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Sherlock Holmes, Jeu d’ombres - la critique

Moriarty aura ta peau

Un spectacle total, parfaitement jubilatoire et même supérieur au premier volet !

L’argument : Sherlock Holmes a toujours été réputé pour être l’homme à l’esprit le plus affûté de son époque. Jusqu’au jour où le redoutable professeur James Moriarty, criminel d’une puissance intellectuelle comparable à celle du célèbre détective, fait son entrée en scène… Il a même sans doute un net avantage sur Holmes car il met non seulement son intelligence au service de noirs desseins, mais il est totalement dépourvu de sens moral. Partout dans le monde, la presse s’enflamme : on apprend ainsi qu’en Inde un magnat du coton est ruiné par un scandale, ou qu’en Chine un trafiquant d’opium est décédé, en apparence, d’une overdose, ou encore que des attentats se sont produits à Strasbourg et à Vienne et qu’aux Etats-Unis, un baron de l’acier vient de mourir…
Personne ne voit le lien entre ces événements qui semblent sans rapport, hormis le grand Sherlock Holmes qui y discerne la même volonté maléfique de semer la mort et la destruction. Et ces crimes portent tous la marque du sinistre Moriarty. Tandis que leur enquête les mène en France, en Allemagne et en Suisse, Holmes et Watson prennent de plus en plus de risques. Mais Moriarty a systématiquement un coup d’avance et semble tout près d’atteindre son objectif. S’il y parvient, non seulement sa fortune et son pouvoir seront sans limite, mais le cours de l’Histoire pourrait bien en être changé à jamais…

Notre avis : Voilà une suite qui fait plaisir ! A l’image de Mission : Impossible, Protocole fantôme, le nouveau Sherlock Holmes joue la carte du divertissement total avec un second degré jubilatoire ! On avait été tous surpris du triomphe du très sympathique exercice de dépoussiérage du personnage de Arthur Conan Doyle par Guy Ritchie. Le cinéaste qui n’était plus que l’ombre de lui-même après A la dérive et Revolver y avait réussi un joli travail de réinterprétation hollywoodienne d’une époque, celle de la révolution industrielle britannique, tout en gardant la quintessence des ouvrages de Doyle, avec de l’action et un humour débridés en plus.
La suite, qui a cartonné à Noël aux USA (plus de 170M$ en 5 semaines), va encore plus loin dans l’esprit cartoonesque. Avec des déguisements loufoques, des gadgets dignes de James Bond, des invraisemblances physiques qui rendent Sherlock totalement invulnérable... on est bien là face au même super héros que celui de la série des 007 ou des Mission : Impossible, le jeu allumé de Robert Downey Jr. en plus.
Si le premier film revisitait le Londres mythique du XIXe siècle, le nouvel épisode nous conduit vers une succession d’épisodes aux décors grandioses. Un train fou qui fonce en direction de Brighton est l’occasion de péripéties ferroviaires hilarantes, comme quand Sherlock se débarrasse de la femme fraîchement épousée de Watson, en la jetant du train en marche, du haut de la structure d’un pont, avec une violence burlesque qui frise le grand n’importe quoi assumé... On file ensuite à Paris ; la capitale est entièrement revisitée, à l’image du Londres du premier volet. Elle offre des images fantasmées d’une autre époque (on aperçoit cette fois-ci la construction du Sacré Coeur) et tient un rôle crucial dans une intrigue complexe qui nous conduit également en Italie, en Allemagne et en Suisse pour un final qui ressemble étrangement à celui de Johnny English 2, avec des décors gothiques bien plus élaborés et un sens de la démesure inhérent à Guy Ritchie.
Au centre de cette intrigue, on retrouve le légendaire Professeur Moriarty. Le double machiavélique de Sherlock Holmes qui était évoqué à la fin du premier film, est ici à l’origine d’un enchaînement épique de manigances dont le seul but est de générer un conflit mondial. Les résonances historiques sont utilisées efficacement, sans alourdir la dynamique agitée du film ou sans lui conférer des intentions qui dépasse le divertissement. Guy Ritchie veut frapper fort dans le blockbuster d’action et parvient à mettre en scène des moments intenses (la course poursuite aux relents de Matrix dans la forêt) qui donnent une vraie empreinte à son travail. Et puis quelle meilleure fin que celle choisie pour clôturer le métrage. Spectaculaire et radicale. Arthur Conan Doyle l’avait osée sur le tard, Guy Ritchie, lui, nous l’a réservée dès le deuxième numéro. Qu’il ne s’arrête pas là pour autant. On est prêt à le suivre pour une Mission : Impossible 3. Pour 2014 ? A suivre au prochain numéro.

Frédéric Mignard

Biographie

Bio : Guy Ritchie

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