Un ersatz de Taken aussi efficace, voire même plus, que son illustre prédécesseur. Les amateurs d’action non-stop vont apprécier l’exercice.
L’argument : La vie de Martin bascule après un accident de voiture : à sa sortie du coma, personne, pas même sa propre femme, ne le reconnaît. Il apprend qu’un autre homme a pris son identité et cherche à le tuer. Avec l’aide d’une jeune femme, Martin va tout mettre en oeuvre pour prouver qui il est.
Notre avis : Après le triomphe mondial de la production Luc Besson Taken (226M$ dans le monde, dont 145 aux USA pour une mise de départ de 25 bâtons !), Liam Neeson est devenu une vedette bankable du cinéma d’action malgré un âge avancé, plus de 55 balais s’il vous plaît. Il a enchaîné notamment avec Le choc des titans, L’agence tous risques ou encore Les trois prochains jours. Cet acteur de stature, qui peut s’enorgueillir de 30 ans de carrière éclectique et que l’on reverra cette année dans Very Bad Trip 2, se fait aujourd’hui de nouveau plaisir en étant la vedette à part entière d’un ersatz de Taken. On ne parlera pas ici de sous produit, puisque Sans identité est d’un niveau semblable, voire même supérieur dans certaines séquences, notamment les course-poursuites dans Berlin, complètement hallucinantes.
Comme son illustre prédécesseur, la trame repose entièrement sur les solides épaules du comédien britannique et sur ses exploits de destruction en plein coeur d’une capitale européenne. Ca tranche, bastonne, explose, cartonne, tout ça dans la grande tradition d’un cinéma d’action peu soucieux de la crédibilité. Toutefois avec Jaume Collet-Serra à la réalisation (Esther, La maison de cire), l’efficacité est optimale. Elle évite les prises de tête et l’on s’offusque peu des rebondissements énormes pour nous concentrer sur une forme de divertissement actif.
Coproduit par la France via StudioCanal et les Américains de Dark Castle Entertainment (qui aiment décidément beaucoup le cinéaste espagnol, puisqu’il s’agit de leur 3e collaboration), Sans identité ne se perd pas dans des travers nébuleux, mais déploie son intrigue de thriller d’espionnage de façon limpide et toujours captivante. Liam Neeson en professeur amnésique à la suite d’un impressionnant accident de taxi à Berlin perd son identité à son réveil à l’hôpital ; il se retrouve le week-end de Thanksgiving, donc quand son ambassade est fermée, seul, sans papiers, dans un macrocosme urbain étranger qui sied bien au dépaysement de son personnage. Le mystère sur qui il est et pourquoi tout le monde semble l’avoir oublié, à commencer par son épouse, soudainement mariée à un autre scientifique qui porte son nom, reste entier pendant une grande partie du film, nourrissant aisément l’intérêt du spectateur.
Logiquement, en nouveau paria de cette société qui ne donne le droit d’exister qu’à ceux qui ont une légitimité de papier, il rencontre sur son chemin un ancien membre de la Stasi qui vit reclus chez lui (clin d’oeil à La vie des autres ?), celui-ci, joué par l’excellent Bruno Ganz, va l’aider à percer les secrets qui l’enveloppent en utilisant ses connexions. Il va aussi trouver sur son chemin une clandestine de l’Est, incarnée par Diane Kruger, compagnon d’infortune involontaire au milieu des rafales de balles. On croit moins au personnage féminin un peu frêle qu’à la présence virile de Neeson, vraiment à l’aise dans le rôle trouble et antagonique de victime héroïque qui pourrait bien dissimuler un sombre passé.
Bref, pour ceux qui ont adhéré aux principes logistiques de Taken, foncez, c’est tout aussi bien foutu que le polar de Pierre Morel, voire bien plus gonflé au niveau de l’action. Le film pourrait même se démarquer au box-office. En tout cas, on le lui souhaite, surtout après l’échec du peu concluant From Paris with love, il y a pile poil un an, qui pour le coup était à des années lumière des dernières frasques européennes, bien plus fréquentables, de Liam Neeson.
La bande-annonce : ICI
