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The gamekeeper - la critique

Chasse gardée

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- Durée : 1h24mn

Un des films les plus faibles de Ken Loach qui oublie ici toute trame narrative au profit d’une approche documentaire, certes intéressante, mais un brin ennuyeuse. Vite vu, vite oublié.

L’argument : Un an dans la vie de George Purse, ouvrier qui a quitté la ville pour s’installer à la campagne avec sa femme et ses enfants, car il a été engagé comme garde-chasse, chargé de surveiller la propriété d’un Lord.

Notre avis : Souhaitant sans doute retrouver un univers proche de son plus beau film des années 60, à savoir le pastoral Kes (1969), Ken Loach adapte au début des années 80 un roman de Barry Hines qui retrace une année dans la vie d’un garde-chasse. Ambiance bucolique donc pour ce nouvel opus de Loach qui, à l’aide de la superbe photographie de Chris Menges, signe bon nombre de tableaux esthétiques ayant pour sujet principal la campagne anglaise. Toujours proche du documentaire, le cinéaste décrit avec force détail le quotidien de ces hommes qui passent leur vie au service des puissants. Ainsi, les différences sociales sont au coeur d’un métrage où chaque acte du garde-chasse est déterminé par des lois ancestrales à l’avantage des nantis. D’ailleurs, le personnage principal s’y soumet volontiers et empêche toute intrusion dans une propriété qui n’est pourtant pas la sienne. Victime consentante d’un système fondé sur l’inégalité sociale, cet anti-héros n’apparaît pas foncièrement sympathique au spectateur et aucune empathie n’est réellement possible envers cet individu résigné, en qui n’émerge jamais la moindre conscience politique.
Dénué du moindre rebondissement ou d’une quelconque progression narrative, The gamekeeper laisse de marbre et se révèle rapidement n’être qu’une simple tranche de vie, sans autre prétention que celle de montrer une situation sans lui apporter un point de vue pertinent. Dès lors, entre deux parties de chasse avec Monsieur le duc et quelques séquences familiales intéressantes, le spectateur s’ennuie ferme. D’autant que certaines maladresses stylistiques sont encore bien présentes, tels ces regards-caméra de certains acteurs non professionnels ou encore les rires peu naturels de certains enfants qui gâchent la spontanéité tant recherchée par le réalisateur. Considérée à juste titre comme une oeuvre mineure dans une filmographie aussi riche qu’exceptionnelle, The gamekeeper est bel et bien une déception, surtout si on le compare à la réussite majeure que fut Kes en son temps.

Virgile Dumez


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