Le 4 octobre 2024
Le premier film de Michel Blanc fut un énorme succès à sa sortie. C’est un buddy movie efficace, qui a plutôt bien vieilli.


- Réalisateur : Michel Blanc
- Acteurs : Bernard Farcy, François Berléand, Patrick Bruel, Michel Blanc, Gérard Lanvin, Dominique Besnehard, Pierre Forget, Didier Pain, Sophie Duez, Gilberte Géniat, Katrine Boorman, Théo Légitimus
- Genre : Comédie
- Nationalité : Français
- Distributeur : Gaumont Distribution, Fechner Films
- Durée : 1h30min
- Date télé : 16 juin 2024 21:11
- Chaîne : C8
- Date de sortie : 17 octobre 1984

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Résumé : Francois, routard fatigué, débarque dans le port de Marseille. Musicien hors-pair, il est bien décidé à exploiter son talent dans les studios parisiens. Denis, inseparable compagnon et négatif de Fançois, est un grand spécialiste de l’angoisse et ne cesse de gémir. Vu ce qui les attend a Paris, il n’est pas prêt de s’arrêter...
Critique : Ce buddy movie à la française est la première réalisation de Michel Blanc, qui, rapidement à l’étroit dans la bande du Splendid, avait déjà manifesté quelques velléités d’autonomie (on se souvient qu’il était physiquement absent dans Le père Noël est une ordure, on se rappelle également que sa prestation dans Papy fait de la résistance tenait plus du coup de vent que de la collaboration durable sur un projet). Bref, en 1984, Michel Blanc passe derrière la caméra et propose une divertissement où il prolonge son personnage de pote pénible déjà exploré dans les deux volumes des Bronzés, prolongé par Viens chez moi j’habite chez une copine. Sauf qu’il le leste une dimension souffreteuse, hypocondriaque qui le rapproche des héros joués par Woody Allen, à partir d’Annie Hall. La comparaison s’arrête là, évidemment : Marche à l’ombre n’est pas un film introspectif, mais un divertissement efficace, où le beau gosse musclé qui essaie de percer dans la musique se traîne son copain antithétique, producteur de catastrophes prévisibles, toujours plaisant à regarder, d’autant que Michel Blanc le joue de manière aisée. Certaines scènes sont restées en mémoire, notamment l’expérimentation ratée de certaines substances illicites, avec bad trip ("J’ai été attaqué par des renards") : ses effets donnent lieu à un échange surréaliste entre les deux protagonistes. On note aussi que Denis est un Jean-Claude Dusse qui arrive à "conclure", mais au prix de certains désagréments...
Mine de rien, le long métrage documente également la pauvreté des populations immigrées, dans une France impactée par le tournant de la rigueur en 1983. Il le fait d’une façon subtile, sans asséner son message de manière frontale.
Assumant son rôle baraqué serviable, Lanvin fait le job, sans qu’on puisse dire que ses talents de comédien soient vraiment exploités. On ne peut pas non plus affirmer que Sophie Duez soit avantagée, puisqu’elle la caution charme du film : à l’époque, personne ne s’en est offusqué. Au contraire, Marche à l’ombre a été un carton à sa sortie : plus de six millions d’entrées !