Luc Besson

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Luc Besson, le mal aimé

L’éternel incompris du cinéma français est aujourd’hui l’homme le plus puissant du cinéma hexagonal. Retour sur une carrière riche en succès publics et en revers critiques.

Comment devient-on la personnalité la plus influente du cinéma français lorsque l’on commence sa vie en rêvant de devenir plongeur ? Avec évidemment une volonté farouche d’arriver, mais aussi un mot d’ordre constant : obéir à son instinct et tout entreprendre avec passion. Né en 1959 à Paris, le jeune Luc Besson suit ses parents, employés du Club Méditerranée, dans les îles où il passe une grande partie de son enfance. Il y développe un goût pour la plongée sous-marine et pense à juste titre en faire sa profession avant qu’un accident ne brise net ce rêve de môme. De retour en France, il se tourne vers son autre passion : le cinéma.
Armé d’une volonté de fer, Luc Besson réussit à se faire embaucher comme stagiaire sur plusieurs tournages, commençant par apporter des cafés aux techniciens, tout en regardant les professionnels au travail. Gravissant les échelons à l’ancienne, le jeune loup devient assistant puis réalisateur de la deuxième équipe sur Le grand carnaval (1983) d’Alexandre Arcady. Après un premier court métrage réalisé en 1981, il franchit le pas de la mise en scène en créant avec son ami Pierre Jolivet une société de production nommée Les films du Loup. Avec les moyens du bord, il parvient à réaliser son premier long métrage intitulé Le dernier combat (1983). Ce film de science-fiction minimaliste tourné en noir et blanc impose d’emblée la marque de fabrique du cinéaste : la mise en scène se révèle déjà virtuose alors que le budget était très serré. Il s’entoure de quelques collaborateurs appelés à jouer un rôle important dans son œuvre future : les comédiens Jean Bouise et Jean Reno, mais aussi le musicien Eric Serra. Devant cet objet filmique non identifié, quelque part coincé entre un univers commercialement connu et un traitement très intimiste, la critique est globalement positive, tandis que le public se déplace peu.
Un premier malentendu commence à s’instaurer avec le métrage suivant : Subway (1985) est une œuvre déroutante qui tend à sortir des sentiers battus tout en sacrifiant à la mode branchouille des années 80. Doté d’un casting de stars - Isabelle Adjani et Christophe Lambert sont alors au sommet de leur notoriété - le film est esthétiquement irréprochable, mais laisse dubitatif une partie de la critique et du public. Mais le vrai grand écart vient deux ans plus tard avec la déferlante du Grand bleu (1987). Le public est immédiatement séduit par les images grandioses et la musique divine d’un film qui devient instantanément culte, au point de parler d’une "génération grand bleu". Si le succès est gigantesque et immédiat auprès du public adolescent, les critiques tombent immédiatement sur le dos d’un metteur en scène qu’ils jugent trop formaliste, faisant de la belle image en oubliant de donner du sens à son histoire. Avec du recul, le film est effectivement assez naïf et comporte de nombreux défauts au niveau de la construction, mais il contient aussi quelques unes des plus belles scènes du cinéma français des années 80. Mis au pilori par une certaine critique toujours attachée à la Nouvelle Vague, Luc Besson, tout comme Jean-Jacques Beineix avant lui, subit de plein fouet les attaques les plus rudes et les plus injustes. Il faut dire qu’il ne fait pas bon avoir du succès dans un pays comme la France !
En 1990, le cinéaste remet les pendules à l’heure en signant un magnifique polar crépusculaire et donne son plus beau rôle à sa compagne d’alors, Anne Parillaud. Nikita impose le respect, même si une fois de plus, une partie des critiques ne suit pas l’avis d’un public conquis. La comédienne obtient tout de même le César de la meilleure actrice pour sa prestation inspirée et bouleversante d’une tueuse à gages. Ce personnage de femme-enfant d’une force incroyable devient alors une figure récurrente de l’œuvre de Besson. Capitalisant sur ses deux succès, le cinéaste se lance dans un projet qui lui tient à cœur : Atlantis (1991) est un poème visuel et musical sur l’univers sous-marin qui ne trouve pas son public. Sans doute Besson était-il trop en avance sur son temps, puisque depuis le procédé a été repris par de nombreux documentaristes - souvent produits par Jacques Perrin.
