Jim Jarmusch

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Jim Jarmusch : vous avez dit rugueux ?

Un cinéma qui exprime les doutes et les tourments de l’âme à travers le rêche, l’âpreté, l’aridité graphique.

L’histoire de Jim Jarmusch commence à Akron, dans l’Ohio, en 1953. Sa mère est critique de cinéma pour le journal local. Ce qui permet au jeune Jim de devenir un cinéphile précoce. A 17 ans, il part étudier la littérature à New York, à la Columbia University. Il sera l’élève puis l’assistant de Nicholas Ray, sur le dernier film du maître. Jarmusch voulait être poète. Il fera des images.
Il finance son premier film grâce à une bourse d’études. Permanent vacation présente déjà certaines de ses préoccupations. Sur le principe du roman d’apprentissage, ses personnages sont tous en quête d’un avenir, d’un idéal, d’un sens caché de l’existence. En réalité, ils sont le plus souvent en pleine dérive, à l’abandon, sans aucun repère. Ces thèmes lui permettent d’exprimer les doutes, les tourments de l’âme, à travers une rugosité visuelle incomparable. Un grain appuyé, une pellicule lente, confèrent ainsi à ses films une densité plastique rare, jouant avec les contrastes torturés comme dans Stranger than paradise, ou s’éloignant volontairement de l’image lisse du cinéma mainstream pour tendre vers le rêche, l’âpreté, l’aridité graphique comme dans Permanent vacation.
En 1984, Stranger than paradise est un choc esthétique. Le noir et blanc devient pour deux petites frappes noir ou blanc, y compris à l’écran, où l’on voyage de la rue sombre aux paysages enneigés. Caméra d’or à Cannes, le film fait de Jarmusch le chef de file du cinéma underground new-yorkais. Le cinéaste assure alors son indépendance artistique en créant une structure de production, et en intervenant à tous les stades de création du film. Plus tard, Down by law décline une nouvelle fois les mêmes thèmes, sur un mode plus enjoué. Roberto Begnini et Tom Waits y sont probablement pour beaucoup. Sa carrière connaît alors quelques creux avec Mystery train, puis A night on Earth, son film le moins réussi. Avec Dead man, c’est le retour en grâce. Un récit initiatique somptueux. L’histoire d’un homme pourchassé, au nom de poète - William Blake -, guidé par un Indien qui lui n’en a plus - Nobody -, à travers l’Ouest américain. Mais, comme lui explique son compagnon, William Blake est déjà mort, et leur cavalcade sera son purgatoire. La guitare lancinante de Neil Young suit Dead man jusqu’au bout, pour un hommage au western, en forme de requiem, où le magnifique plan final du film est aussi le plan final d’un genre entier. Le destin voudra que cela soit là le dernier rôle de Robert Mitchum.


Son éclectisme musical, sa façon d’unir Neil Young, John Lurie, Tom Waits, Screamin’ Jay Hawkins, Iggy Pop ou RZA tout au long de son parcours l’amèneront naturellement à convertir sa passion en images. Il tourne donc en 1997 Year of the horse, un documentaire sur la tournée de Neil Young. Filmé en super-huit, avec des plans qui ont la fragilité de la proximité, la maladresse de l’intimité, cet objet rare et difficile à voir est avant tout un film de fan. Comme si Jarmusch avait réussi à isoler cinématographiquement l’un des moteurs de sa création, pour en faire un récit. Un récit pur.
En 1999 sort Ghost dog, la voie du Samouraï. On y retrouve le plaisir de l’alliance des genres : polar, mafia, rap et arts martiaux font du film une œuvre au visage hybride, inclassable. Le Samouraï des toits, comme le Dead man, comme Aloysius Parker dans Permanent vacation, sont étrangers dans leur milieu. Et quand ils s’y promènent, c’est invisibles, sans existence aux yeux d’autrui. Ce fantasme de la disparition, de l’homme fantôme, a toujours poursuivi l’œuvre du cinéaste, jusqu’à aujourd’hui, avec Broken flowers, où le fantôme est celui d’un fils de dix-neuf ans dont un homme se découvre subitement le père. Il s’est passé six ans entre ces deux longs métrages de fiction, Jarmusch n’est pas un stakhanoviste. Il préfère prendre son temps, il s’en est donné les moyens en mettant en place des structures qui préservent son indépendance à un degré qui n’a aucun équivalent dans le cinéma américain contemporain. Il a cependant tourné entre-temps, un film hybride, inclassable, intitulé Coffee and cigarettes, série de courts métrages et exercice de style , rencontres autour d’un café, sur des thèmes variés, avec quelques-uns de ses potes dont Roberto Begnini.

Filmographie :

 Permanent vacation (1980)
 Stranger than paradise (1983)
 Down by law (1986)
 Mystery train (1989)
 Night on earth (1991)
 Dead man (1995)
 Year of the horse (1997)
 Ghost dog, la voie du Samouraï (Ghost dog : the way of the Samurai, 1999)
 Coffee and cigarettes (2003)
 Broken flowers (2005)

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