François Truffaut

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François Truffaut, l’homme qui aimait le cinéma

A la vie, il préférait son reflet sur grand écran. Histoire d’une passion qui plonge ses racines dans une enfance désolée.

On ne se remet jamais de son enfance. Cette phrase pourrait être mise en exergue de la plupart des biographies. Pour Truffaut, elle prend une résonance encore plus singulière. Né de père inconnu dans une famille "bien-pensante", il subit le terrible sort des enfants non désirés. Un nom, donc une respectabilité, lui est donné à l’âge de deux ans par celui que sa mère épouse, mais d’amour il n’a qu’au compte-gouttes. Comment s’étonner alors qu’il se réfugie dans le rêve ?
Paris, années de l’Occupation. Scolarité chaotique, famille indifférente. Le jeune François s’évade dans la littérature, passe le plus clair de son temps au cinéma. Il a treize ans à la Libération, commence à fréquenter les cercles cinéphiles et y fait la rencontre de sa vie en la personne du critique André Bazin. Père de substitution, mentor, ami, soutien, enfin quelqu’un qui s’intéresse à lui, le guide, vole à son secours lorsque son père officiel, las de ses nombreuses fugues, le fait enfermer dans un centre pour délinquants mineurs, l’engage en 1948 à Travail et Culture où il s’initie à la critique cinématographique, le sauve une seconde fois en le faisant réformer après sa désertion de l’armée, l’installe chez lui. Nous sommes en 1953. Truffaut a vingt-et-un ans. Il cesse de faire les quatre cents coups sans pour autant s’assagir. L’aventure des Cahiers du Cinéma démarre, il y rencontre Chabrol, Godard, Rivette, Doniol-Valcroze, Rohmer, toute la jeune garde de la future Nouvelle Vague. Critique d’une virulence extrême, pourfendeur du "système", terriblement caustique envers les "valeurs sûres" du cinéma français (Autant-Lara ne le lui pardonnera jamais), il peaufine ses idées et met en place les fondements de son œuvre inspirée par les cinéastes qu’il admire : Renoir, son maître à penser, Guitry, Rossellini, Welles, Cocteau, Vigo, Lubitsch, Hitchcock, Chaplin...


Sa grammaire est apprise. Il sait où il va. Vers un cinéma du vivant à l’écriture sensible, rapide et précise. "Le film de demain sera un acte d’amour", écrit-il dans la revue Arts [1]. L’amour, on y revient toujours avec Truffaut qui ainsi se définit en une simple phrase, lumineuse.
Il ne lui sera donné qu’un quart de siècle pour mener à bien une œuvre sous-tendue de constantes et d’idées fixes, largement autobiographique bien au-delà du cycle d’Antoine Doinel. Truffaut, sa vie entière, s’ingéniera à colmater ses blessures originelles, à camoufler sa violence tout en ne trahissant pas celui qu’il fut. Depuis Les 400 coups, il est "indéniablement l’enfant de son œuvre", comme l’écrivent si justement Serge Toubiana et Antoine de Baecque dans leur biographie [2]. Tout comme il est l’enfant de son enfance, gardant jusqu’au bout ce même visage aux yeux émerveillés, ouverts sur le monde et les autres, mais recelant d’innombrables secrets.
Travailleur acharné, il n’aura de cesse de se donner les moyens de créer en toute liberté. En 1966, après les difficultés rencontrée sur Fahrenheit 451, co-production internationale, il crée sa propre maison de production, Les Films du Carrosse, ainsi nommée en hommage à son film fétiche [3]. Ce sera sa famille de cœur. Car nul plus que Truffaut n’a été fidèle en amitié, n’a eu besoin de sentir autour de lui la chaleur de ses collaborateurs, de faire vibrer les atomes crochus. Il modifiait très peu ses équipes, écrivait ses scénarios avec les mêmes personnes (en particulier son amie Suzanne Schiffmann), confiait, à de rares exceptions près, le cadre au même directeur de la photographie, Nestor Almendros. Et s’il fut volage en amour - en fait, il tombait amoureux de toutes ses actrices - il a su garder autour de lui toutes les femmes qu’il a aimées, bouclier d’amour contre l’adversité, rempart contre sa propre finitude...


Cinéaste du mystère de la femme, de la fragilité de l’homme, des tensions et angoisses inhérentes à toute existence humaine, François Truffaut s’est toujours défendu d’être un novateur et s’est fait un point d’honneur de travailler en total respect de son public. Celui qui savait si bien réécrire la vie en images et qui alla jusqu’à dire qu’il préférait "le reflet de la vie à la vie elle-même", est mort d’un cancer du cerveau en 1984. Il avait cinquante-deux ans, avait tourné vingt-trois longs métrages et projetait d’écrire son autobiographie. Est-il mort, comme le prétendait Godard, d’avoir trop aimé le cinéma ? Mort d’avoir trop tenté de mettre la mort en fuite en filmant "de la beauté mais sans en avoir l’air ou en n’ayant l’air de rien" [4] ?

Filmographie

Les mistons (1957)
Les 400 coups (1959)
Tirez sur le pianiste (1960)
Jules et Jim (1962)
Antoine et Colette (1962)
La peau douce (1964)
Fahrenheit 451 (1966)
La mariée était en noir (1967)
Baisers volés (1968)
La sirène du Mississippi (1969)
L’enfant sauvage (1969)
Domicile conjugal (1970)
Les deux Anglaises et le Continent (1971)
Une belle fille comme moi (1972)
La nuit américaine (1973)
L’histoire d’Adèle H (1975)
L’argent de poche (1976)
L’homme qui aimait les femmes (1977)
La chambre verte (1978)
L’amour en fuite (1979)
Le dernier métro (1980)
La femme d’à côté (1981)
Vivement dimanche ! (1983)

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