Revenant chasser sur les terres du polar noir, le réalisateur envoie Léon (1994), un tueur à gages, à New York. Jean Reno y croise un casting international dont un mémorable Gary Oldman en tueur défoncé à l’acide. Tandis qu’une partie de la critique tire à vue sur le film qu’elle juge pédophile - accusation pour le moins stupide -, le public réserve un accueil chaleureux à cet excellent polar doté d’une mise en scène diablement efficace. Avec tout cet argent accumulé, le petit frenchy se lance dans un projet titanesque : réaliser un vrai blockbuster en anglais avec une star internationale nommée Bruce Willis. Ce Cinquième élément (1997) n’a pas forcément fait l’unanimité sur le plan artistique, mais il a atteint son but en devenant un gros succès commercial. Cette fois-ci, les professionnels lui reprochent d’avoir tourné un film français en langue anglaise - refrain que connaît bien un certain Jean-Jacques Annaud. Le même procès d’intention est fait au cinéaste pour son œuvre suivante, une Jeanne d’Arc (1999) d’une belle efficacité.
Sans doute lassé par tant d’attaques alors qu’il connaît un soutien indéfectible du public, Luc Besson se lance dans une nouvelle activité. Il investit l’argent gagné dans une nouvelle société de production nommée EuropaCorp. Délaissant la réalisation, activité dans laquelle il excellait, il devient dès lors le producteur d’œuvres commerciales ayant pour but de concurrencer les Américains sur leur propre terrain. Il tient ainsi à ressusciter le cinéma de genre à la française, en piteux état depuis la crise majeure des années 80. Auteur de la plupart des scénarios, Luc Besson ne semble malheureusement guère s’attacher à une quelconque qualité artistique et produit des œuvres médiocres au kilomètre. Pour un Danny the dog (Louis Letterrier, 2005) de bonne facture, combien de Yamakasi (Ariel Zeitoun, 2001), de Wasabi et de Taxi 3 (tous deux de Gérard Krawczyk, 2001 et 2003) ? S’appuyant sur des intrigues basiques, un humour potache et de piètres réalisateurs aux ordres du nouveau nabab, l’ensemble de sa production déçoit même ses inconditionnels.
En 2005, il revient à la réalisation avec un Angel-A en noir et blanc qui montre un talent visuel intact mis au service d’une histoire malheureusement trop naïve pour totalement convaincre. L’activité du producteur semble peu à peu déteindre sur celle d’un réalisateur qui déclare à tout bout de champ qu’il ne signera que dix films, ce qui fait d’ Arthur et les Minimoys (2006) son ultime incursion dans la mise en scène. Depuis quelques années maintenant, celui qui était un persécuté chronique du cinéma français, un mal-aimé des critiques, est devenu l’homme le plus puissant de l’industrie cinématographique hexagonale. Producteur de Taken 1&2 qui réalise plus de 140M$ au box-office américain, il s’associe notamment à Scorsese et Robert de Niro pour la comédie mafieuse Malavita. Avec Lucy, il connaît le plus gros démarrage de sa carrière outre-Atlantique, de quoi oublier définitivement les échecs successifs d’Adèle Blanc-sec et The Lady, trop classiques pour plaire aux fans de la première heure et à la nouvelle génération de cinéphiles.

Filmographie en tant que réalisateur

- Le dernier combat (1983)
- Subway (1985)
- Le grand bleu (1987)
- Nikita (1990)
- Atlantis (1991)
- Léon (1994)
- Le cinquième élément (The fifth element, 1997)
- Jeanne d’Arc (The messenger : the story of Joan of Arc, 1999)
- Angel-A (2005)
- Arthur et les Minimoys (Arthur and the invisibles, 2006)
- Arthur et la vengeance de Malthazard (2009)
- Les aventures extraordinaires d’Adèle Blanc-sec (2010)
- The Lady (2011)
- Malavita (2013)
- Lucy (2014)


© Jessica Forde/EUROPACORP - TF1 FILMS PRODUCTION - GRIVE PRODUCTIO

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