Le 16 août 2026
Adolfo Bioy Casares écrit ce récit qui commence comme un récit épistolaire, dérive sur une histoire de couple, avant de partir dans une enquête et de basculer totalement dans le fantastique.
- Auteur : Adolfo Bioy Casares
- Collection : Pavillons Poche
- Editeur : Robert Laffont
- Genre : Fantastique
- Nationalité : Française
- Traducteur : Françoise Rosset
- Date de sortie : 13 août 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : « Dormir au soleil » commence par une lettre. Le narrateur consigne son étrange histoire depuis le début, afin qu’on ne le prenne pas pour un fou. Il l’envoie à une personne qui ne l’aime pas et qu’il n’aime pas. Il décrit les sources de leur inimitié, remontant à l’école. Puis il arrive à son mariage avec Diana. Il parle de sa vieille servante, Ceferina, qui les aide pour le quotidien. Son épouse a son caractère, mais il l’aime ; Ceferina n’est pas facile à supporter, mais il la garde à son service. Le quotidien continue sans éclats jusqu’à l’arrivée de ce grand Allemand tenant un chenil. Cet homme a chamboulé toute son existence et le narrateur raconte comment dans ce long courrier...
Critique : Cette longue lettre peut surprendre jusqu’au moment où l’on arrive aux conditions de son écriture et que l’on comprend mieux la situation. On est intrigué dès le début, en lisant ce narrateur qui remonte le fil de son inimitié avec le destinataire, avant d’arriver au cœur de son problème. Bien que nous lisions la lettre, nous somes en permanence dans l’esprit du narrateur. On vit ses doutes, ses inquiétudes, ses angoisses, ses lâchetés...
Adolfo Bioy Casares installe un personnage auquel on peut facilement s’identifier. Ce narrateur se retrouve embarqué dans une histoire qui le dépasse et ses petites lâchetés ne sont pas étrangères à l’aggravation de sa situation.
Avec le recul d’aujourd’hui, le lecteur imagine ce qui se trame vraiment en coulisses, mais Adolfo Bioy Casares parvient néanmoins à nous surprendre avec une fin, triste et courte, qui boucle avec le début. Entre les deux, on suit avec intérêt le parcours du narrateur, ses émotions et, surtout ses hésitations.
Au travers de cette histoire, l’auteur soulève de nombreuses questions : qu’est-ce qui fait tenir un couple ? Qu’aime-t-on le plus chez l’autre ? Jusqu’où notre lâcheté naturelle nous pousserait ?
En effet, le protagoniste de ce roman refuse, s’oppose mais agit peu, il subit les événements plus qu’il ne les provoque. Et les fois où il tente de s’imposer, il en paye les conséquences. La qualité principale de ce personnage, c’est sa fidélité à sa femme. Les opportunités se présentent, mais il les refuse toutes. Et ce qui est amusant, c’est que son entourage ne le comprend pas. Pourquoi est-il si attaché à sa Diana ? En effet, Adolfo Bioy Casares manie l’humour tout au long de ce récit. La tension monte, l’intrigue nous questionne, mais, parallèlement, avec ce personnage et son entourage, de Ceferina au voisin Aldini, il y a des séquences drôles et des moments où tristesse et rire se mélangent. La tristesse l’emporte dans cette histoire au fantastique latent, qui repose en même temps sur des événements mystérieux et sur les attitudes décalées des personnages.
Ce roman datant de 1973 garde toujours un intérêt, grâce à la manière étonnante avec laquelle Adolfo Bioy Casares a manié fantastique, drame et humour dans un récit qui fait la part belle au quotidien. L’ennui qui y règne, les tensions sont parfaitement décrits par l’auteur. Le fantastique s’insère petit à petit dans cette routine et finit par prendre tout l’espace.
Dormir au soleil est un récit mêlant fantastique et humour, avec une montée en puissance étonnante mettant un personnages banal en conflit avec l’extraordinaire.
288 pages – 10,90 €
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