Le 11 juillet 2024


- Scénariste : Lolita Couturier>
- Dessinateur : Lolita Couturier
- Genre : Drame, Science-Fiction, post-apo
- Editeur : Les Humanoïdes associés
- Famille : Roman graphique
- Date de sortie : 5 juin 2024
Second volet de ce diptyque original dans un monde post-apocalyptique imaginé par la jeune autrice Lolita Couturier.
Résumé : Enceinte, Tom est prisonnière d’une tribu dirigée par Amadala, qui désire récupérer son enfant à naître. La redoutable cheffe voit dans cette naissance un signe d’espoir, car sa propre tribu est rongée par diverses malformations et la peur de devenir un « pourri », sortes de zombies qui ont perdu leur conscience. Mais la tribu est elle-même divisée : la violence qu’exerce Amadala pour imposer son autorité n’est pas accepté par une partie des membres de la tribu. Ce sentiment de révolte constitue l’espoir de Tom, qui doit désormais prendre son destin en main.
Critique :Nous avions quitté le premier volume de Détour par Epsilon sur un important cliffhanger : quel serait le destin de Tom, cette héroïne enceinte chassée de sa cité – pour une raison qu’on ignore – et qui a dû survivre dans un environnement hostile, peuplé de « pourris » et d’individus violents ? La trajectoire de Tom constitue une quête d’émancipation, ce qui se confirme dans ce deuxième volume.
- © Lolita Couturier / Les Humanoïdes associés
Sans abandonner les fondamentaux (zombies, personnages livrés à eux-mêmes dans des espaces hostiles, disparition des structures étatiques), Lolita Couturier apporte un vent de fraîcheur dans le genre codifié du récit post-apocalyptique. Son dessin coloré et ses paysages avenants (la plage, la campagne) tranchent avec la dévastation que l’on retrouve généralement dans ce type de récit. Le choix d’une héroïne enceinte, dont on ignore tout du père (qui n’est pas un enjeu narratif), s’avère in fine un choix audacieux mais payant. Comme on pouvait s’y attendre, le second volume tourne en effet autour de l’enfant à naître, symbole d’espoir comme le comprend parfaitement Amadala. Lolita Couturier s’appuie sur des figures de femmes, tantôt adjuvantes (Sofia), tantôt opposantes (Amadala) et qui usent aussi de la violence. L’autrice s’émancipe ainsi des clichés de genre. Les hommes sont loin d’avoir le monopole de la violence, et peuvent même s’avérer plutôt doux.
- © Lolita Couturier / Les Humanoïdes associés
Ce second volume propose un récit intense, plus violent que le premier dans la mesure où l’on est cette fois dans une société. Le trait de Lolita Couturier reste rond et dynamique. Bien conduite, la narration est d’une redoutable efficacité, grâce au sens du cadrage et de la mise en scène : certaines scènes possèdent une vraie intensité dramatique. Le récit ne surprendra toutefois pas le lecteur outre mesure, et c’est la principale limite de ce diptyque. Détour par Epsilon n’en reste pas moins une lecture très agréable et une belle réussite pour une jeune autrice qui achève tout juste ses études à l’École Européenne Supérieure de l’Image de Poitiers.
Retrouvez également l’avis sur le premier volume de notre rédacteur Thomas Bonicel sur Dans ma bulle.
176 pages – 19,95 €