtres en compétition officielle cette année. Sous la bannière française, puisque son troisième film, Le scaphandre et le papillon battra pavillon tricolore.
En adaptant le récit éponyme de Jean-Dominique Bauby, ancien rédacteur en chef du magazine Elle, Schnabel fait un véritable plongeon dans le cinéma d’auteur français. Au générique, on retrouve l’omniprésent Matthieu Amalric (il est aussi à Un Certain Regard avec Le rêve de la nuit d’avant, de Valéria Bruni-Tedeschi et à la Quinzaine des réalisateurs chez Nicolas Klotz dans La question humaine), Emmanuelle Seigner, le mythique acteur bergmanien Max von Sydon ou encore Jean-Pierre Cassel dont ce fut le dernier film.
Reste que l’arrivée de Julian Schnabel dans le paysage du cinéma français est surprenante pour ne pas dire incongrue. Au fond, qu’est-ce qui, dans ce récit d’un homme prisonnier de son corps, a attiré le plasticien ? Les souvenirs de Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo ? Le désir de se frotter, d’un coup, à une matière cinématographique nouvelle comme il l’avait fait avec le new-yorkais Basquiat (1996) ou l’hispanique Avant la nuit (2001) ? Peut-être un peu tout à la fois tant Schnabel affectionne de diriger à la baguette le nec plus ultra des acteurs (américains avec Basquiat, espagnols avec Avant la nuit) et de se livrer à l’art du portrait où il excelle.
Prisonnier du tombeau de son corps, Amalric quant à lui devra rendre toute l’humanité d’un homme qui réinvente sa vie par le seul imaginaire. Un exercice d’équilibriste qui, s’il est réussi, pourrait emmener l’acteur loin, loin sur les cimes glorieuse de Cannes.

Frédéric Mignard, Baptiste Drake

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Les avis des internautes

 

> Le scaphandre et le papillon - La critique

Par Norman06

Œuvre pesante, aux effets de mise en scène appuyés. La mièvrerie des dialogues et la grandiloquence du propos sont gênantes. Les amateurs de mélo médical apprécieront toutefois.

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> Le scaphandre et le papillon

Par Soni

Cligner une fois pour dire « oui », deux fois pour dire « non » ; c’est ainsi que Jean Dominique Bauby communiquera avec les siens et les employés de l’hôpital de Berk après son accident vasculaire cérébral, le 8 décembre 1995. Atteint du syndrome d’enfermement, le « locked-in syndrome », il découvrira dès son réveil post-coma qu’il est totalement conscient mais qu’il ne peut ni parler ni bouger excepté son œil gauche. Celui-ci sera son propre papillon avec le monde extérieur qui lui permettra de se libérer de son scaphandre. Curieuse destinée que celle (...)

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