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L’aigle de la Neuvième Légion - la critique

Channing Tatum à la recherche de l’aigle perdu

Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h55mn
- Titre original : The Eagle

Un récit historique, épique et sauvage dans une Ecosse terrifiante, marqué par la réalisation puissante de Kevin Macdonald, l’auteur du Dernier roi d’Ecosse, et le jeu viril d’un Channing Tatum enfin convaincant !

L’argument : En 140 après J.-C., l’Empire romain s’étend jusqu’à l’actuelle Angleterre. Marcus Aquila, un jeune centurion, est bien décidé à restaurer l’honneur de son père, disparu mystérieusement vingt ans plus tôt avec la Neuvième Légion qu’il commandait dans le nord de l’île. On ne retrouva rien, ni des 5000 hommes, ni de leur emblème, un Aigle d’or. Après ce drame, l’empereur Hadrien ordonna la construction d’un mur pour séparer le nord, aux mains de tribus insoumises, du reste du territoire. Pour les Romains, le mur d’Hadrien devint une frontière, l’extrême limite du monde connu. Apprenant par une rumeur que l’Aigle d’or aurait été vu dans un temple tribal des terres du nord, Marcus décide de s’y rendre avec Esca, son esclave. Mais au-delà du mur d’Hadrien, dans les contrées inconnues et sauvages, difficile de savoir qui est à la merci de l’autre, et de révélations en découvertes, Marcus va devoir affronter les plus redoutables dangers pour avoir une chance de trouver la vérité...

Notre avis : Après le Centurion de Neil Marshall, intrinsèquement plus bis, voici un nouvel effort Britannique pour revisiter une page de l’histoire nationale, à l’époque des Romains et de leur tentative ratée d’envahir les contrées du nord de la Bretagne, communément appelée aujourd’hui l’Ecosse.
Dans un effort de réalisme inhérent à la production locale, les images de L’aigle de la Neuvième Légion ne sont pas belles, s’affirmant dans la crasse et une photographie volontairement terne. Le producteur Duncan Kenworthy, qui porte ce projet depuis plus de 18 ans, ne voulait pas d’un Gladiator aux effets esthétiques appuyés qui auraient été en contradiction avec la vraisemblance historique d’une époque glorieuse en récit héroïques inscrits dans la peur et la barbarie.
Basé sur le best-seller de Rosemary Sutcliff (1954) qui a déjà été adapté en feuilleton radiophonique et en série de 6 épisodes dans les années 70, le film de Peter Macdonald (déjà réalisateur d’un Dernier roi d’Ecosse plus que respectable), reprend Centurion là où le Neil Marshall s’arrêtait. Le réalisateur de The descent racontait le massacre de la 9e Légion et l’échappée d’un général romain quand L’aigle, pour sa part, évoque les conséquences du massacre mystérieux de la Légion dont les Historiens s’accordent à dire qu’il provoqua l’érection par les Romains du Mur d’Hadrien pour empêcher les peuplades barbares du nord de l’île de redescendre pour les déstabiliser.
Macdonald se concentre donc sur la défaite et l’humiliation d’un empire calibré pour se battre et imposer sa démesure, sur l’incompréhension face à la déroute dont ils n’ont ni les tenants ni les aboutissements. Les Romains se sont-ils battu jusqu’au bout pour défendre l’honneur de l’Empereur Hadrien ? Ont-ils facilement abdiqué ? Les légendes d’aujourd’hui sont ici rumeurs, bruits de couloir, qui atteignent particulièrement le jeune commandant d’un fort situé dans le sud du Mur. Son nom est Marcus Aquila et son père, valeureux commandant, a disparu avec la Légion, devenant responsable d’une double opprobre national : l’échec de l’Empire face à des peuples considérés comme primitifs et la disparition de l’Aigle d’or, emblème romain. Le jeune homme va donc partir, convalescent à la suite d’un combat héroïque contre les Bretons du sud et par conséquent inutile désormais pour son armée, incognito, seul avec son esclave, au-delà du mur, dans les contrées sauvages et hostiles de Highlands, récupérer l’Aigle glorieux, et restaurer ainsi l’honneur bafoué de son peuple.
Evidemment, dans ce récit épique, d’action costaude, Kevin MacDonald ne donne pas dans l’originalité, mais se distingue souvent dans sa perspicacité humaniste. L’homme, au coeur de ténèbres qui le dépassent, doit démolir toutes ses certitudes. Le Romain joué par l’efficace Channing Tatum, ici à l’aise dans l’action comme dans les retranchements psychologiques, apprend auprès de son esclave ambigu, excellent Jamie Bell, jadis un bien frêle Billy Elliot, à remettre en question ses affirmations ethnocentriques. Et si les Romains n’étaient, eux-mêmes, rien d’autres que de viles barbares, une mécanique de guerre agressive qui pillent, assassinent les pères, violent les mères et laissent les enfants orphelins ? Les pistes de réflexion sur l’absurdité de la guerre embellissent indéniablement les enjeux et confèrent au caractère belliqueux du film une dimension salvatrice, qui tend toutefois à disparaître quand les deux compagnons de route se retrouvent confrontés à la barbarie des Pictes. Au coeur d’un décor naturel unique et magnifique, composé de chaînes de montagnes vertigineuses, d’innombrables Glenn, lochs et forêts, les combats virent parfois au survival où le Romain est traqué comme un animal, pisté par des prédateurs passés maîtres sur ce territoire né et demeuré hostile.
Après des développements passionnants, il est sûrement dommage que L’aigle de la 9e Légion s’achève en belle parabole sur l’amitié et le courage alors que certaines pistes - réflexions sur les castes et l’absurdité de la violence - n’ont pas été explorées en profondeur. Peut-être parce qu’on s’attendait à une introspection malade et hallucinée dans les ténèbres du coeur de l’homme, similaire à celle d’un Apocalypse Now, L’aigle déçoit un peu, sans toutefois écorner notre capital de sympathie à son égard. Car au final, le dernier MacDonald est souvent un époustouflant spectacle d’aventure et d’action, prompt aux vertiges de mise en scène et aux émotions fortes, qui nous laisse pantois par son courage et sa capacité d’appropriation d’une nature sauvage, sans effets numériques déplacés. Faute d’être un grand film, L’aigle de la Neuvième Légion est un beau film, ce qui n’est pas anodin de nos jours.

Frédéric Mignard

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Les avis des internautes

 

> L’aigle de la Neuvième Légion - la critique

Par roger w

Malgré une fin cocardière un peu irritante, ce péplum a le mérite de présenter sous un jour assez réaliste une période historique encore empêtrée dans les clichés. A part une ou deux erreurs grossières, on peut être reconnaissant envers un cinéaste qui a pris la peine de se renseigner sur la période décrite. L’histoire, bien que trop linéaire, se suit avec plaisir. Et la réalisation est efficace.

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