Le 28 juin 2026
Béatrice Agenin et Sébastien Lapaque unissent leurs talents pour nous dévoiler la modernité inattendue de la célèbre épistolière du XVIIe siècle.
- Acteurs : Béatrice Agenin, Sébastien Lapaque
- Auteur : Marie de Sévigné
- Genre : Théâtre (spectacles)
- Salle de Théâtre : Théâtre de Poche-Montparnasse
- Plus d'informations : Le site du Théâtre de Poche Montparnasse
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Résumé : Quatre siècles après sa naissance, Madame de Sévigné revient parmi nous. À la ville ou aux champs, elle est bavarde, libre, drôle, amoureuse, inspirée, chantant, dansant, parfois triste, toujours spirituelle. Il faut l’entendre ! Ses lettres nous arrivent comme si elle les avait portées au courrier hier et que l’encre n’avait pas séché sur ses feuillets. Sa voix est souveraine. Béatrice Agenin prête la sienne à la plume déliée de la Marquise, aux côtés de Sébastien Lapaque, qui nous éclaire sur cette personnalité frondeuse et enjouée. Un duo de choc pour encadrer la plus baroque des féministes.
Critique : De Mme de Sévigné, la mémoire des anciens écoliers que nous sommes garde le souvenir d’une femme compassée et rigide. Que nenni ! Certes, le cinéma avec le film d’Isabelle Brocard, sobrement intitulé Madame de Sévigné, avait déjà levé le voile sur cet irrépressible besoin d’indépendance à une époque où elle n’était pas de mise et sur sa relation complexe avec sa fille. Mais l’art épistolaire n’y était pas porté à la hauteur de ce que propose cette œuvre théâtrale.

- Copyright Sébastien Toubon
Marie de Rabutin-Chantal, dite Marquise de Sévigné ou encore Mme de Sévigné, naît en 1626 (il y a donc tout juste quatre cents ans) place des Vosges à Paris. Orpheline à l’âge de huit ans, elle est d’abord élevée par sa grand-mère, puis par son oncle qui lui donne, fait rare à l’époque pour une fille, une éducation éclairée mêlant apprentissage des langues et découverte des belles lettres. Veuve à vinft-cinq ans et échaudée par un mariage qu’elle juge désastreux (mari volage et dépensier), elle refuse de se remarier. Elle mène alors une existence indépendante et préfère consacrer son temps à ses enfants, surtout à sa fille Françoise qui, après avoir épousé le comte de Grignan, s’installe en province au grand dam de sa mère. S’engage alors entre elles une correspondance qui rapporte les mises en garde répétées de la mère à sa fille autour des potentiels désagréments inhérents à toute union matrimoniale, révélant ainsi l’esprit frondeur de son autrice et composant une œuvre littéraire de premier ordre. Femme indépendante d’une grande beauté, Mme de Sévigné n’a aucun mal à se faire admettre dans salons les plus courus de la capitale. Elle devient ainsi la parfaite chroniqueuse moderne de la cour du roi Louis XIV. Son esprit vif et acéré n’omet aucun détail des intrigues, des scandales, des conflits, des anecdotes piquantes et des bouleversements.

- Copyright Sébastien Toubon
Sébastien Lapaque, qui a écrit biographies, analyses et écrits sur Mme de Sévigné, réalise une sélection de lettres finement choisie pour dresser le portait d’une femme joyeuse, gourmande et ironique, et surtout libérée des injonctions patriarcales. Ses interventions pour compléter l’évocation de ce « Grand Siècle », trait d’union entre les structures médiévales et l’État moderne, sont précieuses et évitent tout risque d’ennui d’une simple lecture. Même si ce risque, grâce la présence lumineuse de Béatrice Agenin, royalement destinée à se glisser dans ce rôle, est minime. Son élégance naturelle et sa diction parfaite retiennent immédiatement l’attention d’un public qui, entre paroles doucement murmurées et déclamations impérieuses, ne perd pas un détail de cette étonnante et chaleureuse description d’un XVIIe siècle qui ne leur a jamais paru si proche. Nos deux comédiens, vêtus de leurs plus beaux atours, et baignés dans un jeu de clairs-obscurs qui les englobe dans une parfaite complicité, bénéficient d’une mise en scène sobre pour laisser jaillir toute la beauté de cette correspondance qui se fait à la fois reflet d’une époque et témoignage d’un amour maternel passionné.
Un spectacle enrichissant qui pourrait bien donner l’envie de se replonger dans la lecture d’une œuvre que l’on ne regardera plus tout à fait sous le même angle.
Théâtre du Poche Montparnasse - 75, boulevard du Montparnasse - 75006 Paris
Jusqu’au 5 juillet 2026 - vendredi et samedi à 19h - dimanche à 15h
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