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Machete - la critique

De la BA au film

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Note moyenne des internautes :

- Durée : 1h45mn

Avec Machete, Robert Rodriguez offre aux fans ce qu’ils attendent et à Danny Trejo son plus grand rôle.

L’argument : Les aventures de Machete, le justicier mexicain...

Notre avis : A l’origine, Machete est une fausse bande-annonce présentée en avant-programme à Planète Terreur, finalement plus réussie que le long-métrage lui-même. Cette dernière a reçu un tel succès que des fans ont réclamé et prié pour que Robert Rodriguez en fasse un (vrai) film. Trois ans plus tard, c’est chose faite. On s’amusera d’ailleurs à revoir la bande-annonce de l’époque pour constater que Robert Rodriguez (qui coréalise avec Ethan Maniquis) en a repris la plupart des plans, remplissant finalement les ellipses d’icelle.
Si Machete ne surpasse pas le fantasme engendré par le fameux trailer, il parvient globalement à prolonger le plaisir de celui-ci. Surtout Robert Rodriguez s’en sort mieux dans l’exercice maniériste et fétichiste avec ce film nettement plus modeste, non pas dans ses intentions (elles le sont toutes autant) mais dans sa (relative) retenue. Concrètement, là où Planète Terreur mixait les genres et les références dans une bouillie assez limitée (à l’inverse du passionnant Boulevard de la mort de Tarantino), Machete colle constamment à un seul type de série B (un revenge-movie latino). De la même façon, on ne peut que se réjouir de voir le réalisateur de Sin City délaisser un ludisme visuel un peu trop facile (suppression d’une bobine, pellicule qui saute, faux-raccords...). D’où la sensation d’un film attendu, presque trop conforme à ce que l’on peut attendre d’un tel produit (au sens propre du terme, Machete Kills et Machete Kills Again étant annoncés).
Comme souvent dans ce type d’hommage, la plus grande faiblesse de Machete, c’est de ne jamais dépasser ce dont il s’inspire (là encore, contrairement à Boulevard de la mort). C’est aussi, et surtout, sa grande force, celle d’un pur plaisir régressif. Bourré d’humour et d’ironie (Rodriguez en profite tout de même pour égratigner la politique d’immigration des Etats-Unis via le sénateur texan interprété par Robert De Niro), volontiers gore, Machete offre, à un rythme régulier, son lot de scènes jouissives (la descente en rappel avec les boyaux d’une victime, grand moment). S’appuyant sur des dialogues bien sentis (dont certaines d’ores et déjà vouées à être cultes), le casting, énorme, s’en donne à cœur-joie. Il faut voir comme Steven Seagal ou Lindsay Lohan jouent de leur image avec une hilarante autodérision. On notera aussi l’apparition de Tom Savini en tueur à gages, à travers un spot jubilatoire, ou encore Cheech Marin, dans le rôle d’un Padre pas comme les autres. Des acteurs et actrices qui ont manifestement pris beaucoup de plaisir à camper de tels personnages. Un plaisir partagé par le spectateur !

La bande-annonce : ICI

Christophe Butelet

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