Accueil > Les réalisateurs > T > Tarantino, Quentin > Boulevard de la mort - un film Grindhouse / la critique

Boulevard de la mort - un film Grindhouse / la critique

Sunset boulevard

Acheter sur Priceminister
Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h45mn
- Titre original : Grindhouse : Death proof

Un plaisir coupable digne du cinéma sauvage et libre dont il se revendique. Jouissif, d’un bout à l’autre.

L’argument : Death proof, le premier segment du dyptique déjanté Grindhouse réalisé par Quentin Tarantino : un psychopathe nommé Stuntman Mike tue des femmes avec sa voiture.

Notre avis : Il y a quelques années, Tarantino a crée chez Miramax le label Rolling Thunder pour ressortir en salles quelques perles de la sous-culture. Grindhouse, terme qui servait à désigner les drive-in américains, peut être vu comme l’aboutissement de cette volonté de rendre cette sous-culture accessible au plus grand nombre en vantant la coolitude. Si pour sa sortie européenne le projet Grindhouse est fragmenté en deux films (la seconde partie réalisée par Robert Rodriguez sortira plus tard), le segment de Tarantino est lui-même divisé en deux parties distinctes liées par un seul personnage, celui du tueur incarné par un Kurt Russell revenu de tout. Dans ce road-movie qui carbure dans le sillage de Duel et Hitcher, il n’est pas utile de désosser les hommages ou de connaître les références de tout un pan de cinéma seventies pour apprécier le voyage psychédélique à sa juste valeur. Tarantino ne se contente pas de faire dans le recyclage. Avec son sens de l’humour tordu et du détail maniaque, il apporte dans cet objet référentiel une touche personnelle qui se traduit par la présence de ses deux grandes obsessions : les pieds féminins (répétés depuis Pulp fiction) et les voitures américaines (depuis Reservoir Dogs).
La grande scène de la collision située en plein milieu du récit, montrée du point de vue des quatre victimes, est un moment de cinéma virtuose. Il suffit au cinéaste d’amplifier l’horreur en la répétant avec force ou de l’annoncer en se focalisant sur une jambe à travers une fenêtre pour marquer l’intensité. Ce climax percutant remplace la scène de viol de Rape and revenge comme La dernière maison sur la gauche, de Wes Craven ou I spit on your grave, de Zehr Marchi. De même qu’on s’évoque Brian De Palma pour les deux histoires qui s’entrechoquent en donnant une nouvelle perspective au récit (Pulsions). Dans le look (vêtements, coiffures), les personnages féminins (au nombre de huit, si on exclut la première victime) renvoient à des icônes seventies du genre Faster Pussycat, kill kill !, même si elles n’ont pas les opulences mammaires chéries par Russ Meyer.
Certains éléments sont volontairement discordants pour créer un décalage entre le style seventies et le monde actuel. Les personnages utilisent par exemple leur téléphone portable pour communiquer entre eux, trahissant ainsi les repères temporels. A la manière de ses personnages, Tarantino tente de faire comme s’il avait réalisé son film dans les années 70 mais parsème suffisamment d’indices et de clés pour qu’on déniche la supercherie. En contrepartie, les conversations excessivement nombreuses sont filmées en travellings latéraux ou circulaires et déterminent les psychologies de personnages féminins qui ne cherchent pas les meilleurs morceaux de Madonna (Reservoir Dogs). Le fait que la première protagoniste, jolie black entre Laura Gemser et Pam Grier dans les pittoresques années 70, à la fois arrogante et sexy, anime une émission de radio en star locale est à mettre en relation avec l’animateur radio dans Point limite zéro [1], film nommément cité dans ce segment de Tarantino. S’il y avait une référence à dénicher, ce serait celle-ci tant elle justifie l’époustouflante scène finale de course-poursuite. C’est un moment de bravoure équivalent à la longue scène de tuerie de la House of Blue Leaves dans Kill Bill 1 qui devrait rester dans les mémoires.

Romain Le Vern

[1] Vanishing point de Richard C. Safarian, 1971



Biographie

Quentin Tarantino, un homme d’horreur

En neuf longs métrages, il n’a cessé de renouveler sa palette.

Lire la suite

Les avis des internautes

 

> Boulevard de la mort - un film Grindhouse

Par Norman06

Mineur dans la brillante filmographie de Tarantino, ce divertissement souffre de deux interminables dialogues sans intérêt mais les deux poursuites en voitures compensent avec des séquences qui feront date dans le cinéma !

>> Lire la suite

 

Du grand Art !

Par lamazelle

On sort de ce film avec la sensation d’un plaisir intense ! Comme toujours chez Tarantino, les ingrédients sont soigneusement choisis, la technique est maîtrisée, les références évidentes intelligemment utilisées.... Cela donne un cocktail d’humour unique et décapant. De l’émotion pure !

>> Lire la suite

Votre avis