Le 1er juillet 2026
Comment grandir lorsque l’enfance vous est brutalement arrachée ? Avec Léna, Mylène Jampanoï et Samuel Massilia proposent un roman où l’intime rencontre l’universel, porté par un personnage auquel on s’attache immédiatement.
- Auteurs : Mylène Jampanoï, Samuel Massilia
- Editeur : Sixième(s)
- Genre : Roman
- Nationalité : Française
- Date de sortie : 14 mai 2026
- Plus d'informations : Le site de l’éditeur
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Résumé : Comment se construire quand sa vie commence par un infanticide manqué ? À trois ans, Léna échappe à la tentative de meurtre de son père. Dès lors, l’enfance s’arrête net, et le monde brutal des adultes s’ouvre comme une plaie. Aux côtés de sa mère, qu’elle aime avec rage et maladresse, Léna affronte la déchéance, la honte sociale et la violence du désespoir. Du milieu sulfureux de la nuit aixois à l’élite intellectuelle de Saint-Germain-des-Prés, on suit l’évolution d’une enfant au bord du précipice qui refuse sa place assignée, doit composer avec l’inacceptable pour s’inventer un avenir, d’une jeune fille qui choisit l’insolence comme respiration et la liberté comme acte de survie.
Critique Certains livres racontent une histoire. D’autres nous obligent à regarder le monde autrement. Léna, coécrit par Mylène Jampanoï et Samuel Massilia, fait partie de ceux-là.
À trois ans, Léna échappe à une tentative d’infanticide de son père. De cette enfance fracassée naît un récit où la violence n’est jamais spectaculaire, mais diffuse, quotidienne, presque insidieuse. Pourtant, le roman ne s’enferme jamais dans le misérabilisme. Il raconte avant tout une quête de liberté, celle d’une jeune fille qui refuse que son passé décide entièrement de son avenir.
L’une des grandes forces du livre réside dans son point de vue. Les auteurs choisissent de rester au plus près de Léna, de son regard d’enfant puis d’adolescente. Cette proximité donne au récit une intensité particulière : le lecteur ne se contente pas d’observer les événements, il les traverse avec elle.
L’écriture, directe et très visuelle, rappelle les origines du projet, d’abord imaginé comme un scénario. Les chapitres s’enchaînent avec fluidité, les dialogues sonnent juste et les descriptions restent toujours au service de l’émotion. Malgré une écriture à quatre mains, aucune rupture de ton ne vient perturber la lecture : les deux voix se fondent en une seule.
Cette fluidité est d’autant plus remarquable que le roman aborde des sujets complexes. Le lien mère-fille, l’emprise, les inégalités sociales ou encore la quête d’identité s’entremêlent sans jamais alourdir le récit. Chaque thème trouve sa place avec justesse, toujours au service de l’évolution de Léna. Les auteurs ne cherchent pas à dresser un état des lieux de la violence ; ils montrent, à travers un parcours singulier, comment celle-ci façonne une existence tout en laissant subsister une possibilité de renaissance.
Mais Léna doit surtout sa force à sa pudeur. Les auteurs ne cherchent jamais à provoquer l’émotion ; ils laissent les situations parler d’elles-mêmes. Derrière les thèmes de la violence, de l’abandon ou de l’emprise, le roman interroge surtout la manière dont une enfant tente de se construire lorsque les adultes faillissent à leur rôle.
En refermant le livre, une impression demeure : celle d’avoir accompagné Léna bien plus que de l’avoir simplement rencontrée. Et c’est sans doute par cet aspect que réside la plus grande réussite de ce premier roman. Il ne demande pas au lecteur de juger son héroïne, mais simplement de marcher à ses côtés, jusqu’à avoir, comme elle, le désir irrépressible d’avancer.
144 pages. 17,50 €.
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