La série, dans sa toute grande médiocrité, revient enfin aux bons rebondissements et captive à nouveau malgré son horreur graphique par trop excessive et surtout malsaine.
L’argument : L’agent spécial Strahm est mort, et le détective Hoffman s’impose alors comme le légataire incontesté de l’héritage de Jigsaw. Cependant, tandis que le FBI se rapproche de plus en plus dangereusement de lui, Hoffman est obligé de commencer un nouveau jeu qui révélera enfin quel est le véritable grand dessein derrière les machinations de Jigsaw...
Notre avis : On ne se leurrera pas, la série Saw, c’est franchement pas jojo. Une réalisation toute moche, des décors cradingues, des acteurs quasi amateurs... A part le premier volet, lui, pour le coup vraiment formidable, le reste de la saga est constitué de vilains petits nanars qui se sont bâtis une réputation dans le gore extrême et les rebondissements diaboliques. Ce procédé souvent efficace (le N°3) a pu aussi devenir totalement ridicule (son successeur).

Le fameux « saucisse » - saluons le courage du distributeur qui a été jusqu’au bout sans rebaptiser son film chapitre 6 pour éviter le ridicule -, sort donc en France, comme d’habitude en novembre et, on l’imagine, la programmation sera difficile tant les cinémas rechignent à diffuser pareils spectacles sadiques. Malgré tout, le succès devrait être au rendez-vous, puisque Saw 6 revient au niveau modeste du 3e épisode grâce à un script très ingénieux. Est-ce parce que l’on a enfin réussi à se faire aux nouveaux personnages, comme le détective Hoffman, désormais l’héritier de Jigsaw, ou également l’épouse du défunt tueur ? En tout cas, l’immersion dans ces nouvelles tortures se fait moins pénible sur un plan narratif.
Pourtant les irritants flashbacks sont toujours incessants, ce qui peut perturber la lisibilité du scénario, surtout pour les néophytes. Mais n’est-ce pas là l’intérêt du mythe, s’offrir comme un puzzle en perpétuelle construction ? Entre les extraits des précédents numéros insérés pour raviver notre mémoire et l’insertion de nouvelles scènes passées qui viennent éclairer les zones d’ombres des premiers numéros, on doit bien dire que les scénaristes avaient encore beaucoup de ressource, notamment par rapport à la mort d’Amanda et surtout concernant l’épouse de Jigsaw qui revêt ici un rôle déterminant.
Le scénario n’a de cesse de jouer avec la chronologie, non plus pour verser dans la bouillie narrative comme dans le 4e opus, mais pour resserrer un étau machiavélique que l’on devine bientôt à son maximum (pourront-ils aller plus loin que Saw 7 annoncé en 3D ?).

Côté violence, le film s’ouvre toujours sur une scène d’anthologie forcément trop éprouvante pour être approuvée. On en reste encore secoué par son hystérie. Le reste du spectacle est graphiquement intense, mais tout de même moins malsain que le 3e épisode, de loin le plus morbide. Finalement, cette gratuité ne nous empêche pas d’apprécier à sa juste valeur cette série B maligne. Après tout cette nouvelle incursion dans l’esprit malade du tueur au puzzle est surtout une bonne critique du système capitaliste ! Et oui, cela se ressent, Saw 6 a été écrit en temps de crise financière et cela a apporté un sang neuf à la saga. Auquel cas, vive la crise, car ce nouveau départ vaut bien mieux que certains de ses notoires prédécesseurs.