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The Wiz - la version "black" du Magicien d’Oz avec Michael Jackson

Le magicien dose mal

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- Année de production : 1978

Ratage de grande envergure, The wiz n’a rien de magique à proposer si ce n’est le naufrage d’un cinéaste alors en pleine gloire et le sabordage de la carrière d’actrice de Diana Ross. Pathétique.

L’argument : Dorothy, jeune institutrice de Harlem se lance à la poursuite de son chien lorsqu’un tourbillon la transporte dans un Harlem remplit de fées, de sorcières et de magiciens. Elle recherche alors le magicien d’Oz, le seul qui puisse la sortir de là. Adaptation urbaine et afro-américaine du Magicien d’Oz.

Notre avis : Créée à Broadway en janvier 1975, la comédie musicale The Wiz de Charlie Smalls, largement inspirée du Magicien d’Oz le roman de L. Frank Baum, a été un tel succès sur scène que son adaptation cinématographique semblait une évidence pour tous les producteurs hollywoodiens désireux de faire revivre les grandes heures de la comédie musicale sur grand écran. Tout le monde avait effectivement en mémoire les audaces stylistiques et visuelles de la version de Victor Fleming de 1939 ayant immortalisé Judy Garland. Produite par Universal, cette nouvelle mouture de l’histoire universelle d’Oz présente la particularité de mettre en valeur les artistes de la maison de disque Motown, célèbre pour sa promotion de la musique soul. Autre spécificité du film, tous les interprètes sont des noirs, ce qui est un pari pour le moins osé dans un pays qui reste marqué par de fortes tensions raciales. Si l’idée peut paraître enthousiasmante sur le papier, la production a accumulé les mauvaises décisions faisant de The Wiz (1978) un ratage de grande ampleur.
La première erreur consiste dans le choix de Diana Ross pour incarner la jeune Dorothy en lieu et place de Stephanie Mills qui a interprété le rôle sur scène avec un certain brio. Non seulement Diana Ross n’a pas du tout l’âge requis (elle affiche fièrement ses 33 ans alors qu’elle est censée être une toute jeune fille), mais elle n’a pas non plus le moindre talent dramatique. Son interprétation est tout bonnement pathétique. Autre choix malheureux, les différentes chansons proposées ici n’ont fait l’objet d’aucune sélection, si bien que la plupart s’avèrent plates et inconsistantes. Mis à part Ease on down the road, magnifiquement chanté par le tout jeune Michael Jackson, on ne dénombre pas vraiment de chansons marquantes sur plus de deux heures de projection. Enfin, le renvoi du réalisateur John Badham et son remplacement au pied levé par Sidney Lumet ne répond à aucune logique précise. Quel rapport peut-on trouver entre les films très réalistes du cinéaste d’Un après-midi de chien et de Network et l’univers totalement artificiel du Magicien d’Oz ? De fait, le cinéaste semble totalement perdu dans un genre qu’il ne maîtrise absolument pas. Ainsi, sa caméra reste désespérément fixe lors des numéros chorégraphiques, au lieu d’épouser les circonvolutions des danseurs. Filmé platement, The Wiz déroule péniblement ses bobines devant un spectateur qui bâille face à une telle inconséquence.
Furieusement kitsch, mais traversé de temps à autre de quelques belles idées dans les décors ou les costumes, The wiz est donc un échec artistique patent, doublé d’un indéniable bide commercial. Doté d’un budget colossal (pour l’époque) de 24 millions de dollars, le long-métrage n’a rapporté que 13M$ sur son territoire. Quant à la France, il a fallu attendre 1984 et l’exploitation opportuniste du nom de Michael Jackson devenu depuis une super-star, pour voir le film sur grand écran. Pourtant seuls 34 822 soul men se sont déplacés en première semaine dans les 25 salles parisiennes qui ont programmé le film, faisant de cette sortie un échec sans appel.

Virgile Dumez




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