Accueil > Les réalisateurs > C > Chabat, Alain > Sur la piste du Marsupilami - la critique

Sur la piste du Marsupilami - la critique

Chabat et Jamel sur la piste d’Indiana Jones

Acheter sur Priceminister

Sympathique et généreuse, la dernière comédie d’Alain Chabat sacrifie parfois le bon goût à l’humour potache, mais fait mouche lorsqu’elle renoue avec l’esprit décalé de ses précédents films.

L’argument : Quand Dan Geraldo, reporter en quête de scoop, arrive en Palombie, il ne se doute pas qu’il va faire la plus incroyable des découvertes… Avec Pablito, guide local plein de ressources, ils vont aller de surprise en surprise au cours d’une aventure trépidante et surtout révéler une nouvelle extraordinaire : Le Marsupilami, animal mythique et facétieux, existe vraiment !

Notre avis : Comment adapter à l’écran une BD lorsque celle-ci met en scène des personnages extraordinaires ? L’an dernier, cette question problématique nous avait valu une réponse peu convaincante : c’étaient Les Schtroumpfs, avec leur matraquage de voix puériles et leurs effets spéciaux grand-guignolesques. Bonne nouvelle en 2012, alors qu’une Apocalypse annoncée de longue date semble faire rage et que l’esprit catastrophiste règne partout (ce qui donne lieu dans le film à une séquence d’animation hilarante), Alain Chabat, qui avait déjà fait une démonstration plutôt réussie de son humour décalé avec Mission Cléopatre, s’attaque à nouveau à un classique de la BD.

La formule est la même : l’esprit des Nuls, de la parodie, des effets spéciaux. De bout en bout, Sur la piste du Marsupilami distille un humour décalé qui tient en bonne part à l’usage parcimonieux que fait Chabat des anachronismes. Dans cette Palombie baroque où toutes les époques se mêlent joyeusement, et qui ressemble à une imitation de Disneyland en décors carton-pâte tout droit surgis d’Indiana Jones, les personnages s’habillent en style rétro mais Céline Dion est une véritable célébrité. Ce mélange de références, associé au sens de la parodie Made in Nuls – une grande marque de cosmétiques, qui fait accessoirement sa publicité, est gentiment moquée de part et d’autre du film - donnent lieu à une œuvre drôle, qui se veut à la fois un hommage épique aux films d’aventure et une comédie très ancrée dans la réalité, puisqu’elle prend pour prétexte un reportage que doit effectuer Dan Geraldo afin de rester à l’antenne de la chaîne V8 où son émission menace d’être supprimée.

Chabat, qui réalise une comédie populaire sans populisme, s’offre même le luxe d’une petite critique pêle-mêle des médias, du braconnage et de la soif de pouvoir, chaque aspect étant évidemment survolé et traité avec légèreté, dans un esprit "clin d’oeil", mais suffisamment pour qu’un public peu amateur de comédies franchouillardes et régionalistes se retrouve dans cet univers où l’esprit critique a sa place, fût-ce au quarante-septième degré.

Il y a bien sûr des choses à jeter dans ce melting-pot de registres, par exemple des numéros de danse assez longs et pas toujours (voire pas du tout) drôles. On regrette également que le film se termine sur une apothéose de potache qui nuit un peu au relatif bon goût de l’ensemble. Mais au final, Sur la piste du Marsupilami réussit le pari d’une comédie personnelle, rassembleuse et pas racoleuse, bref d’un divertissement enjoué qui ne nuit pas à l’intelligence. Et qui confirme le talent de Chabat, figure iconoclaste d’un cinéma qu’on croyait qu’il ne ferait pas rire, mais qui n’en finit pas de faire mouche.

Jean-Patrick Géraud




Articles liés

Alain Chabat

Lambert Wilson

Jamel Debbouze

Patrick Timsit

Les avis des internautes

 

Sur la piste du Marsupilami - la critique

Par Frédéric Mignard

Une fantaisie d’aventure à la française parfaitement potable plus proche du sympathique RRRrrr pour le burlesque assumé par Chabat, toujours drôle, que d’Amazone de Philippe de Broca ou du Jaguar de Veber.

>> Lire la suite

 

Sur la piste du Marsupilami - la critique

Par Frédéric de Vençay

Chabat en petite forme pour cette épopée qui lorgne davantage du côté de "RRRrrr !" (comique potache, tentative d’exotisme) que de "Mission Cléopâtre". Les références de comédie d’aventure à l’américaine ne jouent pas vraiment en faveur du film. Après un début poussif, qui laissait craindre un monopole du médiocre, la comédie décolle un brin et distille quelques gags et dialogues gentiment absurdes, dans la tradition chabatienne. L’ensemble reste tout de même assez enfantin, trop pour ne pas décevoir les irréductibles de l’humour Nul. Mentions spéciales, (...)

>> Lire la suite

Votre avis