Durée : 1h30mn
Titre original : Saw IV
Une mauvaise sauce tomate au goût rance concoctée par les scénaristes de Feast. Le pire avatar de la "sawga" et de loin !
L’argument : Le Tueur au puzzle et sa protégée Amanda sont tenus pour morts. Malgré tout, ils parviennent encore à semer la terreur en kidnappant Rigg, un officier des SWAT, et en l’introduisant de force dans un de leurs horribles jeux. Assisté de deux profilers du FBI, les agents Strahm et Perez, l’inspecteur Hoffman ne dispose que de 90 minutes pour surmonter les terribles épreuves du fameux Tueur et ainsi sauver son vieil ami d’une mort certaine.
Notre avis : La trilogie Saw n’était pas franchement faite pour plaire aux critiques. Mise en scène de pacotille, ultra violence gratuite, effets faciles... A peu près tous les journalistes lui sont tombés dessus en épargnant plus ou moins l’ingénieux premier volet. Le public, lui, a acclamé la série, faisant de chaque nouveau chapitre un succès toujours plus impressionnant. Avec du recul, on peut effectivement accorder à cette série, franche du collier, jusqu’au-boutiste et implacable, son lot de qualités. La principale étant une grande intégrité et une cohérence narrative qui pouvaient forcer l’admiration. La seule devise des auteurs étant d’aller toujours plus loin dans l’horreur viscérale sans brader les effets de surprise. Bref, du pur cinéma de genre, complètement anachronique et furieux, qui refusait obstinément de s’embourgeoiser. Parions que ce quatrième volet mettra tout le monde, spectateurs et critiques, d’accord sur un point : Saw 4 n’était pas à faire et désormais le glas de la saga a sonné !
La conclusion du trois, on ne peut plus fermée, avait le mérite d’être claire et sans concession. Tout le monde y passait. Du tueur au puzzle, à sa complice Amanda, jusqu’aux dernières victimes, femmes et enfant. L’occasion de clôturer magistralement trois triomphes en gardant la tête haute. Malheureusement, les producteurs ont voulu aller plus loin encore dans l’exploitation du filon en sortant de derrière les fagots un quatrième opus qui vraiment ne s’imposait pas. Et on était pourtant partants, il faut bien l’avouer, curieux de voir ce qu’ils allaient bien pouvoir écrire d’original. Or, face à ce que nous ont concocté les nouveaux scénaristes (de faux malins qui n’avaient déjà guère brillé avec Feast), notre curiosité s’estompe très vite. Sans aucun ressort valable, les deux acolytes, Marc Dunstan et Patrick Melton, ont bidouillé un récit hallucinant de médiocrité, inintéressant, confus et parfois incompréhensible, qui a pour conséquence de nous assommer très vite là où les autres chapitres intriguaient.
Les quelques personnages essentiels de la saga ayant tous disparus, notre chouchoute Amanda la première, il ne reste en service que les sous-fifres qui occupent ici les premiers rangs avec toujours les mêmes problèmes de jeu qu’auparavant. C’est qu’on joue très mal dans Saw, si bien qu’ici il est impossible de ressentir la moindre émotion pour les figures qui traversent cette suite. Elles nous indiffèrent toutes avec une constance navrante et leur calvaire passe bien mal à l’écran. Même le tueur en série incarné par Tobin Bell, présent dans les nombreuses scènes explicatives renvoyant à son passé, n’a plus du tout cette tristesse forte qui en faisait un malade pathétique mais attachant. Il est juste inexistant alors qu’il est encore scénaristiquement bien au centre de l’histoire.
Pour ce qui est de la légendaire violence de la série, elle en prend également pour son grade. A l’exception de l’autopsie monumentalement gore qui ouvre l’action (un sommet qui envoie l’opération crânienne du trois aux oubliettes), les scènes de torture sont bien trop espacées et hachées dans leur montage pour nous sortir de notre torpeur. Et, filmées comme des pieds par Darren Lynn Bousman, qui rempile avec ses mauvais tics clippesques, le spectateur devient la première victime de cette boucherie insipide qui jadis nous faisait quand même son petit effet.
Par Latimus
Assez d’accord avec la critique de Frédéric Mignard. Je suis un grand fan de Saw I, qui m’avait pris par surprise et littéralement cloué au siège (enfin, façon de parler, hein !). J’avais trouvé ça très fort. Saw 2 m’avait plutôt déçu, ainsi que Saw 3, qui n’était malgré tout pas dénué d’intérêt. Mais Saw 4 m’a franchement déçu : pas très intéressant, tout ou presque est déjà vu dans les précédents, en mieux. Malgré tout, la présence de l’ex-femme de Jigsaw et celle de Jigsaw en flash-back sont les parties les plus intéressantes du film, (...)