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2012 - la critique

Le grand déluge d’effets spéciaux est arrivé

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Note moyenne des internautes :

Emmerich restera toujours Emmerich, pour le meilleur, déluges d’effets spéciaux époustouflants, et le pire, mièvrerie et rebondissements abrutissants. Mais dans le film catastrophe, il signe là le parangon d’un genre, une œuvre démesurée, parfaitement fun et surtout réellement impressionnante.

L’argument : Les Mayas, l’une des plus fascinantes civilisations que la Terre ait portées, nous ont transmis une prophétie : leur calendrier prend fin en 2012, et notre monde aussi. Depuis, les astrologues l’ont confirmé, les numérologues l’ont prédit, les géophysiciens trouvent cela dangereusement plausible, et même les experts scientifiques gouvernementaux finissent par arriver à cette terrifiante conclusion. La prophétie maya a été examinée, discutée, minutieusement analysée. En 2012, nous saurons tous si elle est vraie, mais quelques-uns auront été prévenus depuis longtemps...
Lorsque les plaques tectoniques se mettent à glisser, provoquant de multiples séismes et détruisant Los Angeles au passage, Jackson Curtis, romancier, et sa famille se jettent à corps perdu, comme des millions d’individus, dans un voyage désespéré. Tous ne pourront pas être sauvés...

Notre avis : Après l’échec monumental de 10.000, un nanar d’aventures préhistoriques oublié par tous, sauf par Warner à qui cette bévue doit encore laisser un sale goût dans la bouche, Roland Emmerich se devait de revenir à ses premières amours et aussi à ses seuls vrais succès : les destructions massives. L’inépuisable casseur de pierre, qui fantasme de détruire l’humanité depuis plus de 13 ans pour amasser un maximum de gains rempile donc à nouveau pour raviver nos peurs antédiluviennes d’apocalypse. Mais voilà, l’auteur de Independence day, Godzilla et Le jour d’après, a décidé d’aller plus loin dans le balayage de building, l’explosion de monuments historiques et la frénésie humaine dans les grands centres urbains, il s’est tout simplement mis en tête d’éradiquer le monde tel que nous le connaissons, en jouant avec la tectonique des plaques. Bref, fini le Pôle Nord sur le toit du monde, désormais le Wisconsin trônera à sa place ! Et en deux jours s’il vous plaît !

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Copyright Sony Pictures Entertainment

Autant de bouleversements géologiques sur notre bonne vieille planète bleue ne pouvaient pas passer inaperçus. Engloutissement de continents, raz-de-marée de 1.000 mètres d’altitude, éruptions volcaniques, fêlures terrestres... Emmerich a décidé, en un seul et même film (de 2h40 tout de même, qui passent comme une lettre à la poste) de combiner tous les postulats des grandes productions de ce type de ces dernières années. Aussi, en allant voir 2012, année de la fin du monde déterminée par les Mayas, le spectateur verra l’essentiel du Jour d’après, de Poséidon, de Turbulences à 30.000 pieds, de Twister, ou encore Le Pic de Dante et Independence day.
Le cinéaste aidé par des renforts technologiques tout simplement monstrueux, explose tous ses prédécesseurs qui paraîtront désormais bien chiches en comparaison. Le grabuge est gargantuesque, dévoilé avec une précision spectaculaire... La destruction de Los Angeles, dont on a eu un avant-goût promotionnel sur le net, est un sommet de détails qui nécessitera bien le ralenti en haute définition pour profiter pleinement des montagnes d’éléments qui (se dé)composent (à) l’écran. Les mauvaises langues qui pensent que l’essentiel se trouve dans la bande-annonce se feront une raison, Emmerich ne s’arrête pas à la destruction époustouflante de la Californie. Des scènes d’envergure à Yellowstone (USA), en Italie, à Hawaï, ou au sommet de l’Everest viendront nourrir un suspense concret. 2012 sait aussi être palpitant, au-delà même de l’esbroufe technologique.

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Alors parangon du genre rime-t-il avec chef d’œuvre tout court ? Loin de là... Si l’œuvre d’Emmerich est un blockbuster d’une force visuelle à couper le souffle, si, de surcroît, le bonhomme ose introduire quelques notes d’humour bien placées, ainsi que quelques cadavres au sol pour taire les commentaires désastreux sur l’absence de restes humains dans les décombres d’Independence Day, il n’en demeure pas moins un auteur cohérent avec lui-même. A l’instar de Michael Bay, inlassable bourrin qui n’a que faire des critiques, le réalisateur allemand ne sera jamais James Cameron pour la subtilité et ne nous pond donc pas son Titanic pour autant. Son entêtement lourd à vouloir sauver du chien, son obsession pour les histoires de famille gluantes, son inclination névrotique pour les coïncidences ridicules, le recours pathétique à l’onomastique et à la symbolique religieuses (le fils du héros s’appelle Noah, et tout le monde, du moins ce qu’il en reste, finit sur une arche à la fin) et surtout son incapacité à achever les gentils héros pour ne pas trop faire pleurer son public, rend le bonhomme toujours aussi obsolète en cette ère de cynisme et de pessimisme post-11 septembre. Plus que jamais Emmerich reste attaché aux années 90 qui ont fait sa gloire. On appréciera toutefois la portée sociale de son film, avec une tentative, tout de même bien lourde (on parle d’Emmerich, là !), de réfléchir sur les inégalités de survie entre les riches (certains, une belle brochette de pourris qui chercheront toutefois la rédemption) et les pauvres (ou du moins les moins nantis) qui n’auront pas les moyens de se payer une place à un milliard de dollars sur le vaisseau affrété par les états unis du monde.
On notera que cette histoire d’arche contemporaine sur laquelle on embarque en priorité les puissants et un échantillon de la faune terrestre, cela a déjà été traité, de façon assez similaire dans le clip de A-hA, Forever not yours. Pour mémoire l’une des meilleures vidéos de la décennie dont les auteurs pourraient crier au plagiat ! A découvrir en complément de 2012.

Frédéric Mignard


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