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La source thermale d’Akitsu - la critique

Eros et Thanatos

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Note moyenne des internautes :

Sortie au Japon : 15 juin 1962

Dans un Japon défait propice à l’affrontement de pulsions de vie et de mort, Kiju Yoshida signe un film universel et intemporel sur le désir. Ce chef-d’œuvre inédit en France est à découvrir sans plus attendre à l’occasion de sa réédition en salles en copie neuve suivie de sa sortie DVD.

L’argument : 1945, la défaite est proche. Souffrant d’une pneumonie, Shûsaku Kawamoto suit les conseils d’une femme rencontrée par hasard, et se rend dans un onsen niché dans les montagnes. A l’hôtel d’Akitsu, il rencontre Shinko, une jeune fille vive et joyeuse. Alors que les médecins abandonnent Shûsaku à son sort, Shinko décide de veiller sur lui...

Notre avis : Considéré comme le chef de file de la nouvelle vague japonaise dans les années 1960, Kiju Yoshida est méconnu en France. La faute à une œuvre restée longtemps inédite exception faite de Femmes en miroir, le dernier film de Yoshida à ce jour sorti sur nos écrans en 2003. La rétrospective que consacre actuellement le Centre Pompidou au cinéaste permet de réparer cette erreur en découvrant un pan majeur du cinéma japonais, mais aussi du cinéma tout court. Outre sa présentation au sein de la rétrospective, La source thermale d’Akitsu bénéficie - de même que Eros + Massacre - d’une sortie quasi simultanée en salles et en DVD. Un traitement de faveur amplement mérité.
La source thermale d’Akitsu est d’une beauté plastique saisissante. Ici les teintes éclatantes des kimonos se conjuguent avec la magnificence du paysage qui au fil des saisons n’offre jamais le même profil. Festival de couleurs donc, mais aussi forte charge sensuelle portée à l’écran par une Mariko Okada éprise de liberté dont le visage mutin se reflète encore et encore dans une valse de miroirs. Pour la petite histoire, c’est au cours de ce film que l’actrice rencontra celui qu’elle épousa et dont elle deviendra la muse à onze reprises.
Dans l’amertume de la défaite, un homme et une femme sont liés par une entente muette. Un implicite qui prend tour à tour le visage de la vie à travers la recherche du plaisir, et de la mort à travers le sacrifice de soi et de l’être aimé. Avec l’arrivée de Shûsaku venu mourir à Akitsu, Shinko trouve enfin un but à sa vie : forcer cet homme hanté par la mort à vivre. Devant l’évidence de sa propre aliénation, Shinko a commis par cet acte l’irréparable. Autrefois si solide et insaisissable, elle devient alors cette silhouette pantelante qui se dérobe à l’écran, si semblable à celle que fut autrefois Shûsaku. Celui-ci, éloigné d’Akitsu, devient pour sa part un être cynique et détaché, maître d’un jeu sur lequel Shinko n’a plus prise. Rongée par l’attente, Shinko a cessé de vivre au présent. Tandis que la ronde des saisons donne le sentiment que pas plus d’une année ne s’écoule au total, le spectateur est alors forcé d’adopter le point de vue de Shinko pour qui le temps s’est bel et bien arrêté.
Pourtant ce mélodrame ne serait pas complet sans un troisième protagoniste de poids. Comme animée d’une force propre, la source d’Akitsu possède le pouvoir de vie et de mort sur ses habitants. À la fois juge et partie, la source guérisseuse suscite sans cesse le retour de Shûsaku tout en retenant auprès d’elle Shinko. Jusqu’à l’inéluctable...
Chronique d’une liaison entre l’amour et la mort, La source thermale d’Akitsu est aussi un magnifique cri de vie.

Clémentine Fullias


Biographie

Kiju Yoshida - notes biographiques

Quelques informations sur Kiju Yoshida.

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Les avis des internautes

 

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