Cédric Kahn

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Cédric Kahn : ne pas suivre les rails

Cédric Kahn, cinéaste discret mais très doué, qui adore multiplier les genres.

Enfin un film français qui ose, qui n’a pas peur des défis, qui fustige les conventions, les intrigues prévisibles, les facilités. Et ce film, c’est Feux rouges. Un thriller implacable où les protagonistes se perdent sur des routes sans fin. Une allégorie fascinante et inquiétante du couple en pleine érosion... Réussite surprenante ? Réponse : non. Cela ne fait que confirmer tout le bien qu’on pense de Cédric Kahn, cinéaste discret et étonnant qui adore multiplier les genres et les sujets. En somme, un éclectique qui pourrait bien faire les beaux jours du cinéma français.
Très tôt (il a alors 21 ans), il fait un stage chez Pialat sur le tournage du film Sous le soleil de Satan. Autant dire que ça n’est pas rien. C’est en 1991 - donc jeune - qu’il réalise son premier long métrage, Bar des rails, qui relate une histoire d’amour sensible entre un ado et une jeune mère. Pas la peine de chercher du sulfureux là-dessous : le film dresse un magnifique portrait d’adolescent et bénéficie de dialogues subtils et de situations qui le sont tout autant. Un premier essai parfois maladroit mais convaincant qui débouchera en 1994 sur Trop de bonheur. Son second long métrage, à la base téléfilm pour la collection "Tous les garçons et les filles de leur âge", propose, encore une fois, un regard juste et touchant sur l’adolescence. Kahn, spécialiste des atermoiements pendant l’âge ingrat ?
Fiction drôle, séduisante et sensuelle qui met en scène les angoisses existentielles d’un maniaco-dépressif, L’ennui, son troisième long, vient contredire le préjugé. C’est sans doute son film le plus populaire : cette histoire de prof de philo (Charles Berling) fasciné jusqu’au désespoir par une adolescente (Sophie Guillemin) n’a d’ennuyeuse que son titre. Dans un genre moins frivole mais tout aussi abouti, Roberto Succo, son film suivant, brosse le portrait du tueur en série italien homonyme, considéré en son temps comme une icône anar. Intelligemment réalisé et construit, le film se joue des pièges du didactisme édifiant, incise la peur en profondeur et bénéficie avant tout de la présence d’un jeune acteur : Stefano Cassetti, dont le regard foudroie et inquiète. Un regard qu’on n’oublie pas.


2004 : Feux rouges, son avant-dernier film (et peut-être le meilleur, c’est dire sa qualité), sort en salles. Lorgnant vers le film d’horreur et le fantastique, préférant la suggestion aiguë à la surenchère spectaculaire, cette superbe œuvre sur la perte de soi se situe au croisement de Mulholland Drive et de Lost highway, deux autres routes ténébreuses qui emmènent le spectateur vers des univers fantasmagoriques. Intrigant, envoûtant, effrayant... Le genre de films qui hantent durablement l’esprit après la projection. Accrochez vos ceintures, le trouillomètre va monter !
2005 : Hélas un passage à vide avec L’avion, où l’on voit que l’éclectisme de Kahn a ses limites. Même les meilleurs peuvent se fourvoyer...
Il lui a fallu quatre longues années avant de revenir à la réalisation avec une œuvre forte et tout à fait remarquable intitulée Les regrets.

Filmographie

- Bar des rails (1992)
- Trop de bonheur (1994)
- L’ennui (1998)
- Roberto Succo (2001)
- Feux rouges (2004)
- L’avion (2005)
- Les regrets (2009)

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