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Durée : 1h55mn
Très proche des deux derniers volets de la saga Jason Bourne, ce film de guerre multiplie les séquences stressantes sans pour autant succomber aux habituels clichés du genre. Une vraie décharge d’adrénaline.
L’argument : L’histoire tourne autour des agissements américains en Irak et de la façon dont le gouvernement provisoire, organisé par l’administration Bush, s’est constitué d’amis loyaux du Président plutôt que de personnalités efficaces et capables. Pourquoi n’avoir placé personne, à la tête du gouvernement irakien, qui sache parler arabe ? Pourquoi n’avoir pas engagé des spécialistes de la reconstruction sociale d’après-guerre ?

Notre avis : Depuis le coup de poing dans l’estomac que fut Bloody Sunday en 2002, le cinéaste britannique Paul Greengrass n’a de cesse de peaufiner un style brut et dynamique, à base de shaky cam (caméra à l’épaule volontairement agitée) et de montage hyper cut. Ce style qui a fait merveille dans les deux derniers volets de la saga Jason Bourne se retrouve intact dans ce Green zone qui doit être avant tout considéré comme un thriller d’espionnage. Si le discours sur la guerre en Irak permet d’impliquer les officiels du gouvernement Bush en démontrant l’incompétence notoire des américains empêtrés dans une guerre interne entre les différents services (l’armée, les troupes spéciales, les services secrets et les émissaires du gouvernement), le nouveau long métrage de Greengrass est surtout l’occasion pour le cinéaste de tourner un film d’action trépidant qui ne laisse jamais le temps au spectateur de reprendre son souffle.

Totalement hystérique, la mise en scène prend aux tripes en nous plongeant en plein cœur d’un conflit plus complexe qu’il y paraît. La grande force de Green zone vient de sa capacité à évoquer une situation politique complexe en ne s’attardant pourtant jamais sur la psychologie des personnages et encore moins sur le contexte géopolitique du Moyen-Orient (on peut le considérer en ce sens comme l’anti-Syriana). A part le rôle très archétypal incarné par Matt Damon, à savoir le héros sans peur et sans reproche, on ne peut que très difficilement identifier les bons et les méchants dans un film qui prend un malin plaisir à brouiller les pistes morales. On ressort de la projection lessivé par tant de bruit et de fureur, mais également pleinement satisfait de voir que les Américains sont capables de réfléchir intelligemment sur leur histoire récente, sans détour ni faux-semblant, tout en offrant au spectateur un spectacle intégral totalement maîtrisé. Assurément du très bon boulot.

Retour sur la carrière exemplaire de cet ancien correspondant de guerre, devenu cinéaste.
Par ’Boo’Radley
En bon artisan du thriller terrorisant, Paul Greengrass utilise au mieux les vieilles bonnes ficelles du scénario : le procédé fonctionne de bout en bout avec rondeur et efficacité. Mais sans le morceau de bravoure qui aurait donné au film une longévité supérieure à sa projection.
Paul Greengrass a imprimé sa marque sur le cinéma d’action avec "La vengeance dans la peau", assurément le meilleur volet de la saga Jason Bourne (et sans doute l’un des plus grands films d’action des années 2000). Sa caméra-guérilla, son montage épileptique et la portée politique de ses films ont fait des émules depuis. Pas étonnant alors que le cinéaste s’attache au film de guerre, et plus particulièrement au bourbier irakien. S’il ne révolutionne rien (et surtout pas le style de Greengrass), "Green Zone" est une nouvelle bombe où les enjeux politiques se (...)
Par Norman06
Paul Greengrass est, depuis Bloody sunday, un maître du cinéma d’action à portée politique. Bien plus que Démineurs, c’est un modèle du genre, avec un montage époustouflant.