Durée : 1h54mn
Après deux navets, Guy Ritchie revient à un cinéma de qualité, d’une belle virtuosité, malgré quelques lourdeurs narratives et une fâcheuse tendance à se regarder le nombril.
L’argument : Une bande de gangsters british qui courent après l’argent, un gros sac de came volé par de mystérieux bonhommes, des mecs qui chantonnent de vieux airs rock en fendant l’air sur leurs skates...
Notre avis : Guy Ritchie, le cinéaste prometteur de Crimes, arnaques et botaniques et de Snatch, a enchaîné coup sur coup deux effroyables bides avec A la dérive et Revolver. Des errances quasi impardonnables, qui se situaient pour l’un au niveau du cadeau bâclé et sans inspiration offert à une épouse revêche (Madonna), et pour le second au niveau du thriller spirituel con-con. Rock’NRolla a donc la lourde charge de réimposer la stature internationale d’un ancien jeune premier du cinéma britannique aujourd’hui quadragénaire, de réimposer son style visuel étincelant et ses techniques de narration, jadis employées par Tarantino auquel Guy Ritchie emprunte beaucoup.
Si la mission est accomplie, elle ne se réalise pas sans heurts. Une fois passé la mise en place laborieuse des personnages et des différentes intrigues, à savoir une demi-heure de présentation confuse, voire chaotique, pendant laquelle la narration déborde et se fait intrusive, s’invitant presque comme personnage dans une œuvre éclatée aux pistes narratives multiples, il faut surmonter l’envie de gifler le cinéaste qui pèche une fois de plus par orgueil (sa caméra semble crier en permanence « regardez comment je filme divinement bien », une vérité bling bling émanant à chaque instant de la pellicule).
Une fois ces deux réserves digérées, Rock’NRrolla, qui heureusement dure près de deux heures pour se rattraper, n’est que plaisir à l’anglaise. Gangsters crapuleux, sympathiques ou haïssables, toujours fascinants, humour verbal décalé au fort potentiel culte, principalement axé sur l’homosexualité (une manière pour le cinéaste d’alimenter l’ambiguïté autour de son éventuelle homophobie ?), montage élaboré avec des séquences de courses-poursuites effarantes, une bande-son énergétique digne d’un Red Bull de fin de soirée, une femme fatale manipulatrice incarnée à la perfection par la troublante Thandie Newton, et évidemment les intrigues foisonnantes qui finissent par se rencontrer... Le nouveau Guy Ritchie carbure et devient un instantané de classique. Mais pour que le plaisir soit total, il reste néanmoins au mari de Madonna à réprimer sa suffisance artistique. Vu le talent du bonhomme, on peut lui faire confiance. Après l’imbuvable Revolver, il semble avoir trouvé le chemin de la rédemption, commerciale notamment, puisque Rock’NRrolla s’est arrogé la première place du box office britannique. Méritée, cela va sans dire.


Par puremorning
Rock’n’rolla est une pure merveille : drôle, dynamique, casting impeccable, on reconnaît bien là la griffe de Mr Guy Ritchie, tant sous estimé par la critique (depuis son mariage avec Madonna ?). Enfin passons le côté "people" et n’oublions pas que Guy Ritchie est un réalisateur inventif et ingénieux. Mis à part "à la dérive" (je ne qualifie pas "Revolver" de navet au contraire) il a un parcours sans faute. On suit ici une bande de truands (sujet cher à guy Ritchie) de Lenny au trio Mr One two, Mumbles et Handsome Bob (à voir : la scène où à la veille de son entreé en (...)
Par roger w
Après deux navets pur jus, dont l’horripilant "revolver", Guy Ritchie revient avec une recette éprouvée : celle du film de gangsters à la Tarantino avec un script emberlificoté et une réalisation clinquante histoire de faire oublier le vide de son cinéma. Malgré tout, ce "rock n’rolla" assure le divertissement grâce à un rythme soutenu, une BO pêchue et des acteurs sympas. Un moment de fun pas si désagréable.