Durée : 1h55mn
Titre original : The hoax
Une arnaque de haute volée pour un divertissement honnête, mais desservi par une réalisation impersonnelle.
L’argument : En 1971, Clifford Irving devint l’homme le plus célèbre de son temps pour avoir accompli un exploit extraordinaire. Alors que tout le monde en rêvait sans jamais y parvenir, ce modeste auteur avait obtenu les confidences du multimilliardaire Howard Hughes, qui vivait reclus après une vie d’excentricités. Tout à coup, le géant du cinéma et de l’aviation, ce séducteur désormais enfermé chez lui sans aucun contact avec l’extérieur, avait livré les secrets de sa vie. Le document était à la mesure de la légende de Hughes et les éditeurs se déchaînèrent pour s’offrir le manuscrit. Irving récolta richesse et renommée. Le seul problème, c’est qu’il n’avait même jamais rencontré Hughes et qu’il avait tout inventé...
Notre avis : Sur les traces du Arrête-moi si tu peux (2003) de Steven Spielberg, le cinéaste Lasse Hallström, artisan diversement inspiré à la solde de la firme Miramax, conte l’histoire incroyable mais vraie de cet homme qui trompa l’Amérique entière grâce à un gigantesque coup de bluff. Se servant du mystère entourant le milliardaire Howard Hugues, Clifford Irving, écrivain peu inspiré, monta toute une escroquerie lui permettant de devenir riche et célèbre. Cette affaire a même eu des répercussions au plus haut niveau puisque le président Richard Nixon s’est trouvé impliqué dans cet imbroglio. Tout le talent des scénaristes réside dans le fait d’avoir suivi à la lettre cette histoire rocambolesque se fondant sur une seule théorie : plus le mensonge est énorme, plus il est crédible. Or, ce sont des couleuvres que ce sympathique mytho leur a fait avaler.
Ce menteur invétéré est brillamment interprété par Richard Gere dont on n’attendait plus grand chose depuis fort longtemps : il est épatant et réalise sa plus belle performance depuis une bonne vingtaine d’années. Alfred Molina lui donne avantageusement la réplique et tous deux composent un duo d’amis à la fois truculent et touchant. Malheureusement, là où Steven Spielberg avait réussi à insuffler à sa course à l’arnaqueur un punch salvateur, Lasse Hallström s’est contenté de suivre son plan de travail pas à pas et d’emballer son affaire sans grand génie. Ainsi, on a bien du mal à déceler la moindre idée de réalisation dans ce divertissement sans originalité. Totalement impersonnel, Faussaire reste un excellent moyen de se replonger dans la paranoïa grandissante des années 70, tout en suivant les rebondissements d’une affaire vraiment étonnante. Ce n’est déjà pas si mal.