Durée : 1h35mn
Un regard juste et émouvant sur la fin de l’enfance, avec Les 400 coups, Truffaut devenait le porte-drapeau de la Nouvelle Vague.
Les 400 coups, c’est se donner l’occasion de se (re)plonger avec délice dans l’une des filmographies les plus prestigieuses du cinéma français. C’est logiquement que nous avons entamé il y a quelque temps notre rétrospective avec Les 400 coups, premier long métrage et premier succès pour François Truffaut, alors uniquement réputé pour sa plume virulente aux Cahiers.
En 1957, ce futur réalisateur envisage un film à sketches sur l’adolescence. Truffaut a en effet assez de voir les jeunes réduits dans le "cinéma de papa" à des rôles secondaires de loustics rigolos. Il veut creuser, montrer le douloureux passage que peut représenter la puberté vers l’âge adulte. Parmi ces sketches figure La fugue d’Antoine. Il y raconte juste une portion du long métrage que l’on connaît : l’école buissonnière, le mensonge ("Ma mère est morte !"), et la nuit passée à la belle étoile. Mais Truffaut sait qu’il peut approfondir un peu plus le sujet. Il s’adjoint les services du romancier Marcel Moussy pour transformer cette anecdote en véritable scénario de long métrage. La fugue d’Antoine devient dès lors Les 400 coups, récit largement autobiographique sur l’enfance malheureuse.
"Il y avait longtemps que ce sujet m’occupait l’esprit, expliqua Truffaut. L’adolescence est un état reconnu par les éducateurs et les sociologues, mais nié par la famille, les parents. Pour parler le langage des spécialistes, je dirai que le sevrage affectif, l’éveil de la puberté, le désir d’indépendance, le sentiment d’infériorité sont les signes caractéristiques de cette période. Un seul trouble entraîne la révolte et cette crise est appelée justement d’"originalité juvénile". Le monde est injuste donc il faut se débrouiller : et on fait les quatre cents coups."
Comme Antoine Doisnel, François Truffaut n’est pas un enfant désiré par sa mère. Comme Antoine Doisnel, il est le cancre de la classe pour lequel l’école buissonnière représente la seule échappatoire. Enfin comme son personnage fictif, il a grandi dans le Pigalle d’antan, en a fréquenté les cinémas, et a passé un séjour dans un camp de redressement pour adolescents difficiles. En dépit de toutes ces similitudes, François Truffaut ne sombre pas pour autant dans le sentimentalisme. Il préfère porter un regard neutre sur sa jeunesse. Il s’en remet beaucoup à Jean-Pierre Léaud, véritable alter ego du réalisateur, dont la gouaille et le sens de l’improvisation apportent énormément à l’entreprise.
Avec Les 400 coups, François Truffaut signe un chef-d’oeuvre désenchanté sur une époque douloureuse. De son désir de traiter l’enfance avec justesse, il s’approche de la forme du documentaire, jouant avec la sobriété du cadrage et de la lumière - ce parti pris lui vaudra la Palme de la mise en scène à Cannes. Truffaut pose un regard universel sur son passé dans lequel tout le monde peut retrouver une bribe de vérité. Les 400 coups est dédié au critique de cinéma André Bazin, père spirituel et affectif de Truffaut, décédé le premier jour du tournage du film.
Le DVD
Mk2 éditions, pour le premier titre de sa collection "François Truffaut", a rassemblé de nombreux suppléments. Cela va des images d’archives de Jean-Pierre Léaud porté en triomphe à Cannes, à un portrait sous forme d’entretien du cinéaste, en passant par les commentaires de Robert Lachenay, ami d’enfance de Truffaut. A noter par ailleurs la présence des Mistons, le premier film officiel du réalisateur, un court métrage de 17 minutes sur des gamins nîmois.
Edition 1 DVD
Format image 2.35
Format vidéo 16/9 compatible 4/3
Audio français mono
Sous-titres anglais
Tous publics
A la vie, il préférait son reflet sur grand écran. Histoire d’une passion.