Le 2 mars 2026
- Scénariste : Astrid Goldsmith>
- Dessinateur : Astrid Goldsmith
- Genre : Autobiographie, Histoire
- Editeur : Steinkis
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 22 janvier 2026
Chargée avec son père de vider l’appartement de sa grand-mère décédée, Astrid Goldsmith explore son histoire familiale au milieu des vieux souvenirs que celle-ci a laissé. Bibelots et vieilles photographes ravivent la mémoire de cette famille juive allemande.
Résumé : Le décès de Gisela, 94 ans, constitue un choc pour la famille Goldsmith, par ailleurs indignée par la tournure que prend l’organisation de son enterrement : la synagogue demande des preuves de la judéité de la vieille dame et contraint la famille à accepter un protocole hors d’âge. Femme de caractère, Gisela laisse derrière elle un appartement rempli d’une multitude d’objets qui résument en quelque sorte sa vie. C’est finalement à Jonathan Goldsmith, le membre le plus débonnaire de la famille, et à sa fille Astrid – dont le métier dans l’animation n’est semble-t-il pas assez « noble » pour qu’on puisse considérer qu’elle est occupée – que reviennent la tâche ingrate de vider l’appartement et de faire le tri. Chaque membre a ses exigences : untel demande les tapis anciens, quand la sœur enceinte d’Astrid réclame spécifiquement l’étui à cigarette de Gisela. Père et fille se rendent ainsi dans l’appartement, et les souvenirs de l’histoire de Gisela et celle de leur famille émergent…
Critique : Issue du milieu de l’animation, Astrid Goldsmith déballe les cartons de la mémoire familiale dans ce récit autobiographique où les drames du passé se mêlent avec subtilité aux situations incongrues et aux querelles de famille du présent. Les décès et la répartition des objets du défunt constituent à la fois des moments d’introspection – souvent douloureux – ainsi que de partage ou de conflits familiaux, selon les cas. La famille Goldsmith, éparpillée dans différents espaces, se retrouve bien pour les funérailles de Gisela, mais les petites querelles apparaissent rapidement. Jonahan Goldsmith et sa fille Astrid sont ainsi préposés au vidage de l’appartement, avec des consignes précises de la part de la famille, ce qui angoisse le père et agace la fille, pas vraiment ravie d’être assignée à cette tâche. Le voyage en van de l’Angleterre vers Fribourg, le tri dans les affaires de Gisela et le règlement de différentes difficultés pratiquent emmènent père et fille à se quereller, se rapprocher et à convoquer l’histoire de Gisela.

- © Astrid Goldsmith / Steinkis
Le récit est découpé en sept chapitres (« Le choc », « Déni », « Colère », « Marchandage », « Dépression », « Résignation », « Acceptation ») qui reprend les étapes du deuil, à l’exception du « marchandage », intercalé au milieu du récit. L’autrice mêle le présent et les souvenirs, racontés à partir des échanges avec son père et des objets retrouvés. Le lecteur se plonge ainsi dans l’histoire intime d’une famille juive allemande depuis l’entre-deux-guerres. Gisela est ainsi contrainte de fuir l’Allemagne pour la Rhodésie, où elle s’installe de longues années. À travers ces nombreux flash-back, Astrid Goldsmith revient progressivement et avec beaucoup de justesse sur la manière dont l’antisémitisme et la nécessité de fuir l’Allemagne nazie ont impacté non seulement ceux qui ont vécu cette période, mais également leurs descendants. Jonathan n’aurait jamais grandi en Afrique du Sud, et celui-ci aurait peut-être pu étudier la littérature – son rêve – plutôt que de suivre l’injonction maternelle à faire du droit. Et la famille Goldsmith n’aurait sans doute pas été éparpillée de cette manière.

- © Astrid Goldsmith / Steinkis
Loin de verser dans le pathos, Astrid Goldsmith insère de l’humour dans son récit à travers sa comédie de caractères et les petites querelles familiales intestines qui tranchent avec le tragique de la grande histoire. On sort de la lecture ému, certes, mais pas abattu. Côté graphisme, l’autrice adopte un dessin au trait très épuré, sans prétention au « beau » dessin, avec quelques touches de vert et de lavis. Les décors demeurent également très sobres. Le découpage s’avère dynamique et maîtrisé, ce qui fluidifie la lecture.
Avec Le vase de cristal, Astrid Goldsmith ravive la mémoire familiale marquée par la Shoah dans un récit touchant et vivant.
208 pages – 22 €
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Galerie photos
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