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Black Swan - la critique

Danse ta mort

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Note moyenne des internautes :

The Wrestler chez les ballerines ? Oui, et mieux encore... le nouveau Aronosfly est un thriller paranoïaque dans la grande tradition des classiques de Polanski des années 70 avec le savoir-faire contemporain. Vertigineux !

JPEG L’argument : Nina est ballerine au sein du très prestigieux New York City Ballet. Sa vie, comme celle de toutes ses consœurs, est entièrement vouée à la danse. Lorsque Thomas Leroy, le directeur artistique de la troupe, décide de remplacer la danseuse étoile Beth Mcintyre pour leur nouveau spectacle, « Le Lac des cygnes », son choix s’oriente vers Nina. Mais une nouvelle arrivante, Lily, l’impressionne également beaucoup. « Le Lac des cygnes » exige une danseuse capable de jouer le Cygne blanc dans toute son innocence et sa grâce, et le Cygne noir, qui symbolise la ruse et la sensualité. Nina est parfaite pour danser le Cygne blanc, Lily pour le Cygne noir.
Alors que la rivalité de Nina et Lily se mue peu à peu en une amitié perverse, Nina découvre, de plus en plus fascinée, son côté sombre. Mais s’y abandonner pourrait bien la détruire...

Notre avis : Projet en gestation chez son auteur depuis 15 ans, Black swan est sans nul doute la plus belle réussite d’Aronofsky. Exit les effets essentiellement clippesques de Requiem for a dream, l’ésotérisme vitreux de The Fountain et l’essence académicienne de The Wrestler qui offrait au catch une variante tragique du boxeur Rocky. En mettant en scène le milieu des spectacles classiques - qu’il connaît bien pour avoir eu une soeur danseuse qui a marqué sa jeunesse de son univers -, le réalisateur de Pi touche enfin au sublime sans se contenter des touches de fulgurance comme auparavant. Le traitement est certes connu, puisqu’il s’agit d’aborder les désordres psychologiques et la névrose avec tout le grand déballage métaphorique habituel (confusion entre fantastique et le réel, tentation du grand-guignol, paranoïa diffuse...), mais l’auteur le fait avec brio et magnificence visuelle, supplantant la plupart des grandes réalisations aperçues cette année. Il a sa patte, nous amenant toujours au bord du gouffre, à sonder les sommets les plus vertigineux et les dépressions les plus abyssales.
En suivant le casting et les répétitions d’une prestigieuse troupe qui monte le Lac des cygnes, Arfonosky joue des miroirs et des reflets pour mettre en scène un vortex d’émotions refoulées qui conduisent à une mise en abîme entre la réalité de démence de l’interprète principale, la sexuellement réprimée Nina, et la tragédie vécue par son personnage de cygne blanc, torturée par son double noir (le fameux "black swan" éponyme), figure maléfique qui va la précipiter dans la tragédie.
Bien au-delà des tumultes psychiques de l’héroïne, c’est davantage la mutation du corps qui intéresse le réalisateur. A l’instar du personnage du Bélier dans The Wrestler, la danseuse à l’aube d’une carrière éblouissante offre son corps au public et à son metteur en scène (Vincent Cassel, impérial), l’entraînant jusqu’à l’épuisement et la mutilation. Comme le catcheur joué par Mickey Rourke, elle s’automutile, dans le sang et la douleur, pour un idéal artistique qui transcende sa piètre existence. La danse et la compétition lui donnent des ailes au sens propre, avec toute l’aliénation que cela implique par rapport à son caractère chétif et tortueux ; elle se métamorphose ainsi peu à peu en ce cygne noir, trouble et nihiliste, alors que jusqu’alors, quasi vieille fille qui vivait recluse chez sa maman, elle n’avait incarné que l’abnégation, le refoulement et la perpétuation malsaine d’une innocence infantile imposée par sa mère (Barbara Hershey méconnaissable).
Filmant avec sensualité les assauts du corps, s’étreignant des pas cadencés de la danseuse que joue Natalie Portman, la caméra d’Aronosky s’impose comme un personnage à part entière sur scène. Dans une ambiance intrinsèque aux thrillers paranoïaques des années 70, elle nous envoûte, nous hypnotise, mais surtout nous égratigne insidieusement là où cela fait mal. La tension proche de l’univers du Polanski d’il y a 40 ans est incessamment palpable, nourrissant dans la confusion le fantasme et la douleur, nous conviant aux portes d’une frustration sexuelle suffocante jusqu’à la nécessaire jouissance forcément mortifère.
Au final, on souffre, on tremble, on rit aussi, mais on est surtout incroyablement bluffé par le jeu dangereux de l’actrice principale, convaincante en ballerine professionnelle grâce à un an d’entraînement, à raison de huit heures quotidiennes. Entre fragilité et masochisme, Natalie Portman ne fait plus qu’un avec un personnage d’affliction qui a passé le seuil de la folie depuis longtemps. Elle danse sur des braises, attisant les désirs, notamment celui, irrépressible, de revoir au plus vite ce nouveau chef d’oeuvre de terreur schizophrénique !

La bande-annonce 1 : ICI La bande-annonce 2 : ICI

Frédéric Mignard


Les avis des internautes

 

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Par JIPI

"La seule ennemie que tu as, c’est toi. Laisse-la sans aller" Black Swan est la lutte interne d’un double esprit immature et compétitif emmuré dans une peur de grandir additionné d’une dominance matriarcale l’empêchant de se métamorphoser en acceptant un monde non tel qu’on voudrait qu’il soit éternellement mais tel qu’il est. De nos jours afin de réussir dans certains secteurs, être introvertie, craintive, timide et éloignée du sexe ne mène qu’a la destruction de ses ambitions, aux moqueries et à l’oubli. Si l’on veut être (...)

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La scène d’ouverture donne le ton, on va assister au ballet de la perfection et de la noirceur... Un cygne blanc et un cygne noir pour une seule et même personne, une seule et même danceuse .. Nina va porter l’espoir de toute sa vie, voire celui de sa mère aussi, pour aller chercher un titre au sommet de la dance classique et des obstacles du milieu. Mais une fois sur le trône, la pression, la concurrence, font sombrer la danceuse dans une torpeur continue qui l’oblige à se battre comme une lionne pour arriver à ses fins, à la perfection... Le nouveau film de Darren (...)

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Par Jean-Patrick Géraud

Black Swan est, à bien des égards, un film brillant. Non seulement la mise en abyme donne lieu à des prouesses de mise en scène (exceptionnel numéro final), mais le film peut carrément se lire comme une adaptation inversée du Lac des Cygnes. La quête de la perfection se substitue ainsi avec grâce à celle de l’amour, seul l’accomplissement du numéro pouvant "briser le sortilège" de Nina. Curieusement, Aronofsky explore des thèmes lynchiens (la rivale, le spectacle, le double) mais avec une mise en scène très personnelle, qui confirme la singularité de son style et (...)

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Par Frédéric de Vençay

Un coup de force qui retourne le cerveau, comme souvent chez Aronofsky. Le film souffre sans doute de quelques lourdeurs dans sa symbolique et ses démonstrations de mise en scène (musique omniprésente, thématique du double surlignée...), et son côté ultra-référencé ne lui rend pas vraiment service (le comparer au DePalma ou au Polanski des grands jours ne plaide pas en sa faveur). Cependant, il fait preuve d’un certain panache dans ses scènes de danse en caméra portée, inédites et gracieuses. Nathalie Portman se défonce comme jamais, et le dénouement demeure splendide et terrassant. (...)

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