Le 3 novembre 2026
François de Roubaix, compositeur libre et novateur, a créé une musique de film vivante et intemporelle qui, échappant aux images pour lesquelles elle fut composée, continue d’inspirer les artistes d’aujourd’hui.
- Auteur : Simon Lec’hvien
- Editeur : The Jokers Publishing - Films
- Genre : Cinéma
- Nationalité : Française
- Date de sortie : 17 novembre 2026
L'a lu
Veut le lire
Résumé : Branché et fascinant pour les uns, savant et défricheur pour les autres, François de Roubaix a osé faire dans la musique de film ce que tout le monde pensait impossible : expérimenter, innover, mélanger, quitte à écrire sa partition sans jamais se fondre dans le moule... Du court métrage à la publicité, du « Samouraï » de Jean-Pierre Melville aux« Chevaliers du ciel », de ses fructueuses collaborations avec José Giovanni et Robert Enrico à ses coups d’éclat pour Yves Boisset et Jean-Pierre Mocky : l’énergie de sa pop cinématographique reste encore et toujours une pointure dans son genre quand sa densité stylistique le révèle comme l’un, si ce n’est LE pionnier de la French Touch et inspire aujourd’hui Sébastien Tellier, Air ou Chassol.
Critique : La musique de François de Roubaix est partout. Parfois sans qu’on s’en rende compte. Elle est pourtant là. Des parents, anciens enfants des années 1960, continuent de chantonner le générique de Chapi Chapo. Pas plus tard qu’en janvier 2026, le rappeur Danyl a rejoint la liste des artistes ayant cité, samplé, réinvesti la bande-son de Dernier domicile connu. Une équipe qui compte déjà Kid Cudi, Robbie Williams, Missy Elliott, Lana del Rey, Kendrick Lamar, Jay-Z… Rien que ça.
Ce n’est pas tout. Il y a aussi Les Dunes d’Ostende, composé pour le film érotico-horrifique Les Lèvres rouges, qui a fourni matière de quelques grands morceaux de rap : President Carter de Lil Wayne, Anubis d’Ateyaba, Hi-five de Gucci Mane ou encore CAMP D’ENTRAÎNEMENT de Jungle Jack et Maïro.
Il faut le dire. François de Roubaix a un avantage par rapport à ses confrères : il est mort depuis longtemps mais sa musique est belle et bien toujours en vie. Elle échappe aux films qui l’ont vu naître, aux images qu’elle accompagnait et aux intentions de ceux qui l’ont commandée. Elle circule et se retrouve dans un morceau de rap ou une production électronique contemporaine. On la reconnaît. La musique de film continue de faire son travail. Elle effectue son cinéma ailleurs.
Réduire François de Roubaix à quelques samples et à un générique de dessin animé serait bien une injuste manière de lui rendre hommage. C’est ce que rappelle avec précision le livre François de Roubaix : un caméléon sous la mer du journaliste Simon Lec’hvien, publié par The Jokers et Gonzaï. Le projet rappelle aussi que la musique de film ne doit pas être seulement considérée comme un simple accessoire de cinéma, une garniture sonore élaborée pour souligner une émotion et faire comprendre aux spectateurs ce qu’ils doivent ressentir. La musique de François Roubaix a d’autres projets que le film lui-même. Il expérimente, bricole, détourne. Sa musique est mélodique, étrange, populaire. C’est un monde sonore qui a ses propres lois.
Autodidacte, touche-à-tout, plongeur et aventurier, de Roubaix envisageait la composition comme une création sans frontières. Il était aussi curieux des possibilités offertes par les magnétophones et autres machines électroniques que des fonds marins.
Autre aspect que nous dépeint le livre : François est cool. C’est un vernis qui plaque sur ses compositions et révèle la liberté de celui qui les fabrique. On trouve dans cette musique une décontraction qui n’a rien de paresseux, une manière de produire de la virtuosité sans la question de prestige. Avec ses synthétiseurs, il montre qu’il est à la pointe de la modernité et fabrique des sons qui ouvrent des portes.
Sa liberté n’a pas vieilli. Ce vernis n’est pas encore décapé. Pas besoin de restauration puisque cela continue de circuler. C’est une musique vivante, imprégnée de vitalité, et qui peut encore servir à quelqu’un, quelque part, pour faire quelque chose.
Le livre de Simon Lec’hvien arrive à point nommé. Certainement pas pour une énième sacralisation d’un génie méconnu — formule commode qui métamorphose les artistes en statues et dispense d’écouter leur travail —, mais pour revenir sur une trajectoire dont la brièveté ne doit pas masquer l’abondance.
Continuons de tendre l’oreille. Les abysses ont encore tant de mélodies à nous faire entendre.
242 pages. 30 €.
La chronique vous a plu ? Achetez l'œuvre chez nos partenaires !
Galerie photos
Votre avis
Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.
aVoir-aLire.com, dont le contenu est produit bénévolement par une association culturelle à but non lucratif, respecte les droits d’auteur et s’est toujours engagé à être rigoureux sur ce point, dans le respect du travail des artistes que nous cherchons à valoriser. Les photos sont utilisées à des fins illustratives et non dans un but d’exploitation commerciale. Après plusieurs décennies d’existence, des dizaines de milliers d’articles, et une évolution de notre équipe de rédacteurs, mais aussi des droits sur certains clichés repris sur notre plateforme, nous comptons sur la bienveillance et vigilance de chaque lecteur - anonyme, distributeur, attaché de presse, artiste, photographe. Ayez la gentillesse de contacter Frédéric Michel, rédacteur en chef, si certaines photographies ne sont pas ou ne sont plus utilisables, si les crédits doivent être modifiés ou ajoutés. Nous nous engageons à retirer toutes photos litigieuses. Merci pour votre compréhension.


























