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Soul kitchen - la critique

A boire et à manger

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Une comédie fort sympathique qui manque un peu d’assaisonnement. Pas de la grande bouffe mais une bonne bectance tout de même, mitonnée par Fatih Akin.

L’argument : Zinos, jeune restaurateur à Hambourg, traverse une mauvaise passe. Sa copine Nadine est partie s’installer à Shanghai, les clients de son restaurant, le Soul Kitchen, boudent la cuisine gastronomique de son nouveau chef, un talentueux caractériel, et il a des problèmes de dos ! Zinos décide de rejoindre Nadine en Chine, et confie son restaurant à son frère Illias, fraîchement sorti de prison. Ces deux décisions se révèlent désastreuses : Illias perd le restaurant au jeu contre un promoteur immobilier véreux, et Nadine a quelqu’un d’autre dans sa vie ! Mais les deux frères ont peut-être encore une chance de sauver le Soul Kitchen, s’ils parviennent à s’entendre et à travailler en équipe.

Notre avis : Soul kitchen a tous les ingrédients du film culte par excellence. Qu’est-ce qu’un film culte sinon une œuvre qui, à l’instar de Miles Davis pour le jazz, parvient à saisir l’essence même du « cool ». Ici, tout était réuni : un titre classe pour un film de quartier, « entre potes », tourné dans la ville natale du cinéaste, des acteurs bien allumés et une bande originale soul-funk de tous les diables. La mayonnaise prend mais peut-être pas autant qu’on ne l’aurait souhaité.
Si Soul kitchen est un film mineur par rapport aux magnifiques Head on et De l’autre côté, ce n’est pas parce que le cinéaste germano-turc s’est essayé à la comédie mais au contraire parce qu’il ne semble pas avoir assumé à fond cette nouvelle voie comique. Quelque chose freine l’élan burlesque et déjanté du film sans que l’on sache vraiment quoi. Peut-être cette retenue est-elle due à cette histoire de rupture sentimentale, vécue par notre héros restaurateur, qui prend beaucoup de place sans toutefois éveiller notre intérêt. Peut-être que le scénario volontairement simpliste et la conduite désinvolte du récit auraient également mérité d’être compensés par des délires formels plus prononcés. Certes Fatih Akin n’a pas peur du trivial ni du grotesque et se permet une scène de soirée orgiaque tout à fait savoureuse. Mais cette embardée, au lieu de contaminer tout le film, reste un exemple unique, le point d’orgue d’une œuvre un peu trop sage.
Pour autant, il serait dommage de faire la fine bouche et d’occulter la grande sympathie que l’on éprouve à l’égard des personnages et du lieu en question, le Soul Kitchen. La grande réussite d’Akin est de savoir filmer la chaleur humaine et de tisser des liens entre les protagonistes, notamment grâce à de nombreux plans séquences qui balayent tout le restaurant et nous font ressentir la délicieuse effervescence de cette fine équipe.
Même s’il y a à boire et à manger dans ce film, on vous conseille tout de même de réserver une table. Le menu n’est pas très recherché mais au moins vous ne risquez pas l’indigestion.

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© Pyramide distribution
Sébastien Mauge




Les avis des internautes

 

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