Le 22 juillet 2026
Humour, légèreté, références littéraires et cinématographiques : Jean-Luc Godard première manière, à son meilleur.
- Réalisateur : Jean-Luc Godard
- Acteurs : Anna Karina, Claude Brasseur, Sami Frey, Michel Delahaye, Jean-Claude Rémoleux, Georges Staquet, Danièle Girard, Louisa Colpeyn
- Genre : Comédie dramatique, Noir et blanc
- Nationalité : Français
- Distributeur : Columbia France
- Durée : 1h35mn
- Date de sortie : 5 août 1964
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Résumé : Franz (Sami Frey) et Arthur (Claude Brasseur), deux garçons désœuvrés, préparent un cambriolage. Ils ont rencontré Odile (Anna Karina) dans un cours d’anglais pour adultes, qui leur a fait une confidence. Sa riche tante (Louisa Colpeyn), qui vit dans une grande maison en banlieue, loue une chambre à un certain M. Stoltz, qui y cacherait une grosse somme d’argent liquide.
Critique : L’adaptation libre du roman policier de Dolores Hitchens Pigeon vole (Fool’s Gold, 1958) est avant tout un prétexte pour Jean-Luc Godard de proposer un trio original et décalé, de donner un rôle différent à Anna Karina, son épouse de l’époque, et de filmer largement Paris et sa banlieue.
Ce faux film policier est en fait une comédie basée sur un cambriolage improbable, totalement improvisé par deux oisifs qui n’ont pas l’étoffe des mauvais garçons, face à une fille influençable et bien naïve.
Le cinéaste, qui assure aussi la voix off, s’amuse, comme à son habitude, à truffer son film de citations écrites ou intégrées aux dialogues et de références aussi bien littéraires que cinématographiques.
Ce film au budget relativement modeste fait suite au Mépris, bien plus cher, avec un ton plus léger, et ressemble à une sorte de variation libre sur une amitié qui ne dit pas son nom.
Le long métrage comporte aussi deux scènes devenues cultes : l’une totalement improvisée, la visite expresse du Louvre, qui rappelle une certaine course dans Jules et Jim de son contemporain François Truffaut, et l’autre longuement répétée, la scène de danse (madison) dans un bistrot parisien. Cette dernière a inspiré Quentin Tarantino pour une autre danse exécutée par Uma Thurman et John Travolta dans Pulp Fiction (1994), et a d’ailleurs donné son nom à sa société de production, A Band Apart.
Ce film longtemps considéré comme mineur mérite bien d’être réévalué, pour la légèreté et l’humour qui en font l’une des œuvres les plus accessibles de Godard, mais aussi pour son trio d’acteurs tout à fait remarquable.
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