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Le gladiateur du futur - la critique

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Kitsch et souvent ridicule, ce post-nuke italien est un spectacle indigent qui trouvera pourtant grâce aux yeux des amateurs de cinéma bis par la générosité de ses scènes d’action. A voir au second degré, bien entendu.

L’argument : New-York. A la suite d’une guerre nucléaire, des gladiateurs s’affrontent dans une arène et leurs exploits sont retransmis à la télévision. L’un d’eux, Shannon, est contacté par une femme qui lui demande de l’aider à sortir de la zone contaminée où elle est enfermée avec des amis.

Notre avis : Après les succès internationaux rencontrés par New York 1997, Les guerriers de la nuit et Mad Max 2, la mode du film post-apocalyptique (ou post-nuke) est lancée en ce début des années 80. Il n’en faut pas plus aux producteurs italiens pour dégainer une série de copies plus ou moins fauchées des gros films hollywoodiens. Rappelons que les nababs ritals vendaient d’abord un titre et une affiche, avant même que la moindre ligne ne soit écrite (qui a parlé de scénario ?). A charge pour les réalisateurs maison de livrer un produit calibré en un temps record à l’aide d’un budget ridicule par rapport aux ambitions affichées. Dans le genre du nanar bien faisandé, le post-nuke fait sans doute partie des sous-genres qui a accouché des pires rejetons. Généralement tournées dans des carrières proches de Rome ou dans des usines désaffectées, ces bandes risibles font peine à voir, notamment à cause du kitsch des costumes, de la ringardise des véhicules et de la nullité des acteurs conviés à la fête. Toutefois, au milieu de cet océan de médiocrité, on peut extirper quelques petits produits emballés avec un minimum de talent. Pour des dizaines de 2072, les mercenaires du futur (l’un des plus mauvais films de Lucio Fulci, 1984), on ne compte que quelques films regardables comme 2019, après la chute de New York (Sergio Martino, 1983) ou encore ce Gladiateur du futur.
Soyons clairs, nous ne parlons pas ici d’un bon film au sens classique du terme, mais bien d’un nanar décomplexé qui tente de fournir au spectateur un maximum d’action avec les (faibles) moyens du bord. Joe d’Amato est loin d’être un amateur, lui qui a débuté sa carrière comme assistant de Sergio Leone (on le sent dans la séquence de duel final) et qui a ensuite enchaîné les tournages de films érotiques et pornographiques à la vitesse d’un cheval au galop. Spécialisé dans le cinéma d’exploitation, le bonhomme sait emballer une séquence d’action, même si les moyens ne suivent pas. Dépourvu du moindre scénario, il comble cette absence manifeste par un nombre conséquent de scènes se voulant spectaculaires. On ne compte plus les bagarres, duels et autres confrontations entre motards qui alimentent tant bien que mal une projection rarement ennuyeuse. Lorsque l’action cesse, les dialogues écrits à la truelle déclenchent l’hilarité, notamment lorsque le cinéaste tente de faire passer un message pacifiste de la manière la plus maladroite possible. Autant dire que la métaphore sur le nazisme n’est pas légère (les forces de l’ordre noir ont des casques estampillés S.S. et les mutants en fuite ont des noms à consonances juives) et que le film frôle à de nombreuses reprises le pathétique (les écailles des hommes poissons, quand même !). Pillant tout ce qu’il peut (un peu de karaté par-ci, des baffes à la Bud Spencer par-là) et copiant sans vergogne le Rollerball de Jewison avant de s’engouffrer dans la brèche ouverte par La planète des singes, le cinéaste ne nous épargne aucun emprunt flagrant. Toutefois, tous les amateurs de bis doivent visionner ce post-nuke régressif, assez proche des films de Castellari. Il leur apportera son lot de scènes cultes.

Notes :

- Le film est sorti sur Paris le 9 mai 1984, soit le même jour que Les nouveaux barbares d’Enzo G. Castellari. Mais là où le long-métrage de Castellari a attiré 25 944 spectateurs durant sa première semaine d’exploitation, Le gladiateur du futur a stationné à 10 556 curieux. Au total, le premier conquis plus de 41.000 parisiens contre 21.000 pour le second.

Virgile Dumez


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