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Nimitz, retour vers l’enfer - la critique

Perle à rebours

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- Durée : 1h45mn
- Titre original : The final countdown

A partir d’une histoire intrigante, les auteurs ont tissé une intrigue cousue de fil blanc au sous-texte politique typique d’une Amérique à la recherche d’une grandeur passée. Insipide.

L’argument : De nos jours, suite à une tempête magnétique, le Nimitz, porte-avion américain, se retrouve projetté en 1941, à la veille de l’attaque de Pearl Harbour...

Notre avis : En cette fin des années 70, nombreux sont les scénaristes à exploiter le filon des paradoxes temporels et autres voyages dans le temps, le tout s’appuyant sur de pseudo études scientifiques dérivées des trouvailles d’Einstein. Spécialiste du film de science-fiction, le téléaste Don Taylor se voit confier la réalisation de ce Final countdown où un porte-avions moderne se retrouve propulsé le 7 décembre 1941 en pleine bataille de Pearl Harbour. Après une première demi-heure intrigante où le phénomène surnaturel intervient sans aucune raison apparente, le cinéaste nous assène un pensum politico-philosophique sur la responsabilité des hommes envers l’histoire. Lors de longs passages dialogués, les personnages s’interrogent sur leur devoir de citoyen : doivent-ils intervenir dans la bataille au risque de modifier le cours du temps ou assisteront-ils impuissants à la destruction de leur flotte ?
Si le sujet est passionnant sur le papier, les scénaristes et le réalisateur n’ont pas su en tirer tout le bénéfice. Tout d’abord parce qu’ils nous préparent tout au long de la projection à une bataille qui n’aura jamais lieu, ensuite parce que le fameux paradoxe temporel n’est jamais expliqué ou même justifié, enfin que dire du retournement de situation final, aussi stupide que prévisible ! Cette production donne ainsi au spectateur la désagréable impression d’avoir perdu son temps en assistant à un long spot publicitaire pour l’armée américaine. En cela, Nimitz préfigure le cinéma hollywoodien de l’ère Reagan, avec son incessant besoin de réaffirmer la toute-puissance d’une Amérique en mal de victoires. Dès lors, cette œuvre de science-fiction apparaît comme une tentative maladroite de prouver au public ricain que le désastre de Pearl Harbour ne pourrait plus se reproduire à l’époque moderne, grâce à une défense appropriée et technologiquement performante. Un sous-texte militariste qui rend le spectacle encore moins digeste pour le spectateur contemporain.

Virgile Dumez


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