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Polisse - La critique

Brigade de protection des mineurs

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- Festival de Cannes 2011 : Prix du Jury

- Césars 2012 : Meilleur espoir féminin pour Naidra Ayadi - Meilleur montage

Prix du Jury à Cannes, ce récit du quotidien de policiers a connu un franc succès sur la Croisette. Une œuvre percutante et efficace, bien servie par un casting impeccable.

L’argument : Le quotidien des policiers de la BPM (Brigade de Protection des Mineurs), ce sont les gardes à vue de pédophiles, les arrestations de pickpockets mineurs mais aussi la pause déjeuner où l’on se raconte ses problèmes de couple ; ce sont les auditions de parents maltraitants, les dépositions des enfants, les dérives de la sexualité chez les adolescents, mais aussi la solidarité entre collègues et les fous rires incontrôlables dans les moments les plus impensables ; c’est savoir que le pire existe, et tenter de faire avec... Comment ces policiers parviennent-ils à trouver l’équilibre entre leurs vies privées et la réalité à laquelle ils sont confrontés tous les jours ? Fred, l’écorché du groupe, aura du mal à supporter le regard de Melissa, mandatée par le ministère de l’intérieur pour réaliser un livre de photos sur cette brigade.

Notre avis : Le personnage de Melissa, interprété par Maïwenn elle-même, est le double de l’actrice-réalisatrice qui a tenu à suivre un stage d’observation à la Brigade des mineurs : « J’étais comme une éponge pour m’imprégner au maximum de ce que je voyais. Même pendant les trois heures de pause-déjeuner, ou le soir, au moment de l’apéro, je ne les lâchais pas pour ne rien perdre de leurs discussions », affirme-t-elle. De cette étude ressort le réalisme documentaire du film, en particulier les séquences d’interrogatoire ou de descentes de police, directement inspirées de scènes authentiques, et qui alternent avec des passages plus intimistes et psychologiques. L’écriture et le montage sont donc les deux qualités premières de Polisse ; Le scénario, co-écrit par Emmanuelle Bercot, ne laisse que très peu de part à l’improvisation, contrairement à ce que pourraient laisser croire des scènes d’hystérie (la colère de la policière Nora face à un père intégriste) ou de désordre apparent (la profusion de propos à la cantine ou autour d’un verre) ; le montage s’assimile à un véritable travail architectural permettant l’organisation et l’enchevêtrement des trajectoires de personnages de film choral. Ceux-ci sont merveilleusement incarnés par une troupe d’acteurs impliqués et crédibles, à commencer par Karin Viard, Marina Foïs et Joey Starr dans le rôle de Fred, qui crève littéralement l’écran. Mais il faudrait tous les citer : Naidra Ayadi, Sandrine Kiberlain, Carole Franck ou Frédéric Pierrot atteignent l’intensité des seconds rôles de la grande époque, tandis que Nicolas Duvauchelle ou Jérémie Elkaïm endossent avec brio le costume du contre-emploi.


On pourra cependant objecter que Maïwenn innove peu, surtout après ces trois classiques que sont désormais Police (Maurice Pialat, 1985), L. 627 (Bertrand Tavernier, 1991) ou Le petit lieutenant, dont la cinéaste connaît sans doute tous les plans. Et la moindre séquence de Faits divers ou 10e chambre - Instants d’audience de Raymond Depardon alimentera davantage un « dossier de l’écran » sur les ministères de la justice et de l’intérieur tout en ayant un style plus singulier. En outre, Maïwenn n’évite ni les maladresses (la dispute entre Iris et Nadine), ni les zones d’ombre (la défenestration d’un personnage principal), ni cette fâcheuse tendance à appuyer le contraste entre les moments où l’on se doit d’être ému (la mère africaine SDF contrainte d’abandonner son fils) et ceux où l’on nous somme de rire (le téléphone portable de l’adolescente). Enfin, la romance entre Melissa et Fred, prévisible et convenue, affaiblit le rythme d’un récit déjà bien pourvu en intrigues. En dépit de ces réserves, Polisse est une œuvre percutante et efficace, qui a séduit Robert De Niro au point qu’il lui décerne le Prix du Jury, réservé au film outsider de la compétition officielle cannoise.

Gérard Crespo




Les avis des internautes

 

Polisse - La critique

Par vanhzexen

Le film de Maïwenn est une réussite, une claque, une bouleversante photographie de la réalité, un coup de point dans l’univers cinématographique ! Cette jeune femme à un talent incroyable. Dans un cinéma français où le jeu des comédiens est souvent approximatif (hélas), nous avons ici une pléiade d’acteurs qui donnent tout. Les arguments, leur position sociale, la conviction, la rage, ... Une interprétation magistrale qui fait de "Polisse" un film proche du documentaire. Avec des moments déchirants qui donnent la réplique à des situations cocasses nous avons droit (en plus) à (...)

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Polisse - La critique

Par Pierre Vedral

Le quotidien de la brigade des mineurs filmé à la limite du documentaire bouleverse au travers de protagonistes courageux et profondément humains, si les affaires indignent et choquent c’est pour mieux faire osciller le spectateur entre rires et larmes.

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Par JIPI

Une réalité fiction assez instable sur un hexagone au plus mal, malmené par des concepts aussi sordides qu’ingérables dont les principales victimes sont comme bien souvent les enfants otages de parents intellectuellement démunis à la moindre absence d’encadrement. Notre Marianne s’éteint lentement embourbée dans ces tranches de vies aussi vulgaires que pitoyables combattues quotidiennement par une police au bord de l’implosion proche d’une société en miettes ne faisant que répéter les dysfonctionnements de ses composants les plus défavorisés. Une lutte (...)

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Polisse - La critique

Par Jean-Patrick Géraud

On avait beaucoup à redouter de Polisse : en fait, le film échappe facilement à la complaisance, notamment grâce au refus d’une intrigue "pathos" pour mieux interroger des "moments de vie". Si Maïwenn déçoit dans le rôle tout à fait accessoire de cette photographe dépêchée par le Ministère, en revanche le reste du casting est convaincant, avec notamment les belles prestations de Karin Viard, Sandrine Kiberlain et de l’ensemble des enfants. On frôle parfois le ridicule, le mauvais goût, l’envie d’attirer le tout public ; mais il faut rendre justice à l’énergie (...)

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