Moins immédiatement séduisant que les autres Fincher, Zodiac ressemble à une réponse discrètement provocatrice envers ceux qui ont toujours critiqué le style moderne du réalisateur. L’anti-Se7en, l’anti-Fight Club, l’anti-Fincher. L’antéchrist, en somme.
L’argument : De 1966 à 1978, l’histoire de trois individus déterminés à mettre un terme aux agissements du Zodiac killer, un tueur en série responsable de la mort de trente-sept personnes à San Francisco.
Notre avis : En apparence, on pourrait se croire en face du nouveau Se7en et se réjouir de la noirceur retrouvée d’un réalisateur après l’expérience mineure de Panic room. Or, à l’écran, c’en est l’antithèse absolue. Ce renouvellement peut être vu comme une réponse à ceux qui ont toujours taxé son cinéma de pernicieux, creux, spectaculaire ou manipulateur. Même si des traces de cruauté sont visibles à l’œil nu, Zodiac baigne dans un climat d’innocence en contrepoint au coup de poing dans la tronche tant redouté et surtout au modernisme cynique qu’on reproche tant à Fincher. C’est une manière de prouver qu’il est capable de faire autre chose et de le faire bien.
Pendant presque trois heures, Zodiac ne fera que détailler une affaire d’obsession travaillant au corps et à l’esprit trois personnages aux personnalités distinctes : un flic intrépide (Mark Ruffalo), un journaliste malin (Robert Downey Jr.) et un dessinateur lunaire (Jake Gyllenhaal). Les liens tantôt solides tantôt défaits qui se tissent entre ces trois personnages principaux sont passionnants même si chacun préfère agir individuellement dans la plupart des cas. Contrairement aux autres opus de Fincher, Zodiac ne propose pas de révélation finale qui invite le spectateur à voir le film à répétition. Pour combler cette absence, il privilégie une dimension quasi documentaire, justifiant en partie la rigueur du scénario. Mais les scènes de meurtre, rares et impressionnantes, suffisent à installer une tension durable.
Ce qui intéresse Fincher, c’est le constat d’un échec : la vie sentimentale, professionnelle et familiale de trois hommes sera bouleversée. La structure narrative est très proche des enquêtes policières des années 70 avec des personnages très travaillés qui se transmettent une paranoïa, un frisson, une obsession. En entrant dans ce divin tumulte, le spectateur ne peut que louer le pari fou de cette entreprise anti-commerciale, aussi incisive que précieuse dans son exhaustivité maladive. Beau travail.
Le DVD
Pour patienter avant le director’s cut prévu pour 2008, une édition mineure pour les impatients qui veulent le film et rien que le film.
Les suppléments
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Bide américain, succès français, Zodiac n’a pas laissé indifférent et peut se targuer d’avoir d’ores et déjà un fort potentiel de film culte, illustrant une fois de plus la cohérence remarquable de son formidable auteur. Avant les fêtes, Warner nous en propose une édition de circonstance. Un petit fourreau reprenant l’hideux design de l’affiche cinéma, le métrage présenté dans des conditions techniques appréciables et un making-of consistant de 27 minutes - un vrai de vrai, pas une featurette promotionnelle - comme seul bonus (si l’on oublie les bandes annonces, dont celle du director’s cut !). Un menu fort maigre que l’on conseillera aux puristes, ceux qui veulent absolument revoir la version salle ou au spectateur lambda qui ne regarde de toute façon jamais les suppléments. Ceux qui en veulent plus, attendront l’édition étoffée du prochain DVD, prévue pour début 2008.
Image & son
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Image radieuse rendant un hommage impeccable au piqué des films des années 60, dans les teintes et les couleurs. Elle est cependant un tantinet sombre. Le son 5.1 ne présente aucun défaut jouant des enceintes quand il le faut, sans faire dans l’esbroufe.
L’électron libre de la production hollywoodienne actuelle.
Par Norman06
Bon thriller, captivant et bien photographié. La surcharge du scénario et des dialogues nuit quelque peu à l’efficacité mais les séquences de meurtres sont un modèle du genre.
Par bbjj83
Très très bon film. Il y a quelques scènes un peu sanglantes à mon goût mais sinon tout le reste du film est très bien ficelé !! On se laisse prendre dans l’enquête qui a ce jour n’est toujours pas résolu. Les acteurs sont parfaits. Robert Downey Jr en très grande forme. Jake Gyllenhaal ,dans un registre bien différent du ’secret de Brokeback mountain", est parfait et par moment inquiétant... J’espère que ce film récoltera un prix au festival de (...)